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Today Is The Day › Sadness Will Prevail

2cd | 30 titres | 145:06 min

  • X
  • 1 Maggots And Riots [02:58]
  • 2 Criminal [04:40]
  • 3 Distortion Of Nature [02:45]
  • 4 Crooked [02:59]
  • 5 Butterflies [03:07]
  • 6 Unearthed [03:16]
  • 7 The Descent [04:59]
  • 8 Death Requiem [04:17]
  • 9 Christianized Magick [05:24]
  • 10 Voice Of Reason: Vicious Barker [02:20]
  • 11 Face After The Shot [04:09]
  • 12 The Ivory Of Self-Hate [03:40]
  • 13 The Nailing [05:35]
  • 14 Mistake [03:35]
  • 15 Invincible [07:30]
  • 16 Aurora [03:02]
  • 17 Sadness Will Prevail [08:04]
  • Y
  • 18 Myriad [06:09]
  • 19 Spaceship [01:54]
  • 20 Flowers Made Of Flesh [03:21]
  • 21 Your Life Is Over [04:31]
  • 22 Control The Media [06:39]
  • 23 Vivicide [02:33]
  • 24 Miasma [01:01]
  • 25 Times Of Pain [04:02]
  • 26 Breadwinner [01:20]
  • 27 Friend [02:08]
  • 28 Never Answer The Phone [23:15]
  • 29 I Live To See You Smile [04:28]
  • 30 Sadness Will Prevail Theme [11:25]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit, enregistré, édité, mixé et masterisé par Steve Austin à Austin Enterprise, Clinton, Massachusetts (décembre 1999-avril 2002).

line up

Steve Austin (voix, guitare, samples, piano, claviers, basse), Chris Debari (basse, guitare), Marshall Kilpatric (percussions).

Musiciens additionnels : Kris Force (violon, violon électrique), Jackie Gratz (violoncelle électrique), Seth Putnam (voix), Mark Morton (guitare).

remarques

Sorti sous format double CD. Réédité par Relapse en 2005 dans une édition incluant également 'Kiss the Pig'. Peut être acheté sous la forme de fichiers téléchargeables sur le bandcamp du groupe : https://todayistheday.bandcamp.com/album/sadness-will-prevail

chronique

Après son entrée chez Relapse avec un « Temple of the Morning Star » ayant entamé grand durcissement du propos puis ce « In the Eyes of God » comme un pré-Mastodon dextre, tentaculaire et assez mignon si on l’isole du reste de la discographie de Steve Austin, il y a… ça. Et ça, c’est quoi ? Ben c’est un peu comme ça avec un c cédille majuscule, vous voyez le clown araignée démon etc. du roman de Stephen King ? Tiens d’ailleurs les augures me disent que le Steve ne se trouve plus au Tennessee mais vit aujourd'hui dans le Maine. Coïncidence ? Ai-je déjà eu peur en écoutant un modem 56k lancer un accès AOL ? Ce n’est pas le logo de Black Flag sur la pochette type Power Electronics là ? Alors, déjà, la pochette. Il y a peut-être les crédits écrits dans le livret mais tout est balancé en rouge sur orange, c’est compliqué à lire, en filigrane une vue de la terre depuis une lune qui ressemble à la planète Mars. OK. J’veux pas le savoir de toute façon. L’objet se trouve donc ouvert sous nos yeux : deux disques (!). Alors on se dit, « Deux heures de Mastodon avec la voix de gobelin du Steve euh… » et on met le premier dixe, intitulé sobrement « X », le deuxième s’intitulant « Y » car, je ne sais pas si vous aviez remarqué mais Today is the Day c’est un groupe de mecs… enfin, d’un mec et de ses deux esclaves, lequel maître saura marier les plaisirs des sens avec des mains plus ou moins différentes venues de scènes pas forcément identiques. Et tout de suite on se dit « ah oui, il a changé de personnel »… enfin… ici, c’est encore plus du Austin solo qu’on va écouter, son accompagnement étant bien moins envahissant que sur le bébé Mastodon précédent, livrant ici une dépression bidisquaire, et il fait ce qu’il veut, c’est lui qui enregistre, dans son studio, il a tout le temps devant lui, et il va s’entourer d’un groupe où l’on retrouvera notamment le bassiste Chris Debari qui aura une présence relativement longue auprès du Patron et de plusieurs intervenants (Jackie Gratz et Kris Force aux cordes, Wrest et Seth Putnam aux… glaires / bruits ou le guitariste de Lamb of God. Euh… hein ? Bref.). Ce disque est donc celui qui sent le plus la préparation, la maniaquerie, les moyens aussi, et dans ce magma saturé, ce paquet d’impulsions électriques toutes barbouillées de sang nous écouterons deux heures de *chansons* tailladées sans transition et sans ménagement pour votre petit cœur, un mélange improbable de musique foraine de l’enfer, de gargouillis de fonds de lavabo, de samples incompréhensibles citant des papas perdus pour la Patrie de la Communauté Humaine, de violons et violoncelles donc, du synthé moche, de la grosse guitare, de la petite aussi. Vous rajoutez à cela de la foule pas contente, des bruits d’agonie, du gros metal qui tache la robe de maman empaillée dans la cuisine, des ballades sirupeuses et flippantes parlant de négligence de soi, de haine aveugle et d’hypnose par le vide, en somme nous avons à l’oeuvre ici une bataille sans fin contre les parasites ayant envahi la tête du désormais définitivement pas cool et amorphe Steve Austin. En parlant de « mélange », je suis obligé de donner un petit avertissement comme dans les notices de médocs : Sadness Will Prevail c’est l’équivalent de Pikachu pour les épileptiques sauf qu’ici la cible seraient les cardiaques ou les fous qui auraient fait l’erreur de manger des choses toxiques avant écoute. Ne faites pas ça… à jeun c’est déjà trop compliqué. Donc, euh, ah… non. Ne faites pas ça. Car les morceaux estampillés « metal » au milieu de ce foutoir, déjà, partent tous comme des trombes, et sont tous sans exceptions hoquetants, pleins de syncopes, maniaques… même au bout d’un moment on ne sait plus ce qu’on préfère. C’est quoi le mieux ? Les interludes nawak avec Austin qui beugle comme un veau, et derrière des trucs qui se passent - du piano, des chanteuses lyriques en rupture, des bidules électroniques, des discours passés à la moulinette, des vagues de chimes à la Death in June, du bruit, des discours absurdes, des boucles de hurlantes qui n’en finissent plus de faire de la soupe pour l’inconscient ? Ou bien ces chansons grind death noise core romantico schizo auxquelles on va s’accrocher en tremblant à l’idée qu’on va se retaper ensuite dix minutes d’égorgements de porcs à la sauce sudiste ? Et le pire du pire du plus moins bien msieurs dames, c’est que j’ai découvert le groupe avec cet album, enfin avec son « single » (mouahahahaha !), « The Descent » que j’avais pu écouter sur une compilation Relapse ou un sampler Rock Sound, je sais plus… ce son décadent je l’ai attrapé de suite dans l’oreille, littéralement décadent, il y a tout qui se fait la malle et se casse la gueule, c’est la ruine… ah, cette ambiance de salle fumeur en quartier sécurisé… ce fut ma première porte d’entrée dans le corridor froid de l’esprit ma foi bien hébéphrénique de notre Stevo, le son que j’ai recherché dans le tas de morceaux de sa carrière, celui qui fait que je n’ai pas réussi à bien apprécier les premiers albums chez Amphetamine Reptile… Today is the Day c’est aujourd’hui, c’est maintenant, c’est le point de patinage dans la boue, c’est cette grosse guitare, ces gros coups de batterie de débile, ce sont ces potards tous à fond, ces tifos de néo-nazis clodos, cette voix ridiculement aiguë, mangée avec les dents, aboyée comme un chien de garde ou affreusement grave, tellement pas raccord avec la dégaine du gars, tout autiste, grimaçant et constipé… OK. Après ces deux heures de fracas qu’est ce qui reste à dire ? Eh bien que 1) Steve Austin est un super songwriter. Je vous parlais de « The Descent », c’est un hit. Bon, écoutez le pas trop fort quand même, vous risqueriez une assignation à résidence. Car c’est de la musique suspecte. Quant à « Never Answer the Phone », ça vous fera lire ou relire le « Mépris » de Moravia d’une manière neuve, fraîche, pimpante, joyeuse, tournicoti, tournicoton. 2) Steve Austin est un super musicien et un super guitariste, capable de nous balancer des variations de Bach, des ballades qui pleurent ou des tubes qui dégueulent. Et qui tuent aussi. Des comptines à la Coil. Des incantations à la Jim Morrison. Des ballades à la Megadeth. Des killer tounes grind noise propre à lui. Des pièces radiophoniques poignantes. Ou des cris d’angoisse, et parfois tout cela dans la même chanson. Comme qui dirait qu’un jour Steve se trouva à la croisée des chemins tel un Robert Johnson tout blanc bec et malade : il aurait pu être un besogneux de studio, être un chanteur de country, monter son groupe de death, de black, de dark ambient, de PE, il aurait pu se la jouer dans un groupe de Hair Metal ou bien créer Today is the Day… 3) Cet album c’est un peu son White Album, non seulement parce que c’est un double album et qu’il est blanc, mais aussi parce que je crois que c’est le seul où il a vraiment poussé l’expérimentation aussi loin, dans tous les sens, c’est l’album où il s’est épuisé, il n’y a pas d’autre mot. Ce disque est épuisé… sorte de Tom Waits éventré par Burmese, une espèce de monstre sur laquelle on aurait foutu la tête de Jeff Walker, fourré les tripes de Michael Gira et planté les pattes velues d’un légionnaire embastillé pour violences et qui ne saurait s’exprimer autrement qu’en vomissant des débilités agressives, s’évanouissant au bout d’une heure d’éructations pour ronfler une demi-heure et repartir de plus belle. *Ceci* n’est donc pas empathique, ceci est sociopathe, sans affects, même si parfois on se dit « oui il souffre » ou « oui il est quand même un peu méchant, ou triste, ou nostalgique » eh bien je crois que non. Je crois que le Steve Austin de « Sadness Will Prevail » n’a pas de sentiments, je crois que sur ce disque en tout cas il fait tout pour nous le démontrer, tout est relatif, la joie la haine, la tristesse, enfin la tristesse des autres, voilà. « Satan rigole dans un coin tout en déployant ses ailes » me dit mon téléphone qui ressemble de plus en plus à celui du présentateur de Téléchat... Comme dans mon ressenti du double des Beatles, mais aussi dans pas mal de doubles albums que je m’envoie chaque année bissextile l’écoute est parfois, quand même, un peu longuette, notamment dans « Y » qui au bout d’un moment, faute au temps qui passe, inspire un peu le même ennui déprimé de ces petits matins où rien n'arrive et qu’on ne se sent pas bien, expire cette abstraction qui nous prend à la gorge quand on se retrouve seul à écouter un psychotique se « plaindre » ou mimer ces sentiments, qui marmonne et part ensuite dans des monologues, tapote sur son piano, gueule dans son micro. Ceci est donc un disque difficile, compliqué, ça suinte l’industrie et la chimie, les expériences pas utiles, pas éthiques, c’est brutal, exigeant, labyrinthique, et quelques fois, donc, un peu plombant, c’est plein, puis tout creux, c’est une succession d’Anapurnas de folie destructrice et de Fosses Mariannes cafardeuse ou cosmiques. Pas positif, kaléidoscopique, insultant, guttural, strident, crépitant, ces longues minutes d’austineries relèvent d’un long bad trip comme on n’en fait pas souvent… « Sadness Will Prevail » est donc la grosse difficulté de la discographie de Steve Austin, une sorte de col de la Croix de Fer version XXYL… le suivant « Kiss the Pig » étant le « Mini-Moi » de ce double-album, où l’on enlèvera tout le gras de la créature pour n’en garder que les os, la quéquette, les blast beats, la répétitivité et la voix de po-po-po-po…porcinet. En tout cas, ce SWP, je ne me l’enfile pas tous les jours, peut-être parce que c’est un bon vin ou une bonne amanite tue-mouches… alors, pour trancher, on dirait que ce disque est un peu comme… du vin de champignon ? De la moisissure de tonneau ? De la croûte de vie ? Du « boudin d’information » ? Du 4 qui se fait 5 boules ? Allez, parfois même 6, c’est selon la date, l’heure, et l’envie… ça reste quand même une belle fourchette pour tous les amateurs de disques exigeants.

note       Publiée le lundi 14 mars 2016

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E. Jumbo › mercredi 20 novembre 2019 - 15:29  message privé !

Quasi-instantanément devenu mon album préféré, ça faisait une éternité que j'avais pas vécu un tel choc musical. Pour quelque chose d'aussi long et éprouvant, je l'écoute tout le temps... Alors évidemment ça s'écoute pas vraiment quand le soleil brille et qu'on se sent guilleret, mais pour quelque chose d'aussi maladif et misanthrope, ça m'aide pas mal quand j'ai le cafard, j'ai l'impression d'être comme la femme dans la pochette, sauf que ça va un peu mieux après. Vraiment incroyable cet album.

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Rastignac › mercredi 4 septembre 2019 - 22:16  message privé !
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Pendant longtemps, il n'y a eu que le Willpower de chroniqué, oui. D'emblée (j'ai découvert cet album à sa sortie en gros), après avoir été obnubilé par la pochette, j'ai plutôt subi le gros malaise que la fascination ; on va dire 75% répulsion 25% attraction. Traumatisant comme m'a pu être la réception de Grief ou le "Swans are Dead" (tout ça à peu près au même moment d'ailleurs). Chez les petites natures comme moi faut que ça décante ce genre de gros machin.

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E. Jumbo › mercredi 4 septembre 2019 - 21:44  message privé !

Y a quand même peu d'avis et de commentaires (et Guts a existé seize ans sans que cet album soit chroniqué !?), mais en effet l'accueil est pas si tiède (contrairement à d'autres sites). C'est sûr que faut se l'enfiler, mais je le trouve franchement fascinant d'entrée de jeu, entre la diversité sonore avec tout ce bordel d'interludes, de passages noise et de passages quasi-new age, ces innombrables riffs implacables et les tripes que balance Steve au micro à chaque seconde. Putain, "Never Answer The Phone", entre les samples dérangeants et les riffs dans la gueule comme des immeubles qui s'écroulent, c'est quelque chose.

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Raven › mercredi 4 septembre 2019 - 17:23  message privé !
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Bah tu l'as dit à la fin de ta chro, je vois pas trop quelle tiédeur Jumbo y perçoit du coup (ou alors j'ai mal compris son com) : "du 4, qui peut être des fois 5 ou 6 boules" , avec les Anapurnas et fosses Marianne et le kaléidoscopo-labyrinthique et j'en passe, ça insiste assez sur l'aspect extrême / climax - à sa façon éparpillée - de la disco, et je m'y retrouve, autant qu'avec l'histoire d'attention, humeur du moment, proximité. Même si pour cette histoire d'approche de la bête, je recommanderais presque l'écoute en fond sonore pour le premier contact, en tout cas c'est comme ça que son aura m'a saisi : en le laissant tourner comme ça (un peu comme avec les scutigères), par ex en m'endormant sur le premier ou second disque dans l'amas de pics de graphite et d'aiguilles, et me levant ensuqué, kéblo-figé sur un passage calme type mélodie de piano cafardeuse de chez cafardeuse ou myriade de sons cristallins ultra-occulte avec un vieux riff tout momifié qui tournoie par-dessus... L'effet Sadness Will Prevail. Je dois avouer que je l'ai jamais écouté en entier au casque, ceci dit. Faudrait se prendre en photo avant et après.

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Rastignac › mercredi 4 septembre 2019 - 16:52  message privé !
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PS : et n'oubliez pas la première ligne de la chronique : 145:06 min

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