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Monster Magnet › Last Patrol

cd | 9 titres | 51:16 min

  • 1 I Live Behind the Clouds
  • 2 Last Patrol
  • 3 Three King Fishers
  • 4 Paradise
  • 5 Hallelujah
  • 6 Mindless Ones
  • 7 The Duke of Supernature
  • 8 End of Time
  • 9 Stay Tuned

line up

Dave Wyndorf (chant, guitare, claviers), Phil Caivano (guitare, basse), Garret Sweeny (guitare, sitar), Bob Pantella (batterie, percussions)

remarques

L'édition limitée contient deux pistes bonus : le hard-boogie "Strobe Light Beatdown" et la ballade "One Dead Moon".

chronique

Wyndorf a plus de cinquante balais, et autant de sorcières stripteaseuses pour les chevaucher. Il revient en l'An MMXIII (année porte bonheur pour MM) dans son costume de mandarin cosmique suprême. Comme si de rien n'était. Comme si rien ne s'était passé lors de la mission fiasco Mastermind, et même durant toutes ces années de vie de rock star des stades qu'il a tenté sur Terre... Il souffle sur la poussière qui recouvre son vieux coucou, remet ses lunettes de sol...de supernova, et reprend là où les aventures de l'Aimant Monstre s'étaient arrêtées. Amoché par l'alcool et bouffi par l'andropause... Mais conquérant. Affamé d'étoiles. Grand. Presque aussi grand que le tort de tous ceux qui, pendant tout ce temps, ont osé reléguer Monster Magnet au rayon des groupes rock sympathico-sympatoches. Sur Last Patrol, Monster Mag' touchent des cimes que seuls des mystiques psychonautes de la trempe de Hendrix ont entrevu - et encore, à une époque où tout le monde était défoncé. Alors pas de modestie, pas de ces histoires de groupe de série B ou je ne sais quelle manœuvrerie crasse ; des bêtises tout ça... Wyndorf quant il sort une merveille, c'est en roulant du cure-dent, pépouze, comme ton tonton idéal qui tiendrait le barbecue pendant la fin du Monde, retournant avec amour ses ribs et ses chipos alors que des météores déchirent le ciel de toutes parts... Last Patrol, c'est son rafiot qui a des années-lumière au compteur, partant pour un voyage plus bandant que des images, et reléguant les soit-disant Gardiens de la Galaxie au gardiennage des chiottes. Les Ray-ban rouillées du pilote Wyndorf reflètent la lumière d'astres morts. Il ne fait pas de vannes : il ouvre celles de nos rêves de hippie astronaute, celles qu'on avait refermées, quand l'adolescent motard de l'espace bouillant en nous a disparu dans le brouillard, quand on s'est châtrés l'imagination sans s'en rendre compte pour devenir ce naze de citoyen du monde commun, subissant la gravité et les conducteurs de bagnoles... Malgré ses airs de retour récréatif au son du vieux Monster Magnet, celui de l'époque grunge, Last Patrol est leur album le plus attachant à ce jour. Plus je m'y suis familiarisé, au fil de cette poignée d'années qui ont si vite brûlé depuis sa sortie, et des écoutes au lever ou tomber du jour quand je ne savais pas trop quoi mettre sur la platine (un bon signe), plus j'ai réalisé le lyrisme de cet album, sa générosité de planète rock, sa mélancolie sublime qui saisit dès le magique "Behind the Clouds", ou quand la page du nouveau livre de contes magnétiques se referme sur le délicat et poignant "Stay Tuned" au parfum de blues en évaporation... Wyndorf a écrit cet album avec son cœur, celui du gosse biberonné à Hawkwind et aux Comics. Qu'on oublie pas qu'il a choisi pour son groupe le nom d'un jouet favori de son enfance, un rudimentaire malabar en plastique avec un gros aimant à chaque bras : ça en dit bien assez sur le personnage, et sa soif d'attraction digne d'une planète toujours en manque de satellites. Il n'a pas créé un album de retour "vintage" banal, mais le disque attendu depuis longtemps sans le savoir, car même si des albums comme Monolithic Baby et 4-Way Diablo était sympathiques, ils n'avaient aucune envergure, et MM y était finalement réduit à ce rôle de groupe à bande originales de blockbusters dont il avait écopé avec Dopes to Infinity et Powertrip. Last Patrol déploie bien des tubes en rafales conséquentes (on peut toutes les citer), débordant d'extase, mais il le fait de façon plus désinvolte que Powertrip, et ça n'est aucunement son objectif... Son objectif est le voyage, de la façon la plus pure et naïve : le kiff du voyage, jusqu'à ne plus vouloir d'une destination. Ne plus redescendre... L'équipage du Monster Magnet Spaceship est déjà "ailleurs / higher", comme disait Daniel Darc, et il nous appelle à le rejoindre dans cette irrésistible pochette. Last Patrol ne sonne pas , mais moelleux et naturel, il n'est pas "rétro", bien que la nostalgie soit réelle, il se fout du temps qui passe, il est spontané et ne répond qu'aux comètes, comme si on surprenait le père Wyndorf dans ses rêves d'ado quinquagénaire. Comme si on pouvait toucher du tympan ses fantasmes jaunis par le temps, caresser sa peur photographiée en négatif, recevoir en pluie douce les confettis d'un temps antique, ou futur... Et qu'on pouvait partir sans avoir à mourir, enfin, pour ne plus subir ce monde de merde.

note       Publiée le jeudi 25 octobre 2018

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Rastignac › lundi 29 octobre 2018 - 13:03  message privé !  Rastignac est en ligne !
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Il est vachement bien. Et cette pochette aussi !

Rikkit › vendredi 26 octobre 2018 - 16:09  message privé !

Cette kro mon Dieu. Je m’en vais l’ecouter de ce pas.

born to gulo › jeudi 25 octobre 2018 - 22:11  message privé !

Notre Dave qui êtes aux cieux...

Note donnée au disque :