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Daniel Lanois › Here is what is

cd • 18 titres • 60:40 min

  • 1Chest of drawers
  • 2Where will i be
  • 3Here is what is
  • 4Not fighting anymore
  • 5Beauty
  • 6Blue bus
  • 7Lovechild
  • 8Harry
  • 9Bells of oaxaca
  • 10This may be the last time
  • 11Smoke #6
  • 12I like that
  • 13Duo glide
  • 14Bladesteel
  • 15Moondog
  • 16Sacred and secular
  • 17Joy
  • 18Luna samba

enregistrement

Enregistré par Adam Samuels, enregistrements additionnels : Mark Howard et Adam Vollick. Produit par Daniel Lanois.

line up

Brian Eno (dialogue), Daryl Johnson, Jim Wilson, Brian Blade, Garth Hudson, Brady Blade Sr., Tony Garnier, Marcus Blake, Steven Nistor, Ada Small, Shawn Stroope, Tony Mangurian, Willie Green, Aaron Embry

remarques

chronique

Avec l'expérience "Belladonna" Daniel Lanois s'est affirmé dans son indépendance et sa volonté d'exploration, "Here is what is" porte en lui l'invraisemblable talent de songwriting du canadien, autant que le déséquilibre d'intensité propre aux démarches multidirectionnelles. Ca n'est déjà pas 18 pièces qu'il faut considérer mais 14 : "Chest...", "Beauty" et "sacred..." n'étant que de court monologues extraits de conversations avec Brian Eno et "Bells of Oaxaca" un simple instant sonore de quelques secondes. Si Daniel Lanois nous a habitué depuis toujours à l'alternance entre pièces chantées subtiles et petites instrumentales magiques, le manque relatif de véritable grâce sur les tableaux muets qui parsèment ce recueil, et qui rélèvent plus souvent de l'auto découverte à la "belladonna" que du miracle à la "White mustang", participe à ces variations d'intensité quelque peu frustrantes, comme ils côtoient ici de véritables merveilles de folk riche et délicate, aux tournures mélodiques extraordinaires, comme seul le canadien sait en tisser : "Where will I be", "Here is what is", "Not Fighting anymore", "Harry", "I like that" ou la troublante, sublime et possédée "Moondog". A leurs côtés, "Blue bus", instrumentale légère dans la lignée directe des "Carla" et "Desert rose" de l'essai précédent, "Smoke #6", instrumentale de blues atmosphérique agréable mais sans profondeur ou "this will be my last time", pure pièce de genre old blues certes réussie mais un peu incongrue, semblent mineures et presque dispensables : si on y ajoute les trois interventions d'Eno qui sortent immanquablement l'auditeur de la torpeur cotonneuse et extatique dans laquelle la musique de Daniel Lanois a le don de nous faire plonger, on comprend que ce recueil souffre assez largement du syndrome des montagnes russes. Une dichotomie dont la pièce maîtresse de plus de 8 minutes, "lovechild", est la parfaite illustration. Débutée par un monologue de piano entre bar et Debussy qui n'arrive pas à se montrer assez dense pour les 3 minutes qu'il parcoure, "Lovechild" se réveille ensuite à la faveur de ces fameux slide balnéaires et un peu décoratifs qui parcouraient "Belladonna" avant de s'ouvrir véritablement, vers le ciel et les profondeurs avec l'entrée de voix du canadien et la libération des étoiles de guitares. Entre deux, "Duo glide", folk rock atmosphérique et nocturne, "Bladesteel", instrumentale belladonnienne et rythmée, "Joy", blues rythmé et "orgué" façon nouvelle-orléans et "Luna Samba", pure atmosphère jazz, font le lien de qualité entre le plus anecdotique, et le littéralement somptueux des 6 bijoux précités. 6 bijoux sur lesquels il convient maintenant de revenir. Depuis 20 ans maintenant, et le subtil "Acadie", Daniel Lanois impose à mesure des albums son sens unique et sublime du songwriting au travers d'une musique à la grâce extraordinaire et aux origines multiples; folk, country, rock et blues, habitée par l'esprit un peu vaudou de la nouvelle-orléans, et à laquelle le génial producteur donne une dimension sonore aussi singulière qu'exceptionnelle. Avec ses batteries franches, hautement harmoniques, ses basses acoustiques sourdes et profondes, ses textures de claviers spectrales et ses draps d'orgue, ses dentelles de guitares claires, ses glissements permanents entre voiles de saturation sur vieil ampli du bayou et glissés de pedal steel, ses grooves profonds sur lesquels la voix fragile et un peu cassée promène ses divines mélodies, Daniel Lanois est un maître de la pièce d'orfèvrerie nostalgique; un véritable alchimiste qui marie la perfection à l'authenticité la plus brute, l'horlogerie à l'émotion profonde. Un alchimiste, un magicien : enrichi des experiences de "Belladonna", Daniel Lanois fabrique ses acoustiques et ses dimensions avec des outils de plus en plus insaisissables; il faut prêter attention et tendre l'oreille pour réaliser que ces merveilles douces et mélancoliques, célestes et délicates, sont notamment tissées de guitares déchirées, de soundscaping souterrains, de textures charbonneuses, parcourues de liberté et de dissonances. "Where will i be" pour sa grâce harmonique, "Here is what is" pour son incroyable maturité stylistique, "Not fighting anymore", "Harry" et "I like that" qui nous vient tout droit de "Shine"... la grâce, jusqu'au chef-d'oeuvre "Moondog" qui nous ramène à "Wynona": un rock nocturne et aérien porté par le groove et la chaleur néo-orléanais qui élève ses harmonies saturées et son piano de pluie dans un appel aussi doux que sauvage aux esprits des bayous. "Here is what is" reprend donc la route que le canadien a entamé depuis "Acadie" et poursuivit jusqu'à "Shine"; il confirme également que "Belladonna" n'était pas une simple parenthèse, mais un véritable virage, vers la liberté et l'indépendance.

note       Publiée le mardi 24 février 2009

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ellington › samedi 28 février 2009 - 17:23 Envoyez un message privé àellington

ouaah !! la découverte ! ça me rappelle Little Feat ,dans l'esprit ( lowell George et son Little Feat est mon idée de la musique nord-américaine ) Donc je récapitule , Johnny Cash,Little Feat, the band,Ry Cooder et j'ajoute Daniel Lanois, merci beaucoup.

Note donnée au disque :       
Sheer-khan › mardi 24 février 2009 - 22:11 Envoyez un message privé àSheer-khan
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tu vois quand tu veux...

saïmone › mardi 24 février 2009 - 22:01 Envoyez un message privé àsaïmone
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"Avec l'expérience "Belladonna" Daniel Lanois s'est affirmé dans son indépendance et sa volonté d'exploration"

Sheer-khan › mardi 24 février 2009 - 21:49 Envoyez un message privé àSheer-khan
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faites plutôt des vannes sur celui-là, il est mieux...