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Luzia von Wyl Ensemble › Frost

  • 2014 - Hatology, hatOLOGY 727 (1 cd digipack)

cd | 10 titres | 46:56 min

  • 1 Tick-Tock [7:05]
  • 2 Frost [5:17]
  • 3 Joke [2:29]
  • 4 Wind [3:34]
  • 5 Jingle [4:29]
  • 6 Spark [3:56]
  • 7 Rush [3:33]
  • 8 Overlap [2:34]
  • 9 Kalimba [4:59]
  • 10 Quints [9:00]

enregistrement

Enregistré le 31 mai, les 6-7 juin et le 14 novembre 2013 aux Hardstudios Winterthur et Radio Studio 1 à Zürich.

line up

Luzia Von Wyl (piano), Lukas Roos (clarinette basse), Maurus Conte (basson), Nicola Katz (clarinette), Simon Heggendorn (violon), Jonas Iten (violoncelle), Rico Baumann (batterie), André Pousaz (basse), Amin Mokdad (flûte), Raphael Christen (marimba)

chronique

Styles
jazz
avant garde
post-moderne
ovni inclassable
Styles personnels
fourth stream

Luzia Von Wyl est une de ces précieuses exploratrices qui filent entre les genres comme une anguille entre les doigts. Entourée de ses acolytes, la Suissesse défricheuse donne un sérieux coup de jeune à la musique dite actuelle et bondit à cloche-pied sur le jazz et l’avant-garde avec une élégance toute féline, comme le ferait chez nous Alexandra Grimal. Son approche jazz-rock, minimaliste et chaloupée – presque cristalline, partageant l’inquiétante légèreté d’un Reich et l’originalité d’un Shimizu (surtout la clarinette basse), chasse à petits coups de balai des compositions tantôt rondes, tantôt abruptes, toujours sagaces. Elle convoque parfois l’esprit third stream, faisant la part belle au violoncelle solo dans "Frost", mais s’épanouit dans sa forme ludique, par le rythme de facétieux claviers à percussion dont les lamelles de bois entament sur "Wind" un dialogue animé avec une flûte jouée à la Stivín, qui fleurit puis s’étiole. L’influence transalpine, bien que détectable, se résorbe pour libérer un "Jingle" vivace qui n’aurait pas déplu à Debussy ou Milhaud. Mais le monde de Luzia Von Wyl n’est pas simplement fantasque ni merveilleux, une part d’ombre arrive toujours à poindre le bout de sa truffe. "Spark", dans un souffle sourd, annonce le retour du piano qui, comme un silex, refait surgir l’étincelle magique par des motifs semblant à tout prix vouloir éviter les étiquettes : autant de glissements successifs d’un désir de surprendre, et dans les faits ça n’a rien de chichiteux. Tout ça participe à la mise en place d’un quadriptyque assez sensationnel qui stimule bien l’imagination : sur le minimalisme retrouvé dans "Rush" se greffe une rythmique irrésistible, avec un violon en guise de couronne – c’est leste, réfléchi, dynamique, comme si on injectait une dose de groove syncopé à Sergueï Prokofiev. Dissonance rime avec danse à mesure qu’on parcourt "les" jazz : flûte et basse de "Kalimba" appellent un marimba esprit lamellophone, dans un audacieux mélange des genres digne de Ryuichi Sakamoto. Le monde musical de Luzia Von Wyl ne s’embarrasse pas d’une tenue correcte exigée, c’est un pays de frontières abordées avec grâce et malice, un objet musical qui ne s’identifie à aucun autre ; et rares sont ceux et celles qui parviennent à en faire un tout cohérent d'une telle brillance.

note       Publiée le vendredi 28 avril 2017

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Scissor Man › samedi 13 octobre 2018 - 14:57  message privé !

Chouette chronique qui colle bien avec ce que j'entends, ce serait dommage de passer à côté.

Note donnée au disque :