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Today Is The Day › Today Is The Day

cd • 12 titres • 36:43 min

  • 1Kai Piranha
  • 2Marked
  • 3Bugs / Death March
  • 4A Man Of Science
  • 5Realization
  • 6Black Iron Prison
  • 7Mountain People
  • 8Ripped Off
  • 9The Tragedy
  • 10She Is In Fear Of Death
  • 11I Love My Woman
  • 12Dot Matrix

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Austin Enterprise, Nashville, Tennessee - Produit par Steve Austin

line up

Steve Austin (voix, guitare, samples), S.a.wexton (synthetiseur, sampler), Brad Elrod (batterie).

remarques

La réédition contient en plus les bonus tracks "Hand and Knees" et "Pipedream Zero", datant de deux ans avant, et issues de la compilation "Clusterfuck '94".

chronique

De la musique qui fait peur, de la vraie. Une musique de souffrance, une des plus pures et acides qui soient. Partout dans cette musique, des corps étrangers incrustés dans toute ses cellules, corrompues. Et, partout dans toute ville, ces cages à lapins, à perte de vue... Parmi elles quelques cages à prédateur, beaucoup plus rares... Mais vu du dessus, elles se ressemblent toutes. Et puis un jour la police enfonce la porte au bélier. Une porte parmi d'autres. Et on découvre ce qu'il y avait depuis tout ce temps dans l'appartement du voisin, ce type tranquille et sans histoires qui ne sentait pas très bon et n'ouvrait jamais ses rideaux... Je me plais parfois à imaginer que l'émotion du flic de polar qui découvre l'antre du tueur qu'il traquait, ses carnets, sa baignoire, et tout le reste, doit être semblable à celle que j'ai ressenti la première fois que j'ai écouté l'éponyme de Today is The Day... Ce sans-titre culte qui achève ce qu'on appelle la trilogie Amphetamine Reptile, est en réalité assez différent des deux précédents, pour tout dire assez différent de tout le reste de leur discographie, et n'achève pas une trilogie. Il achève tout court. De façon plus...noire. Occulte. Saloperie de musique sacrificielle underground de sa mère la pute, même... Un TITD souterrain, oui, nocturne... un TITD qui sent le fanatisme de secte -"Marked" ultime- mais une putain d'ambiance...voilà : c'est un album à ambiance - alors que c'est plutôt le son, sa matière son grain piquant aigu acide, et l'énergie furibarde qu'on retient de Today is The Day, hé bien de celui-ci je retiens surtout l'ambiance, qu'elle tienne aux synthétiseurs de série B supra-insalubres et aux chœurs de poupées vivantes -"Bugs Death March"- ou simplement au feeling de l'album, le plus "thriller intime" de tous. Notez le plan rapproché de la pochette, qui fait assez bien écho à la chronique de Willpower par le Progmonstre. À moins que ce ne soit qu'une banale scène de sado-masochisme conjugal qui n'a pas encore tourné vinaigre (si j'en crois le verso)...parce qu'il prend davantage son pied à cravacher de la partenaire récalcitrante, cette ordure de Stevou...et qu'il fantasme d'aller plus loin...trop loin... Le protagoniste principal ici, c'est encore le même, infiltré, dans toutes les artères du Vice... Le Satan de Steve Austin est caché mais omniprésent, plutôt qu'affiché avec la quincaillerie habituelle, tout du moins jusqu'à l'incantation suprême de "Dot Matrix". Il est partout, dans chaque interstice de cet album décadent et hystérique ; le Satan de Steve Austin est le même que celui de Roman Polanski, bien moins branché que celui du rigolo LaVey, c'est un virus, un code, une lumière noire...c'est celui qui est palpable dès les premières secondes de Today Is The Day, avec ce début qui évoque Jane's Addiction aux enfers et aux fers avec un Perry Farrell supplicié (Austin, cette voix improbable, des plus infâmes). Puis tout vrille, se tortille, gémit, et puis ça suinte une matière noire et acide et collante comme le symbiote du Carnage... Un Today Is The Day de caveau à chauve-souris, avec un feeling complètement occulte, une mystique intense. Les berceuses selon Steve ça donne la première partie de "Ripped Off", qui est aussi son meilleur refrain -encore une fois vive les synthétiseurs de contrebande pour corbacs - et puis putain (désolé mais je devais en caser au moins un autre) le final "Dot Matrix" qui reste mon putain (allez, deux) de morceau préféré de Today is the Day ! J'adore ce titre, je pourrais l'écouter en boucle...de même que l'enchaînement "She Is In Fear Of Death"(I smell sex...)/"I Love My Woman", imparable, létal. Bref, cet album est le meilleur Today is The Day...enfin je crois... et merde en fait je le sais je l'ai toujours su !!! On fait difficilement plus vénéneux et maléfique que cette musique. Note... maximale, arghl ! (mmmh).

note       Publiée le lundi 14 mars 2016

Dans le même esprit, Raven vous recommande...

chronique

Styles
post-hardcore
metal extrême
noise rock
Styles personnels
ultraviolence gratos

Today Is The Day, c'est les tempes qui bourdonnent et les oreilles qui grincent dans la plus âpre confusion, celle qui te paraît durer une éternité, entre la douzième et la treizième mandale. C'est la mauvaise rencontre devant un bar louche (pas à l'intérieur non, Steve Austin est tricard de la planète entière) qui par malchance s'avère durer une vie. Y revenir, encore et encore, pour souffrir, par vice, par catharsis, ou tout simplement pour comprendre ? Enchaîné comme la fille de la pochette (au passage, les paroles de Steve Austin semblent dénoter un rapport avec la gent féminine pour le moins courtois et avenant...). Supernova était d'une homogénéité organique, cet éponyme est arrêtes,crêtes et trous béants vilement recouverts d'une identité "métal"... Du métal pour asile d'aliénés, qui prendrait à Black Flag ce que d'autres prennent à Black Sabbath. C'est un cliché, mais autant se souvenir que le métal, entre autre propriétés, ça coupe. Ici, on veut nous faire saigner. Pas plus que chez Harvey Milk, le mot "metal" ne trompe-t-il sur la vraie nature du fond. C'est seulement le vil couvercle, prêt à sauter sous la pression, posé sur un trou, que dis-je, un forage, au fond duquel patiente un pétrole noir et visqueux, qui ne demande qu'à ébouillanter l'auditeur lambda de chez Relapse, label qui trouvait ici une caution violence extrême qui resterait leur diamant noir. Pas sûr que si TITD était allé plus loin, c'eut été encore du metal (voir "Sadness Will Prevail" et son dédale de samples noisy inextricable). Que dire sur l'absence de vergogne de ces "compositions" souples ? Que le résultat est désorientant, gratuit, incompréhensible, plus dégoutant que défoulant malgré la violence de la batterie (qui est en soi un instrument de terreur). La musique de Steve Austin est difficile à décrire. Plus froid que les disques précédents, ce troisième album utilise les fréquences aiguës du support cd pour amplifier le malaise d'interludes comme "A Man of Science" ou "Black Iron Prison", petits chef d’œuvres d'impression malsaines, sortes de versions démoniaques des accès folk de Jimmy Page sur les albums de Led Zep. Même procédé pour la voix tantôt hurlée tantôt susurrée d'Austin, semblant s’immiscer derrière nous sur "Dot Matrix", qui voit sa psychose s'accomplir dans ce qui reste à mon avis l'un des moments les plus malsains gravés sur disque. Et le pire réside peut-être dans les bonus tracks (merci internet !), l'éviscéré Hands and Knees qui finit par entendre des breaks klezmer à force de se taper la tête contre les murs d'amplis, et le totalement hors-piste Pipedream Zero, inimaginable aberration sur ritournelle enfantine-perverse à faire passer les Butthole Surfers pour Nicole Croisille. Gloups. à classer dans les tout meilleurs titres du groupe. De quoi rappeler que ce disque est bien le seul du groupe où figure un certain Scott Wexton, alias Saw, aux synthés et samples (la basse est donc jouée au synthé!), membre de Batterie:Acid. Comme quoi il n'y a pas que les grands esprits qui se rencontrent, les pire insortables aussi. Capable de pulvériser les tympans et de changer de tempo toutes les 4 secondes sans break ni à-coup, le trio reptilien n'est en fait jamais aussi perfide que lorsqu'il desserre ses nœuds pour entonner ses mélodies ou arpèges désincarnés ("Dot Matrix", encore, mais sur tout le disque, le diable est dans les détails). Peut-être le groupe qui correspond le mieux au nom de son label, Amphetamine Reptile, qu'ils allaient quitter lors de l'album suivant. Today Is The Day, c'est l'un des rares cd qui m'ait donné envie de le jeter contre le mur, vu l'absence d'issue qu'il propose, et le mal de crâne qu'il peut causer. C'est aussi le seul pour lequel je ne le ferai pas, de peur qu'il ne ricoche malencontreusement et revienne tel un shuriken se loger dans ma carotide et me tue sur le coup en poussant un cri de haine à glacer le sang.

note       Publiée le lundi 14 mars 2016

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notes

Note moyenne        8 votes

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cyberghost › vendredi 18 mai 2018 - 11:55  message privé !

Plus cauchemar que emo celui-ci ... Laisse-toi tenter ;-)

Note donnée au disque :       
saïmone › vendredi 18 mai 2018 - 10:23  message privé !
avatar

Coincé entre deux bombes emo, je te reconnais bien là ! D'ailleurs à cause de ça je l'écoute jamais, je vais rectifier ça sur le champ (et j'me rends compte que je l'ai même pas en CD, haha)

cyberghost › jeudi 17 mai 2018 - 11:59  message privé !

Mon petit préféré

Note donnée au disque :       
dimegoat › samedi 2 septembre 2017 - 20:42  message privé !

Jovial comme une aigreur d'estomac. J'aime bien.