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Today Is The Day › No Good to Anyone

cd • 14 titres • 49:40 min

  • 1No Good To Anyone
  • 2Attacked By An Angel
  • 3Son Of Man
  • 4Burn In Hell
  • 5You're All Gonna Die
  • 6Orland
  • 7Cocobolo
  • 8Agate
  • 9Callie
  • 10OJ Kush
  • 11Mercy
  • 12Born In Blood
  • 13Mexico
  • 14Rockets And Dreams

line up

Steve Austin (chant, guitare, programmation), DJ Cox (basse, synthétiseur), Tom Bennett (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Will Austin (piano)

remarques

chronique

Styles
metal extrême
post-hardcore
hard rock
grunge
noise rock
Styles personnels
it's all in your mind

Steve Austin aime Debussy. C'est une des choses qu'il veut nous dire sur son album de "l'année co-vide", après six longues à mûrir sa confidentialité, cette salutaire non-reconnaissance du monde étendu... Steve Austin est résigné à l'expression. L'expression pure. Isolée. Comme l'atome de strontium entre deux aiguilles, brillant de mille feux dans le vide. Aucun public pour son concert, dans un bar de merde avec quatre connards qui l'ignorent, penchés sur leur perroquet ? Rien à branler, pas plus que Scott Kelly et son ampli. Isolé et déter comme le Killdozer. Steve progresse en cercle, sa mutilation est floraison, sa diction est irradiation. Expression du nerf à la baffle, du cœur au riff, des tripes au mic, comme au temps des purs et durs qui pouvaient crever avant la trentaine sans que ça surprenne quiconque. Connexion totale au négatif, dégoût chauffé à blanc. Ce mec a un grain et sait quoi en faire, en le grossissant au max, toute forces mentales jointes. "Le manque de moyens mène à l'émotion brute", énième partie. Écoutez-moi ce chant plus amer qu'une harpie, esgourdez-moi ces mélodies acides. Today is The Day c'est le groupe de rock le plus acide, c'tout. Vive la remontée de bile millésimée. La soul de l'acide. L'intro est l'un de ses morceaux les plus maléfiques, depuis... Pfiouuuu... Plus primordial que Caïn, cette merde. Le black-metal peut prendre des notes. "I hate everyone", phrase qui chez tant d'autres sonnerait comme celle d'un puceau en mal d'attention, y prend une dimension véritable, plus tangible qu'un cancer galopant. Du vif, du puissant, du très nécessaire et très digne Today Is The Day, résolument tourné vers ses années 90, qui d'incantation en sérénade va nous avoir comme au temps de ses meilleures rondes, comme si on retournait dans le ventre de l'alternatif satanique, la fosse maligne. "Attacked by an angel" et "Born in Blood" ont mâché du Tool et du grunge, elles vous hantent comme une faux de Mort avançant en nageoire de requin dans les draps, et cette lamentation crissante de la dernière vous infestera les synapses pire qu'une maladie de Lyme sortie d'une tique revêche. "Son of Man" renvoie autant à Steve Albini qu'à Oliver Chesler. Today is The Day peut grignoter toute influence, la recracher en pur TITD, en faisant comme s'il était l'influence de l'influence en question. TITD c'est comme la digestion, processus auquel on ne prête même plus attention, alors que c'est abominable, pire qu'Alien, et que c'est en nous, tous les jours. Tout ces sucs, qui mangent tout ce qu'on ingère. Ignoble, mais nécessaire. Tel l'esprit de cette musique, corrodée au dernier degré, jusqu'à être l'os d'une vérité. Sa vérité. Si vous me croyez pas vous avez qu'à écouter "Cocobolo" et sa basse plus sensuelle que du Morphine, "OJ Kush" et sa verticalité industrielle, "Mercy" et son groove - ouais, groove - délicieusement infect, ou la ballade "Callie", vraie et intime comme du Smog, avec cette voix à la Troggs qui vous lamine le karma... Ou mieux, "Mexico". Vous y sentirez le sous-sol d'où l'a enregistrée Steve, dans chaque note, dans ce riff aussi évident qu'une cerne, ou qu'une corne. Morceau infesté. Album lézardé. À inscrire dans les trois TITD indispensables, avec le sans titre et Temple of The Morning Star (Sadness Will Prevail est hors-concours) - et rien à foutre si je surnote : cet album m'a touché, comme rarement. Grand disque - au moins 1m91 à vue de nez en sang - aussi épineux que suave, dans lequel le chant de méduse figeant sa proie pour mieux lui ronger l'âme est un spectacle particulier. Quel poison, quelle émotion, quel maléfice... Le chant clair rare mais notoire, qui fait que je lui trouve encore des accointances avec un certain krautrock, n'y est pas étranger. Austin n'a pas non plus peur de faire dans le mono-riff neo-hard ("Burn in Hell"), il pourra toujours, même d'un matériau aussi minimal et d'apparence trivial, extraire son nectar de vice, voire vous donner la sensation qu'il enquille des tubes, des standards, juste des putains de chansons de Today is The Day. Saleté. Steve peut encore, avec sa furie aigrelette et son spleen en échardes, vous ruminer du Sabbath comme lui seul sait le faire ("You're All Gonna Die"), vous évoquer une forme dépravée, défigurée façon Brundle-Mouche, de tout un pan du rock, allant du glam au doom, du metal au hardcore. Et suer de sa mystique, aussi sensuellement terne que pourrie de lumière.

note       Publiée le lundi 14 mars 2022

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