Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesRRammstein › Liebe Ist Für Alle Da

Rammstein › Liebe Ist Für Alle Da

cd | 11 titres | 46:06 min

  • 1 Rammlied
  • 2 Ich tu dir weh
  • 3 Waidmanns Heil
  • 4 Haifisch
  • 5 Bückstabü
  • 6 Frühling in Paris
  • 7 Wiener Blut
  • 8 Pussy
  • 9 Liebe ist für alle da
  • 10 Mehr
  • 11 Roter Sand

line up

Till Lindemann (chant), Richard Zven Kruspe (guitare), Paul H. Landers (guitare), Oliver Riedel (basse), Christoph Schneider (batterie), Christian Lorenz (claviers)

remarques

l'édition spéciale contient 5 titres bonus sur deuxième CD: Führe mich; Donaukinder; Halt; Roter Sand (Orchestral version); & Liese

chronique

Styles
heavy metal
pop
Styles personnels
neue deutsche härte

Vous connaissez le second degré : Rammstein sont passés maîtres, voici leur album 100% second degré, leur manifeste. Ou alors, n’est-ce pas juste un album lamentablement raté ? Méditation, méditation… Quelle pochette sublime… Quel album indigne. Après Rosenrot, compilation de face B sans saveur pour Reise Reise, voici Liebe Ist Für Alle Da, la même recette que Reise Reise en version ratée, l’album alimentaire qui fait zéro frisson à votre serviteur dépité. Un peu la même recette que R.R. en effet : un Rammstein qui s’essaie à l’exotisme niveau inspi, par instants. Mais il ne suffit pas d’être un mastiff allemand et de chanter quelques lignes d’Edith Piaf avec l’accent pour réussir l’alchimie magique qu’on avait sur un "Amour Amour" - le cliché aussi cliché soit-il doit être amené avec un minimum d’émotion, mon gros Till, de même qu’il ne suffit pas d’une ballade guimauve avec chœurs angelots à l’appui pour se racheter de la débâcle en fin de course. Il ne suffit pas non plus de balancer des claviers hideux pour réussir à capter l’essence de... de quoi d’ailleurs ? Pour réussir à me convaincre, dirons-nous pudiquement. Par-delà un titre introductif à la Umbra et Imago qui nous fait presque croire à du lourd avec son ambiance toc goth de cathédrale (il s’agit une suite au "Rammstein" de 95 à base de "Ramm… STEIN" scandés), le seul charme que je pourrais trouver à ce skeud en étant le plus indulgent possible serait son côté "à l’arrache", limite cheap, un peu surprenant pour un groupe aussi peu spontané et aussi bodybuildé, cette façon de balancer de façon si ouvertement méprisante et routinière des morceaux sans sonner le moins du monde investi, sans offrir une once de présence. De faire ce qu’on veut en se foutant de tous, surtout de sa fanbase qui de toute façon trouvera tout ce qu’ils font absolument génial tant qu’ils ne feront pas un album ambient. Seulement il n’y a rien de ce que j’aime, de ce que j’espère que d’autres aiment chez Rammstein, ici : d’abord l’efficacité immédiate. Personne ne devrait oublier que Rammstein fait de la pop, de la grosse pop à grosses guitares métal certes, mais de la pop quand même. Qu’on me trouve un tube digne de ce nom ici, à part à la rigueur Pussy qui avait intrigué par sa vulgarité dance et son j’men foutisme absolu les quelques mecs qui avaient délaissés le combo en espérant les revoir au turbin, dont moi. Ensuite, après cette fausse naïveté typique qui semble s’être aussi fait la malle, un minimum de composition, je sais que ça va sans doute en faire glousser quelques uns bien haut, mais merde quoi, j’arrive pas à voir le moindre investissement ici, ni à ressentir la moindre puissance, on dirait une mauvaise parodie, dès qu’un gimmick sera sur le point de t’accrocher (comme avec ce Haifisch synth popesque) tu vas te rendre compte qu’ils sont incapables de l’exploiter, de pondre un vrai titre avec couplet-refrain-solo charismatiques. On est peiné de constater que nos gaillards qui l’avaient mi-molle sur le précédent vont devoir appeler SOS viagra, que Till n’a plus grand chose dans le falzar comme ses collègues, que son chant est devenu presque anonyme dans la masse des metal bands allemands malgré quelques lignes touchantes de-ci de-là, comme si ses gros muscles s’étaient dégonflés. Humiliant, en effet. Même topo pour les intros au passage : où est passé leur sens de l’entrée en matière subjuguante ? Envolé… Même en faisant une mise en bouche à la Laibach avec Weidsmann Heil qui se révèle être du mauvais Umbra et Imago (décidément, hein), ils se vautrent comme des skieurs de fond. Vous l’aurez compris : un disque tout chétif et tout fade, pas assez ouvertement laid avec l’aplomb qui se doit, pour mériter l’adjectif dont j’use et abuse qui commence par "put" et finit par "assier". Ni pute, ni acier, juste soumise : un Rammstein façon gelée anglaise qui nous balance dix tentatives ratées de tube. Rammstein ? Le Rammstein du pauvre.

note       Publiée le mardi 20 octobre 2009

Dans le même esprit, Raven vous recommande...

chronique

Sacré Raven... Une note aussi punitive et une chronique exagérément cassante, pour un album nanardesque à prendre idéalement comme une version post-coïtale de Herzeleid. Mutter était apogée du Pop Reich ? L'Amour Est Pour Tous est la chute définitive de Rammstein après les hoquets sur le front, les tanks démantelés de Rosenrot : la fin de l'oküpant, les soldats regroupés dans les auberges françaises avec le plus gros barraqué du bataillon chantant Edith Piaf bourré, car le transistor est carbonisé, se baffrant de flammekueche flétrie et de saucisses faisandées... Je vais pas vous faire une métaphore à base d'orgies SS filmées par Uwe Boll, ce serait obscène, et vous avez saisi l'idée. Caricatüre ! caricatüüürrrrr ! Mais la caricature, c'est Rammstein dans l'esprit, alors das reicht ! J'ai aussi oublié de causer du disque bonus dans la première chro, peut-être parce qu'il contient de bien piteux remakes de leurs glorieux tubes passés. C'est un condensé de chutes studio sans aucune puissance ni saveur, "Donaukinder" en tête, mais "Für Mich" se défend bien aussi dans le genre vautrage intégral (ce refrain pfuhuhuh ; nein !), même si sur "Halt" Till est très expressif. Un rigolo album de perdants, à la laideur boche affirmée. Un nanar quoi ! Et j'aurais dû réécouter Sehnsucht juste avant, album avec lequel il partage une certaine gaucherie, une maladresse, tout à fait touchantes d'un point de vue chrétien. L'intro c'est du Enigma blitzkrieg. Puis Rammstein font leur parade d'anciens conquérants déchus, bourrés, avec leurs refrains qui se mémorisent plus et qui sont juste glorieusement à chier. On dirait un groupe comme y en avait bradé par cartons chez adipocere, c'est assez hallucinant comparé au motor-pop monstrueusement efficace de Mutter par moments... Cette gaucherie petits bras a ses limites, et éclater de rire en entendant "Fruhlig In Paris" est naturel : impossible d'écouter ça ni au premier, ni au second degré, c'est juste faible, et tout ce que je peux en extraire sera l'image citée en début de chro (ce qui est déjà pas mal)... Le faible et Rammstein, ça va pas très bien ensemble, nous en conviendrons. Alors le verdict après décantage : ce skeud n'est pas plus mauvais que Rosenrot, car il y a "Pussy" et "Haifisch" dessus, et que "Haifisch" c'est du bon Falco. C'est aussi ça, la chro consciencieuse. La puissance Rammstein sans ossature est devenue incontinence, cette armée est définitivement finie... Alors, après tout, foutus pour foutus, autant se vautrer dans ses fèces...

note       Publiée le jeudi 14 mai 2015

partagez 'Liebe Ist Für Alle Da' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Liebe Ist Für Alle Da"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Liebe Ist Für Alle Da".

ajoutez une note sur : "Liebe Ist Für Alle Da"

Note moyenne :        27 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Liebe Ist Für Alle Da".

ajoutez un commentaire sur : "Liebe Ist Für Alle Da"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Liebe Ist Für Alle Da".

gardenniah › samedi 21 mai 2016 - 20:47  message privé !

Franchement ça sent l'album de trop pour payer les dettes de jeu ou de putes...

Demonaz Vikernes › vendredi 12 juin 2015 - 14:11  message privé !

Bon sang quelle merde cet album. A faire passer l'immonde Rosenrot pour une réussite. Mis à part l'excellent Haifisch (qui aurait eu tout à fait sa place sur Mutter, en ayant même le culot de faire parti des réussites), il n'y a rien à sauver sur ces 2 cds de vide intersidéral.

Note donnée au disque :       
god › dimanche 23 juin 2013 - 05:53  message privé !

Raven, j'adore tes chroniques !!

Kronh › lundi 22 avril 2013 - 21:44  message privé !

Tu es drôle mon bon zugal!

zugal21 › lundi 22 avril 2013 - 21:42  message privé !

prend toute sa saveur après un SOL INVICTUS