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Rammstein › Herzeleid

cd | 11 titres | 49:28 min

  • 1 Wollt ihr das Bett in Flammen sehen?
  • 2 Der Meister
  • 3 Weißes Fleisch
  • 4 Asche zu Asche
  • 5 Seemann
  • 6 Du riechst so gut
  • 7 Das alte Leid
  • 8 Heirate mich
  • 9 Herzeleid
  • 10 Laichzeit
  • 11 Rammstein

line up

Till Lindemann (chant), Richard Kruspe (guitare), Christian "Flacke" Lorenz (claviers), Oliver Rieder (basse), Christoph Schneider (batterie), Paul Landers (guitare)

remarques

La présence de Rammstein sur ce site ne signifie en aucun cas l'adhésion de toute la rédaction de Guts of Darkness au totalitarisme musical véhiculé par le groupe.

chronique

Ce premier album fut un coup d'éclat complètement inattendu pour un groupe de l'ex Berlin Est, groupe qui allait rencontrer au fil du temps un des plus gros succès de ces dernières années. Pourtant, il connut des débuts difficiles : les premièrs concerts se terminaient systématiquement par des jets de bouteilles et sifflements, les rumeurs accusant Rammstein de représentants neo-nazis, de cinglés prônant allègrement l'inceste et le sadomasochisme. De leur côté, le groupe offrait une résistance à toute épreuve, quittant la scène la tête haute, refutant toute accusation concernant leurs pseudos orientations ns ou sm, les Rammstein finirent par se colorer d'une solide réputation, du fait de leurs prestations sceniques hautes en flammes et en maquillage. En ce qui concerne les ingrédients de ce premier effort, il s'agit d'un mélange de rythmiques martiales et d'électronique, de guitares saccadées, d'un chant allemand particulièrement caricatural, doublé de nappes de claviers, digne des meilleurs contes. Le disque dans son ensemble sonne tout de même nettement plus sérieux que ses deux successeurs, pas de fou-rire en vue, juste un bon moment à passer tout au long des 11 compositions, et si ce Herzeleid n'est pas exempt de tout défaut, il n'en demeure pas moins - à mon avis - ce que le groupe a su produire de meilleur.

note       Publiée le dimanche 23 juin 2002

chronique

Styles
ebm
indus martial
metal
heavy metal
Styles personnels
neue deutsche härte

Sacré Mojo... Une note moyenne pour un album aussi purement "t'aimes ou tu détestes", j'avoue qu'il m'était impossible de laisser ce timide cassage d'allemand impuni éternellement. Comme pignoler devant la puissance la plus huilée et massive du monde de la pop ? S'agirait de savoir sur quel site on cause, bande d'untermensch. Bande de français va. RAMM-STEIN / Ein Mensch brennt / RAMM-STEIN / Fleischgeruch liegt in der luft. On a comparé Rammstein à des nazis lors de leurs apparitions (je me souviens encore des live reports choqués ici et là, teintés de fascination), et les fans ont souvent réagi en appelant à la lecture des textes et aux opinions politiques des musiciens : mais on s'en bat les glaouis du fond, quand le son est si explicitement aryen, aussi explicitement que Rammstein est un groupe d'hommes isolés des femmes, faisant une musique d'hommes entre hommes. Rammstein est un groupe qui sonne nazi, qu'il soit d'accord ou non n'y change rien. Mais ils jouent sur l'ambiguïté esthétique, la bonne vieille fierté virile germanique cliché reprise jadis par les tapettes frustrées soucieuses de plaire à Adolf : et parler de Rammstein sans être soi-même lourdement cliché et borderline, c'est se fourvoyer, tellement ce groupe ne prend aucune pincette avec les codes du cliché de l'allemand surpuissant. D'ailleurs même en s'assurant les traductions universelles de leurs tubes pour couper court aux rumeurs, ils ont toujours joué avec l'ambivalence sulfureuse de leur côté statue aryenne et de leur son à bottes, tout le monde sait ça, c'est même tellement cliché comme les dobermans dans le clip de "Du Riecht So Gut" où l'accent surjoué de Till que je devrais pas le répéter : essayez un peu de me dire en face que cette pochette est pas assez explicite dans le gay comme dans le reste tel du D.A.F. avec des vrais muscles, que je vous carbonise au lance-flammes comme Romy dans le Vieux Fusil (scène insoutenablement Rammstein, s'il en est). Le romantisme à angles droits, l'impérieux allemand, l'odeur de cauchemar germain senteur cobalt, l'ambiance de manufacture militaire transformée en stade, n'ont jamais été aussi poussés que depuis les défilés de la Wehrmacht, avec Herzeleid. Il n'y a bien d'américain que les effets heavy-metal des guitares, mais Hitler était fan de Clark Gable et a posé pour Time magazine, alors c'est parfaitement raccord avec ce petit béguin teuton pour les usurpateurs du hamburger... et cet excité à mèche ingrate aurait été fan de Rammstein, c'est incontestable : car cet untermann rêvait d'être aryen, comme nous autres maigres et chétifs rêvons d'être Till Lindemann quand on écoute Rammstein. Le complexe du mâle inférieur devant les vrais hommes solides, ou juste le fantasme de la domination virile totale. Et le respect dû à l'allemand, aussi. Les allemands ont cette culture de purs rigoristes de la bonne manière, capable d'être passionnés jusqu'à devenir encombrants et inquiétants, voire terrifiants, même dans le ridicule. Et à ce niveau Herzeleid est cet album qui défonce très proprement tout le hard rock français, européen, ou américain, avec une régularité de char d'assaut (cette image si cliché pour Rammstein, mais essayez de ne pas l'utiliser sans louper toute une dimension du truc, c'est impossible), et dans la foulée impose sa pop : grosses guitares, rythmiques EBM, textes lisibles par un enfant de six ans, interprétables par un adulte, et refrains à chanter le paquet sur la table. Tout est déjà là dès leur introduction où s'impose direct leur fétichisme pyromane : la puissance blitzkrieg d'une pop de gros métallurgistes avec des cuisses de rugbymen à la place des bras. Le mauvais goût mélodique assumé l'oeil humide ("Der Meister", rendant caduque tout In Extremo hors-Sunder Ohne Zügel) et ce goût de nanar ou de jeu vidéo des années 90 (les claviers de "Lachzeit"). La ballade de gros teuton, ce romantisme si schnapps, épais comme une bonne grosse meule ("Seemann"). La diction container ("Herzeleid"). Les riffs musclor-patator qui sont encore un peu Oomph! ou Die Krupps sur les bords, mais radicalement radicaux, et les touches mélodiques du maigre souffre-douleur au clavier qui huilent juste assez cette mécanique militaire pour qu'elle passe à l'oreille pop, comme t'enfourner un suppositoire de 100 kilos sans effort. Le titre "Rammstein" est assez nauséeux pour que David Lynch se soit senti obligé de l'incorporer dans son simili-nanar cauchemardesque. Lindemann assoit son cul de boche triomphant sur nos tronches de petits guillotineurs lâches, de résistants de la dernière heure. Till n'a pas encore toute sa couenne, mais c'est déjà un ogre, son timbre de gros dégueulasse ("Das alte Leid") fout la branlée à Laibach, qui ne repoussera qu'en friche après, intimidé. Le chef incontestable des bûcherons de Bavière, c'est lui. Tous au cul du patron a essayé de lui piquer la recette, dans le pays et un peu plus à l'Est : mais le führer reste le führer - alors travaillez, travailleurs, et un jour peut-être, vous serez libres. Concassage et tubes à tous les étages : il n'y avait finalement rien, nooon rien de rieeen (eheheh), à ajouter derrière cet album, à part des arrangements plus hollywoodiens (Mutter / Reise Reise) pour rendre ce blietzkrieg plus impérial... et "Amour, Amour", évidemment (si elle avait été placée ici c'était la note maximale)... Les disques suivants ne seront finalement que des histoires de couleurs sur un tank, une répétition du même motif. Heil Till !

note       Publiée le jeudi 14 mai 2015

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Demonaz Vikernes › mercredi 3 juin 2015 - 13:31  message privé !

Un album qui vieillit bien, je continue de l'écouter avec plaisir, même si, comme pour l'opus suivant, j'ai tendance à préférer les performances live du Live Aus Berlin (mais juste pour Das alte Leid celui là à encore son intérêt).

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nicola › jeudi 14 mai 2015 - 13:57  message privé !

Rammastein, nazi ? Plutôt pédé cuir… du moins pour l’esthétique.

zugal21 › mercredi 18 février 2015 - 21:01  message privé !

oui

Klarinetthor › mercredi 18 février 2015 - 20:57  message privé !

C'est quand meme un gros étron sur quasi toute la longueur; il n'y a vraiment que Rammstein qui soit vraiment enjoyable.

Note donnée au disque :       
Seijitsu › jeudi 13 juin 2013 - 21:09  message privé !

Décidément c'est bien leur album qui vieillit le mieux. Martial jusqu'à l'exagération (les mimiques vocales, les guitares grasses et basiques) mais foutrement imparable. Rammstein n'a jamais été aussi bon que quand il joue du techno metal bien froid et linéaire. Il n'y a pas encore de mièvrerie (quoique "Seemann" l'est assez même si plutôt bonne) et c'est tant mieux.

Note donnée au disque :