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Brian Eno › Apollo : Atmospheres and Soundtracks
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Il ne faut pas beaucoup de temps pour que l’alchimie s’opère : avec ‘Apollo’, on file instantanément dans les étoiles. La force évocatrice de Brian Eno est telle que sa musique, si dépouillée soit-elle, provoque les sens de façon totalement inédite ( du moins pour l’époque) et génère chez l’auditeur des images mentales nouvelles ou connotées – car en l’occurrence il s’agit de bandes sonores destinées à accompagner des vidéos, cette fois empruntes du mystère lié au voyage spatial. Eno comme tant d’autres faisait partie de ces jeunes rivés à leurs écrans lors du premier pas de l’homme sur la Lune (1969) – mais il était déjà frustré par la quantité de bavardage journalistique qui selon lui gâchait la beauté et la singularité du spectacle qui s’opérait devant les yeux de millions de semblables. En 1982, Le cinéaste Al Reinert lui a alors proposé de composer la bande-son d’un film uniquement constitué d’images des missions des navettes Apollo – sans aucune voix que les interventions sporadiques des cosmonautes. Et c’est fort de son expérience acquise avec sa série « Ambient » qu’Eno, accompagné de son frère Roger et de Daniel Lanois va composer une épure musicale de l’immensité des paysages cosmologiques avec l’aide de ses synthétiseurs extrêmement traités et réverbérés, comme sur le célèbre ‘An Ending’ et ses vocaux totalement irréels ou encore ‘Stars’, véritable ode spatiale d’une pureté mélancolique à couper le souffle ; mais aussi des sonorités totalement inédites, parfois méconnaissables (le traitement dark-ambient de grincements ou bandes comme sur ‘The Secret Place’), des nappes ultra-basses rappelant les moteurs de fusée tel qu’on peut les imaginer faire vrombir les cabines des navettes… et surprise, plusieurs adjonctions de guitares, ce qui m’amène à parler de la seconde partie et du quatuor un peu particulier allant de ‘Silver Morning’ à ‘Always Returning’ qui avec leurs sonorités country type ‘cow-boy dans l’espace’ détonnent un peu par rapport à la première moitié. Selon Eno, ce côté « à la conquête de l’Ouest » était voulu pour justement faire l’analogie avec la découverte de l’inconnu, qu’il soit géographique ou spatial, tel un hommage aux pionniers de tous types… si cette explication m’a paru un brin facile (surtout connaissant la pertinence du bonhomme en temps normal), force est d’avouer qu’elle ne jure pas de trop, évitant peut-être à l’album de s’enliser dans une seule formule. D’autant qu’il revient à la charge sur son final dont il a déjà été question. Si les ingrédients de base étaient déjà tous connus, Eno nous prouve avec ‘Apollo’ si besoin était toute l’étendue des possibilité de l’ambient – ce qui amènera un paquet de monde à courir derrière cet album, qui allié à Ambient 4 esquissent à eux deux les discographies d’un bon paquet d’artistes, de Robert Rich à Deathprod en passant par Biosphere, Alio Die… ainsi que Coil, et maintenant qu’‘Apollo’ a atterri dans la base du site, je vais enfin pouvoir parler sérieusement de leur cycle offert aux phases du soleil.
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- Rastignac › Envoyez un message privé àRastignac

Mon premier, mon préféré. Grâce à la bo de Trainspotting si je me trompe pas.
Devant la musique pour aéroports
Message édité le 01-11-2025 à 21:17 par Rastignac
- born to gulo › Envoyez un message privé àborn to gulo
On connaît mieux son cousin, Bernard.
- Raven › Envoyez un message privé àRaven

Ce bon vieux Roger !
- saïmone › Envoyez un message privé àsaïmone

Je découvre le travail en en solo de Roger Eno, dont j'ignorais l'existence avant une reco des plateformes, c'est vraiment formidable. Plus néoclassique, en un sens, dans son approche de l'ambient ; très influencé par Arvo Pärt, aussi, probablement. C'est mieux que Max Richter, en tout cas
- CeluiDuDehors › Envoyez un message privé àCeluiDuDehors
Absolument, il a aussi fait un formidable travail sur "The pearl" d'Eno/Budd.
- Note donnée au disque :
