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Killing Joke › The Peel Sessions 1979-1981

  • 2008 • Virgin 5099923474925 • 1 CD

cd 1 • 17 titres • 66:35 min

  • 17.10.79
  • 1Pssyche
  • 2Wardance
  • 3Nuclear Boy
  • 4Malicious Boogie
  • 05.03.80
  • 5Change
  • 6Tomorrow's World
  • 7Complications
  • 27.04.81
  • 8The Fall Of Because
  • 9Tension
  • 10Butcher
  • 16.12.81
  • 11The Hum
  • 12Empire Song
  • 13We Have Joy
  • 14Chop Chop
  • Bonus Richard Skinner Session: 29.05.81
  • 15Tension
  • 16Unspeakable
  • 17Exit

line up

Jaz Coleman (chant, claviers), Paul Ferguson (batterie), Geordie (guitare), Youth (basse)

Musiciens additionnels : Alex Paterson ("wooh ! wooh !" sur "Malicious Boogie")

remarques

chronique

Styles
post punk
indus
punk
dub
funk
Styles personnels
peeling joke

Leurs Peel Sessions formeraient donc la meilleure compilation de Killing Joke, en même temps que leur meilleur album live ? Oui mon Kiki. Juvénile mais dangereux. Dès la version furieusement chirurgicale de "Pssyche", dès ces premiers "R" roulés à l'écossaise par le keupon morveux Jaz, qui même avec sa voix encore lutine est déjà d'un charisme redoutable, de même que son gros cerveau est déjà bien rempli de grands concepts. Dès ce "NASTY IN YOUR MIND" grimaçant et inhumain qui transperce, enfante toute une scène en deux-deux... On se sent aspiré sans résistance possible dans cette fusion minimaliste, occulte, souillée mais comme immaculée, baignée d'une lueur alien, tout aussi singulière que celle des albums d'où provient cette sélection, qui restent ce que le groupe a fait de plus séminal. Ceux qui sont à la recherche d'une version acérée, aérée, voire aérienne du KJ des temps premiers, seront ici comme des coqs en pâte. Et danseront au rythme du Killing Joke Jeune, Nu et Cru, ectoplasme punk nouveau ondulant de sa silhouette svelte sous les éclats de guitare grésillants. L'aspect lobotomisant de leur musique y atteint des sommets d'étrangeté roborative. Un peu comme si leurs tubes de jeunesse se voyaient sublimés, en étant plongés dans les tons crémeux de cette pochette... Flottement et fracas de mécaniques retorses. Rythmiques d'horlogerie démoniaque, de part en part, les riffs-rouages crantés du prodigieux Geordie succombant parfois sous le tempo-psychose du moteur Youth-Big Paul. La basse bon sang ! La batterie ! Des outils préhistoriques de science-fiction, ou quoi ?! Terrrrrible ! Magnétique ! Pire que le monolithe de 2001, niveau attraction irrépressible, le drogué de KJ ne peut que gesticuler autour de ces Sessions comme un maboul, fracasser des ossements. Les compos des trois premiers disques, jouées sans artifices ou presque - avec un son volontiers abrasif mais surtout... Lunaire. Sur la première partie du moins, gronde la sensation d'un Killing Joke joué non pas chez Tonton John mais plutôt là-bas, sur ce gros caillou que The Police prétendait fouler, faisant la nique à Gang of Four et les Slits depuis les cratère de l'astre sinistre... Un Killing Joke libellule, sa pantomime de créature tellurique mais affranchie de la pesanteur, crâneuse et moqueuse, juchée sur ses cadences surnaturelles tout juste jaillies du cratère nucléaire. Du tribal-rituel jusqu'aux boules à facette. Bien disco-punk, oui, surtout transmis par ces deux inédits ("Malicious Boogie"/"Nuclear Boy") qui a eux seuls compensent l'absence de Turn to Red dans la sélection. On pourrait y percevoir sans trop plisser les yeux une affiche "Jaz Coleman & His Gang". Tiens d'ailleurs, le groupe aurait-il pas écouté les mêmes tubes disco que les Rita Mitsouko ? Réponse sur l'imparable "Malicious Boogie", avec le roadie deluxe appelé à la rescousse au vocaux, hit inconnu qui me rend à chaque fois tout foufou-dingo-zinzin (on rappellera au passage combien, comme pour Joy Div', cette musique baigna leurs jeunes années - de l'aveu même de Jaz quand il évoque Chic - et teinta leur punk aussi naturellement que chez Blondie). Quand j'écoute ces Sessions, par moments je me demande même si les versions studio me sont si utiles, pour situer le niveau de mordant d'ce machin - "Complications", raaah ! "The Fall Of Because" - les hululements, le grincement, le boutoir de cette basse, les claviers hautement radioactifs de "Butcher" et "Chop Chop", la transe de "Empire Song", tout bordel, TOUT ! Indispensable ! Le chant de Coleman pue le punk primordial, mais comme dit au début, il a ce truc à lui, déjà hors du commun, étranger à toute notion de normalité... Comment décrire l'effet Jaz ? En l'écoutant, tiens. On ne cerne pas cet halluciné, ici à son plus affûté et malicieux, bondissant, manipulateur, maraudeur, djinn énergique dans les rues anglaises à minuit, avec son coutelas et son rictus maniaque, prêt à frapper à chaque recoin, à l'image de sa parade ultra-punk sur "Nuclear Boy", ce morceau qui à lui seul aurait du rendre caduque le bidule The Clash. Un Jaz impulsif, joueur, bouffon tueur ("We Have Joy" ne laisse aucun doute), qui crache à l'instinct, qui imite même le fer à repasser sur la miraculeuse "Wardance"... Indispensable je vous dis !

note       Publiée le vendredi 2 avril 2021

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GrahamBondSwing › mercredi 7 avril 2021 - 12:08 Envoyez un message privé àGrahamBondSwing

AhAhAh Bangster, j'aime bien ta précision clinique, et en plus je crois que tu m'as bien cerné : Extremities a un son assez massif qui me plaît bien (j'irai le noter).
@Zugal, je pensai avoir lu une chro dans un numéro HS de Rock&Folk et effectivement ce n'est pas dans les anthologies, tous styles, mais dans le spécial punk de 2003 où sont listés une centaines d'albums punk (au sens large) et la chro surligne généreusement au stabilo XXL l'aspect novateur du groupe mais je trouve que les exagérations du type "un son d'une violence jusqu'à ce jour inégalée" (je cite), ne sont vraiment pas nécessaires quand on pense qu'à la même époque Venom et Motorhead battaient le fer chaud à hauts degrés et qu'il y avait toute l'explosion de la scène hardcore de l'autre côté de l'atlantique...

Shelleyan › mercredi 7 avril 2021 - 10:41 Envoyez un message privé àShelleyan
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J'attend avec hâte mon vinyl de K 93, le projet de Jaz, Goeordie et Peter Hook

Note donnée au disque :       
Rastignac › mercredi 7 avril 2021 - 08:54 Envoyez un message privé àRastignac
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Qu'est-ce que je voudrais les revoir au moins une dernière fois en concert ceux-là... pfff. Ça me manque la war dance

zugal21 › mercredi 7 avril 2021 - 07:40 Envoyez un message privé àzugal21

Le comm de GrahamBondSwing me fait penser à Rock and Folk. Voila une publication qui sort régulièrement des numéros spéciaux type " 600 disques depuis 1955 " , et aucun Killing Joke n'est, sauf erreur, recensé .

Note donnée au disque :       
bangster › mercredi 7 avril 2021 - 05:37 Envoyez un message privé àbangster

GrahamBondSwing, à lire ton ressenti, il faut que tu écoutes le disque Extremities, Various and repressed emotions, c'est celui de 1990. Trois titres en particulier: age of greed puis Money Is Not Our God et puis Extremities, ça devrait te plaire ou alors c'est à rien y comprendre. Pour moi, Killing joke, c'est les deux premiers albums, plus le single Pssyche + le morceau The Hum + la b-side Sun Goes Down et enfin l'album Extremities à 75%.