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Enslaved › E

cd | 8 titres | 62:08 min

  • 1 Storm Son [10:54]
  • 2 The River's Mouth [05:12]
  • 3 Sacred Horse [08:12]
  • 4 Axis of the Worlds [07:49]
  • 5 Feathers of Eolh [08:06]
  • 6 Hiindsiight [09:32]
  • 7 Djupet [07:39]
  • 8 What Else Is There? [Reprise de Röyskopp] [04:44]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Grutle Kjellson et Ivar Bjørnson. Mixé par Jens Bogren, masterisé par Tony Lindgren au Fascination Street Studio, Örebro, Suède, juin 2017. Enregistré par Iver Sandøy, Ice Dale et Ivar Bjørnson au Duper & Solslottet Studio, Conclave & Earshot, Peersonal Sound, Bergen, Norvège et à l'Overlook Hotel, Auklandshamn, Norvège, entre avril et mai 2017.

line up

Cato Bekkevold (batterie, percussions), Ivar Bjørnson (guitare, claviers, choeurs), Arve Isdal (guitare), Grutle Kjellson (voix, basse), Håkon Vinje (claviers, voix)

Musiciens additionnels : Einar Selvik ([Einar Kvitrafn Selvik] voix), Daniel Måge (flûte), Kjetil Møster (saxophone), Iver Sandøy (effets, batterie)

remarques

Illustration par Truls Espedal.
Sorti en cd, cassette, vinyle.

chronique

Styles
metal extrême
black metal
Styles personnels
lyrisme norvégien

Imaginez un monde pur avec du vent, des chevaux qui hennissent, des hommes qui chantent, tandis qu'une possible malédiction pourrait tout emporter sur son passage, celle qui amène les hommes, les chevaux et le vent à se sentir moins du coin, dépossédés d'une culture, d'une musique particulière, d'un passé recomposé, d'un trip de métalleux un peu trop seul. Contre ces problèmes problématiques un groupe se lève. Son nom : Enslaved. Et comme ce nom ne l'indique pas, ils se sentent libérés. Pas au point de faire de la pop qui fâche comme leurs compatriotes Ulver, mais au point de faire de la pop que les métalleux aiment. Je ne vois pas trop quelle est la différence : les choeurs virils ? Les moments où le gars il se racle la gorge comme un chat ? Car vous aurez encore cette impression de vous baigner nu au milieu des pâquerettes, dans une prairie surplombant Bergen, jolie ville, mais aussi ville un peu... assoupie. J'ai bien aimé l'ancienne léproserie, la rue où les mecs de Gorgoroth ont posé torse poil, le marché aux poissons même si rempli de touristes. Cette pizzeria où l'on avait bouffé une quatre saisons à 30 euros. Ce disquaire où je n'avais pas vu de Burzum, mais bien du crust punk en 45 tours. Le gars m'avait demandé : tu connais ? J'osais pas demander s'il y avait du Enslaved. Je ne sais pas vraiment quelle aura ces gens ont chez eux, parce qu'à l'extérieur, on dirait qu'ils sont mandatés par l'office du tourisme de Norvège - et d'ailleurs, dixit les crédits de l'album, ils sont notamment soutenus par le Norsk Kulturråd, une sorte d'Agence publique pour la mise en oeuvre des politiques culturelles en Norvège. Tout est donc dans les clous. Même au niveau stylistique : je le trouve beaucoup moins extra-terrestre que le précédent... plus champêtre, plus forestier, plus mystique de l'eau, du rocher et de la flamme, enfin ce que je m'imagine être le champêtre, le feu et la glace, je ne suis pas difficile : un peu de fromage, d'air sous-oxygéné en altitude, du genre qui pique le nez ; des arbres, des petits mammifères, des insectes, des cauchemars éveillés en sous-bois, je rêve que je prends du LSD, les seuls effets après un très lente montée c'est de voir apparaitre des maladies de peau sur mes bras et sur le visage des gens autour de moi. Une femme pleure, elle veut emmener son enfant aux urgences mais c'est bien trop loin donc je deviens la femme pour pouvoir l'emmener son gamin, pour qu'elle se repose mais las, il est 7h00, il faut se lever. Et sinon mon gros ? Et la chanson ? Ben la chanson est jolie sur E (comment qu'ils aiment les documentalistes les groupes de métal, ahah), c'est souvent floydien, de temps en temps deep purplien, très souvent enslavedien qui chantonne et expire et râle mais : il y a moins de grosse guimauve que sur le précédent, plus de guitare, plus d'épique encore, plus de vent qui souffle dans les voiles, plus de vagues qui déchirent le bois du quartier hanséatique, moins d'hommes d'affaires bouffant des pizzas à trente euros, moins de touristes. Enfin, les touristes sont ailleurs à écouter des disques, à écrire des chroniques, à essayer de comprendre le sens de quelque chose qui parait mystérieux : le métal inspiré de la Scandinavie ancienne, de sa mythologie, de sa culture. Comme si l'Antiquité ou le Moyen-Âge pouvait être exprimé par des instruments fonctionnant à l'électricité et comme si on avait le droit de se poser ces questions. Cet album est de toute façon joli, il plaira aux amateurs de mélodies, de chansons de marins et de shrieks vocaux qui sont très présents sur cet album. Il pourrait ne pas convenir à ceux qui parfois voudraient rester les pieds sur terre ou chercher un brin de réalisme quant à la condition humaine...

note       Publiée le vendredi 6 avril 2018

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Klarinetthor › vendredi 26 octobre 2018 - 12:35  message privé !

Je m'étais arrété avec Vertebrae, je crois que j'ai eu sacrément tort, il a l'air de butter celui-ci.

Note donnée au disque :       
torquemada › samedi 7 avril 2018 - 21:24  message privé !

Il est énorme celui-là. Peut-être mon Enslaved préféré... je dis ça à chaque fois !

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born to gulo › vendredi 6 avril 2018 - 10:05  message privé !

Fort apprécié, pour ma part, voire très fort. Doux mais iodé.

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