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Robert Schroeder › 30 Years After

cd | 9 titres | 75:48 min

  • 1 1 30 Years Before 2:14
  • 2 2 Hypnotics 8:10
  • 3 3 All You Can Dream 9:52
  • 4 4 Modifiers 7:43
  • 5 5 Let It Flow 5:04
  • 6 6 Destination Galactica 8:35
  • 7 7 A New Message 11:21
  • 8 8 Mood Control 14:25
  • 9 9 30 Years After 8:24

line up

Robert Schroeder : Synthé, séquenceurs et effets électroniques

remarques

Pour en savoir plus sur l’univers de Robert Schröeder, visitez le site web: http://www.news-music.de/ et pour entendre des échantillonnages sonores de 30 Years Later : http://www.sphericmusic.de/

chronique

Voilà déjà 30 ans que Robert Schroeder nous charme avec sa musique qui suit constamment une tangente aussi innovatrice que déroutante. Et pour fêter l’évènement, l’homme aux mille tempos présente un album qui se veut un survol sonore de ses 30 années. 30 Years After n’est pas une compilation, mais plutôt une fresque créative qui représente les différentes orientations rythmiques d’un artiste qui est le précurseur d’une MÉ que l’on a baptisé le down tempo, le hip-hop et le groove de l’électronique. 30 Years Before ouvre avec une courte rétrospective d’Harmonic Ascendant, paru en 1979. Sous une voix ocrée d’un voile tétanisé, Robert Schroeder y explique les aléas d’une époque où la créativité était l’enjeu majeur de la conception d’une œuvre de MÉ, avec comme thème musicale la fabuleuse intro de ce titre culte. Doucement nous dévions sur le tempo plus moderne mais tout aussi suave d’Hypnotics avec une séquence construite sur des percussions et une rythmique de basse hypnotique où une guitare électronique disperse ses accords parmi un piano solitaire et des avalanches spontanées de percussions; une marque de commerce des rythmes de Schroeder. Des strates en boucles, asservies de chœurs voilés, surplombent cette douceur musicale qui se moule dans une approche spatiale. All You Can Dream augmente un peu la cadence avec de fins accords de guitare É et des percussions de style ‘’groovy’’ qui sont nappés dans un synthé enveloppant et une belle basse sensuelle. Légèrement stroboscopiques, les séquences ceinturent un mouvement qui tangue entre le cosmique et le down tempo sur de brèves incursions oratoires du synthésiste Allemand et un superbe piano qui se fond à une approche séquencée aléatoire. Ici, comme partout sur l’opus, le synthé épouse des mouvements moulants et flotte avec une errance cosmique rêveuse qui rappelle les premiers mouvements de la MÉ. Des percussions, un peu comme des pulsations arythmiques, ouvrent un Modifiers qui hurle d’un synthé caustique. Tôt, le mouvement devient hachuré et explose sur des percussions qui roulent comme un tonnerre chimérique dans une sphère ralenti par les lourdes nappes synthétisées. Vers la 2ième minute, le rythme devient plus soutenu sur un bon jeu de percussions et une sinusoïdale lourde et hoquetante, drapée d’un synthé non moins pesant. Un titre très près de la techno des Chemical Brothers (dont l’inspiration Schroederienne est évidente) qui a du punch et qui va faire vibrer n’importe quel plancher de danse, surtout avec sa lourde basse réverbérante. Let it Flow fait dans un autre registre avec une approche plus doucereuse et plus moelleuse. Pulsations, basse et accords pulsatoires évoluent sur un tempo freiné par une structure rêvasseuse et ‘’traînasseuse’’. Beau, doux et sensuel, comme seul Schroeder peut le faire avec ses éclats de synthé qui s’encerclent comme un doigt fait ses ronds dans l’eau. L’intro tempétueuse de Destination Galactica roule avec des oscillations en cascade, nappées d’un synthé accrochant et ceinturées d’une séquence rotative dans un moule sonore percuté par des percussions aux forts roulements aléatoires. C’est un long titre rythmé aux cadences fracturées par des permutations souples dont les strates synthétisées survolent de pesantes réverbérations hachurées. A New Message est la perle des perles sur 30 Years Before. Un rythme langoureux sur une guitare É qui libère ses notes à l’ombre d’une nostalgie romanesque dont les souffles se perdent dans les douceurs d’une cadence légèrement ondulante. Flottant, rêveur et merveilleusement tendre c’est du bonbon pour l’âme et les oreilles. Martèlements lourds et tribaux fusionnés à une basse sensuelle et un synthé flottant aux éclats vivants ainsi que des percussions roucoulantes, voilà la structure de Mood Control. Le plus long titre de ce 20ième album de Schroeder exploite un rythme hypnotique avec de brèves incursions cosmiques. Tergiversant entre la ‘’space music’’ et les rythmes vitaminés, Robert Schroeder clôture 30 Years Later avec 30 Years After. Ça débute par une intro cosmique qui se fait allumer par des percussions frappant aux portes du cosmos, débauchant un tempo suave et traînant sur un synthé valsant, dont les solos ‘’saxophonés’’ parfument l’atmosphère de belles tirades harmonieuses. C’est de la poésie électronique drapée de chœurs mellotronnés qui pullulent à merveille sur un opus qui se veut un splendide et poétique retour sur la carrière d’un des grands noms de la MÉ contemporaine.

note       Publiée le mercredi 30 septembre 2009

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