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Killing Joke › MMXII

cd | 10 titres | 50:46 min

  • 1 Pole Shift
  • 2 Fema Camp
  • 3 Rapture
  • 4 Colony Collapse
  • 5 Corporate Elect
  • 6 In Cythera
  • 7 Primobile
  • 8 Glitch
  • 9 Trance
  • 10 On All Hallow's Eve

enregistrement

Wiltshire / Prague

line up

Jaz Coleman (chant, synthétiseur), Paul Ferguson (percussions), Geordie (Kevin "Geordie" Walker) (guitare), Youth (Martin "Youth" Glover) (guitare, synthétiseur)

chronique

La fin du Monde approche... Pas la fin au sens physique, mais la fin des haricots superficiels, déjà... le glitch est imminent. Préparons-nous. Brûlons ordinateurs, télés, cellulaires, et empoignons nos pierres de taille pour les brandir devant le prêtre unificateur du Village... Mmmmh mh mhhh.... oui... MMXII, ô pompeux, guerrier, éblouissant MMXII. Ce dernier Killing Joke est fait à cœur, c'est du KJ qui est proche de la patine absolue. Si t'aimes pas Killing Joke, vas-t-en, odorante petite chose ignare, rampe, et grignote les miettes de ta médiocrité en faisant le moins de bruit possible, sinon je t'écrase avec mes gros souliers ! Si tu aimes, poses-toi la question de savoir si Democracy est pour toi plus que passable - et surtout si tu aimerais entendre la version prog' et veloutée de Absolute Dissent... D'emblée, "Pole Shift" se déploie avec majesté tel un cargo flottant mené par un Jaz d'une humanité proprement inhumaine, avec ce gosier qui passe avec une aisance toujours plus ahurissante de la fumée d'encens au geyser de lave rougeoyante. MMXII, c'est un Killing Joke plus viok, plus radotant, mais aussi plus lumineux ; un peu plus aveuglant que la moyenne, un peu auto-caricatural aussi, sûrement... Mais la frontière entre caricature et cuvée "tradition" est toujours bien mince avec les grands groupes qui sont pas nés d'hier. Et puis, optimiste, chose qui a son importance, et qui va de pair avec un antiaméricanisme/eurocentrisme toujours très virulent (suffit de passer outre l'(encore) infecte esthétique infographique de cette pochette, pour y déceler les symboles incriminés) mais bon là il faut bien le dire, que de bien normal, Coleman nous abreuve de ces thèmes traditionnels, toujours aussi serious as cancer que José Bové sur le devenir de la pomme de terre. MMXII n'enfreint pas la règle qui veut q'un KJ bien tassé comporte forcément un pourcentage non négligeable de sirupeuse new wave (ici, Jaz "in a Valérie Dore mood", dans un de ses exercices variéteux kitsch sur le néanmoins troublant "In Cythera", morceau à la fois apaisé et inquiet qui m'a même fait reconsidérer les fragrances rosacées et pâlottes du Brighter than a thousand Suns, eh oui). Le riffing parfois très métalleux ("Fema Camp"), est bien le cadet de nos soucis, tout autant que les détails cosmétiques du genre filtres vocaux pro-tools et autres maquillages synthétiques vulgaires comme au temps de Pandemonium : le vert-pomme de la peinture est peut-être un chouia trop artificiel, mais la chignole en-dessous est ancestrale et le rutilement de son moteur réchauffe de partout. C'est toujours pour les goths ("Primobile", magnifique) et c'est surtout, contrairement aux motifs limpides et quasi-disco des Killing Joke sortis ces dix dernières années et hormis les deux hits à turbo-injection que sont "Rapture" et "Glitch", (énièmes et gouleyantes resucées de "Pssyche" et d'ores et déjà hymnes de concert), un album qui prend son temps pour dévoiler son envergure rapace, sa véhémence religieuse, son charisme écrasant, et établir une nouvelle fois la puissance d'une machine post-punk aussi increvable que Motörhead, en gardant un aspect flou/mal défini qui en fera un des Killing Joke ambivalents, négligés. C'est à dire un grower. Cétadire, du Killing Joke à ciel ouvert, sensiblement différent du Killing Joke de caveau : du Killing Joke de stade, de rave, à célébrer avec un ciel étoilé en paravent, cul nul et recouvert de boue. MMXII ne carbure qu'à ça : aux communions sauvages et illuminées, aux cérémonies anarchistes-écolos de velus pour qui le new age n'a pas d'odeur, et son optimisme, son air effaré, sa lumière irradiante, solaire même, sa pontifiance prêtresse, ses airs de miracle tranquille - plus que de glas fataliste et noir charbon qu'on aurait pu attendre venant du groupe qui a livré What's This For et Extremities - sont le masque de bal choisi par son meneur pour l'orgie finale. Un meneur dont les attentes d'apocalypse n'ont jamais autant ressemblé à une érection galopante. Avec un large sourire de Joker victorieux. Le temps ne fait bien son affaire qu'avec les meilleurs, et il leur fallait bien pour ce cru le blase d'un blockbuster de Roland Emmerich... sacrés papys. Voici peut être la dernière chance pour le profane de se joindre à la clameur des gatherers, des ouailles; suer avec eux, et se vautrer dans l'ultime et glorieux chapitre d'une bacchanale dont les échos se propagent depuis trente-trois ans déjà. Solennel, moi ? Oh, pas tant que ça, non.

note       Publiée le samedi 18 août 2012

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Kagoul › mercredi 18 novembre 2015 - 17:51  message privé !

In Cythera,le morceau le plus nul ? et ben comme quoi les gouts et les couleurs ! j'aime trop ce titre, il faut toujours un titre du genre dans un album de KJ comme il y a Euphoria dans Pylon, et Europeen super state dans absolute dissent, etc. Perso je trouve In Cythera boulversante.

Note donnée au disque :       
Demonaz Vikernes › mardi 17 novembre 2015 - 15:13  message privé !

Bon, j'avais laissé cet album de côté à sa sortie, saturant un peu sur le groupe (la faute à un arrivage de 5-6 skeuds du groupe à assimiler dans les mois qui ont précédé sa sortie), du coup c'est 3 ans plus tard que je prends enfin le temps de m'attaquer à ce MMXII. Et là, grosse claque, l’enchaînement Pole Shift / Fema Camp (Fema Camp putain ! LE tube de l'album !) / Rapture / Colony Collapse : 4 mandales dans la gueule, ça c'est de la mise en bouche ! La tension fini évidemment par retomber, Corporate Elect plus classique qui sent bon l'auto-plagiat, que l'on va retrouver plus loin sur l'album sur le dispensable Glitch. In Cythera, c'est surement le morceau le plus nul de Killing Joke depuis... sa création, rien de moins (attention, je n'ai pas écouté Outside The Gate encore hein). Tellement mauvais que ça n'aurait pas dénoter sur Eat Me Drink Me par exemple. La trique revient avec l'excellent Primobile, et sur l'ultra sexy Trance, sur lequel l'album aurait pu s’arrêter, On All Hallow's Eve étant assez loupée, et le morceau bonus pas indispensable.
Bref, 2 petits déchets qui nuisent à la qualité globale, mais des bons morceaux qui sont de TRÈS bon morceaux et qui nous font oublier les loupés. A l'arrivée on ne retient que ces réussites, un excellent album donc.

Note donnée au disque :       
Raven › mercredi 11 novembre 2015 - 07:42  message privé !
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Totalement.

born to gulo › mercredi 11 novembre 2015 - 07:27  message privé !

Court en bouche, hein ?

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Raven › mercredi 11 novembre 2015 - 01:32  message privé !
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(3615 KJ, suite) Bon bah Pylon se bouffera un 4 bien carré... Je peux pas lui mettre la même note qu'à celui-ci, aussi, ni plus qu'à Democracy ou What's This ; l'efficacité est là mais il a clairement moins d'épaisseur que MMXII... En fait je dois me résoudre à trouver Pylon juste bon, basique et bon - après l'avoir trouvé très moyen au tout premier contact, après avoir par la suite été bien accro, voire fanatique, croyant qu'il se révèlerait grandiose - ayant tous les morceaux dans la tete ou presque malgré leur aspect archi-commun pour du KJ moderne - sa durée de vie en mode "tuerie" aura été finalement aussi courte que l'effet boeuf d'un "I am the virus" (qui finalement ne vaut pas un "Asteroid", dans le genre tube de Killing Joke à la Chuck Norris, même si ça reste bonnard)... semi-grower, donc. (oui, ceci est une pré-chronique, ça permet aussi d'élaguer...alors chut)