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Daniel Lanois › Shine

  • 2003 • Anti 6661-2 • 1 CD

13 titres - 46:21 min

  • 1/ I love you
  • 2/ Falling at your feet
  • 3/ As tears roll by
  • 4/ Sometimes
  • 5/ Shine
  • 6/ Transmitter
  • 7/ San juan
  • 8/ Matador
  • 9/ Space kay
  • 10/ Slow giving
  • 11/ Fire
  • 12/ Power of one
  • 13/ JJ leaves l.a.

enregistrement

Enregistré par Daniel lanois, Adam Samuels et Jennifer Tipoulow. Produit par Daniel Lanois.

line up

Malcolm Burn, Daniel Lanois, Daniel Lanois, Chris Thomas, Brian Blade ; Dayl Johnson ; Aaron Embry ; Brady Blade ; Tony Mangurian ; Charlie Patton ; Bono ; Emmylou Harris

remarques

chronique

Styles
pop
folk

S’il vous plaît… intéressez vous à cet homme. Depuis 1989 et le magnifique «Acadie», le producteur Daniel Lanois s’est décidé à nous livrer au gré du temps qui passe des compositions à lui, avec sa voix un peu fatiguée et légère, sa guitare aux cordes en fil d’argent, son sens merveilleux du son nocturne et subtil, acoustique, franc et cru, formidablement envoûtant. 14 ans après l’inoubliable promenade dans les forêts géantes du Canada sous la lune qu’offrait «Acadie», voici «Shine», le… troisième album du bonhomme. Dès les premières notes, sitôt pris par les premiers sons délicats des guitares claires, de la dobro d’étoile, on se félicite secrètement que Daniel soit toujours le même… le même conteur, le même poète, le même promeneur solitaire à la mélancolie pour ombre, à l’œil pétillant d’espoir face aux beautés du monde. Entre pièces nostalgiques, «I love you», «Shine» ou «Slow giving» par lesquelles il n’hésite pas à nous démontrer (et il fallait le faire ! ) que les tournures Country peuvent nous émouvoir par leur délicatesse, que son sens mélodique est aussi simple qu’étrange à l’occasion, des livraisons légères et délicieuses comme des minutes passées à regarder la nuit en y trouvant espoir, «Falling at your feet», «Sometimes», deux pièces plus «Black music» où l’on sent toute la sève néo-orléannaise qui coule dans l’arbre Lanois, «As tears roll by», et le troublant «Power of the one», l’artiste nous promène dans les richesses de son recueil le plus calme, le plus posé… lui qui n’était déjà pas très énervé de nature. Car comme d’habitude chez Daniel Lanois, comme au temps d’Acadie, l’autre moitié de l’album n’est composée que de purs joyaux mélancoliques et minimaux… «Transmitter» le premier d’entre eux, instrumentale à la beauté narcotique, nous fait retrouver la guitare d’orfèvre rustre, la lueur sonore parfaite, le sens de l’inflexion mélodique qui fait grossir la larme dans le recoin de l’œil. A «San juan», ensuite, de la faire couler… cette pièce extraordinaire à la simple guitare et voix pleine d’humanité, à la tristesse subtile et belle… un monument discret comme sait en faire ce maître… et ces larmes dans les yeux, on distingue alors le ciel entre les arbres et la nuit qui le couvre, les étoiles qui l’apaisent… «Matador» l’atmosphérique, synthétiseur spectral et piano qui sanglote, «Space kay» l’hallucinogène, ou la mélodie reine, le simple fait perfection, l’inquiétude faite guitare… deux instrumentales à teneur garantie en forêts canadiennes et instants solitaires hypnotiques. Chantée comme «Fire», une guitare seule comme l’ultime «JJ leaves… », la musique de Daniel Lanois est dans ce «Shine» plus douce que jamais, plus infime, plus impalpable encore que dans son premier recueil, là où «The beauty of Winona», il y a déjà dix ans, avait pourtant montré un artiste plus volontaire, moins éthéré… plus charnel. Comme toujours Daniel émaille sa livraison de compositions souriantes, folks et pleine de saveurs, entre lesquelles sont incrustées ses nombreuses pierres précieuses, ses fruits de dobro claire, ses fils d’or et de lune, ces moments solitudes qu’il nous offre à passer au pied d’un arbre géant, protégé par la nuit et ses lueurs changeantes. Intéressez vous à cet homme, s’il vous plaît… il revient aujourd’hui avec sa troisième offrande, après dix ans au loin. Mais comme le montre ce «Shine», le lent, le délicat, Daniel Lanois n’a pas vraiment à voir avec la marche du temps ; sa musique la suspends ; après dix ans comme deux, l’artiste a les mêmes traits, garde les mêmes guitares, les mêmes amplis vaudous, les mêmes atmosphères sombres au son réinventé. Troisième merveille, Monsieur Lanois : merci, merci encore, et rendez-vous en 2017… au bord du même chemin.

note       Publiée le dimanche 22 juin 2003

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ellington › dimanche 1 mars 2009 - 16:03 Envoyez un message privé àellington

Deux écoutes, mais déja amoureux. Lanois me fait penser a Ry Cooder , dans son souci d'aller chercher son inspiration dans les vieux trucs d'avant le rock n'roll , une façon de laisser chalouper plutot que de marteler , d'esquisser le tempo et de nous laisser révasser la suite. Il est clair maintenant qu'il était le producteur plus que parfait pour redonner l'envie au vieux bob Dylan. Tiens, dylan , aussi , avec ou sans Lanois, est de plus en plus dans la recherche des temps anciens , le blues et le folk mais aussi la comédie musicale , le ragtime , les vieilles movie songs, sa jeunesse.Il appelle ça ," modern times ", toujours le mot juste.

Note donnée au disque :       
Victor › vendredi 17 septembre 2004 - 19:39 Envoyez un message privé àVictor
J'ai écouté, c'est vraiment très beau et fin. J'ai un faible pour Sometimes.
Note donnée au disque :       
deckard.cain › mercredi 25 juin 2003 - 13:20 Envoyez un message privé àdeckard.cain
ouarf c'est clair qu'il a l'air de prendre son temps le monsieur !!!!