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Today Is The Day › Kiss The Pig

cd • 11 titres • 36:32 min

  • 1Why They Hate Us03:36
  • 2Kiss The Pig02:01
  • 3Mother's Ruin02:27
  • 4This Machine Kills Fascists02:46
  • 5Outland01:41
  • 6Don't Tread On Hope02:26
  • 7Sympathy Junky00:45
  • 8Platinum Pussy04:44
  • 9Train Train00:40
  • 10Bee's Wax And Star Wars03:14
  • 11Birthright12:13

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré, mixé et masteriés à Austin Enterprise, Clinton, Massachusetts, décembre 2003.

line up

Steve Austin (voix, guitare, sampler), Chris Debari (basse, voix), Mike Rosswog (batterie).

remarques

Sorti sous forme cd et vinyle (Rococo Records / Relapse Records).

chronique

Vous aviez trouvé « Sadness Will Prevail » trop long, alambiqué, trop rempli d’éléments superflus ? Eh bien pépé Steve vous a entendu. Il vous sort donc un album quatre fois moins long et trois fois plus rapide. Nouvelle équipe, enfin nouveau batteur, celui de Circle of Dead Children, du genre à pas faire dans le cool jazz mais plutôt dans le blast beat rageux. Alors, si vous n’aimez pas les plan de batterie à tempo rapide, fuyez. Si vous ne supportiez pas cette voix suraigüe qu’Austin a déjà bien employé sur « Sadness Will Prevail », fuyez un peu plus ! Si pour vous Today is the Day c’est du noise rock torturé, ou si c’est de la musique électronique zarbo-angoissante, enterrez-vous loin de ce disque. Pour les autres : ce disque c’est la haine OK ? Version grindcore, noise core, encore, bête, bourrin, rétif, érectile. C’est cette envie d’empoigner le marteau du père et les aiguilles de la mère, de sortir dans la rue et de taper sur tous les gens que vous rencontrerez. C’est la paranoïa rageuse, genre « je me ferai pas avoir moi, j’ai déjà acheté des armes, j’ai des réserves, j’ai des contacts en Corrèze ». Ouvrez encore le livret : non, ce ne sont pas des armes de paint ball, c’est l’arsenal de pépé, et il attend dans la cabane de jardin que l’ENNEMI se dévoile dans toute sa laideur, il fume des Marlboro, et il boit, et il tient avec les cachets pour ne pas trop dormir, parce qu’un homme qui dort c’est un homme mort comme dirait Monsieur Samouraille. Ce disque c’est le rush de l’angoisse avant attaque hypothétique. C’est l’expresso du sentiment d’insécurité exprimé à fond la caisse, le discours se plaçant entre la xénophobie et la misanthropie, il est 21 heures, c’est post-2001, c’est pré-l’enfer feutré qu’on vit aujourd’hui, il reste quatre heures de train, le quai est rempli de brume, on est assis sur ce banc de gare de transition, je sors le discman et pour la première fois j’écoute cet album seul mais en compagnie, en transport, en commun, et tout devient… plus simple. Les flammes sortent des oreilles, les dents crissent, et un sentiment de puissance faisandée s’empare de la vision, comme l’impression d’être le dernier des Mohicans : grâce à cette rythmique aliénante, ces riffs comme des placages tongiens et cette voix monotone, folle, et misérable, avec comme issue souhaitée un vide général pour enfin être seul comme le myope haineux dans cet épisode de « The Twilight Zone ». La solitude c’est la sécurité c’est la liberté. Peut-être le premier album de Today Is the Day véritablement estampillé 80 % metal de l’extrême, ce « Kiss the Pig » est celui où, bêtement, vous sentirez que le discours complètement cintré de notre Steve faisant prêter allégeance à l’Amérique pour défendre son biftek à la fin du disque est peut-être l’incarnation la plus éclatante de l’homme occidental médiatisé en ce début de millénaire : droit dans ses bottes, aveuglé par la violence, fier de soi et de son jardin tout blanc, ayant dorénavant comme religion un fétichisme accompli, des torrents de bites turgescentes poussant dans les débris de l’humanisme, dans les fusils mitrailleurs, les bagnoles, les costumes des gouvernants, les toits des bunkers, dans le sourire mielleux du bon flic, perdu dans le regard vidé de Steve Austin. « Honor, strength, truth, courage. ’Til DEATH »… cet hymne final précède le retour de l’amour douceâtre se noyant dans les champs de colza comme dirait l’autre, avec une dernière rengaine Yves Duteil, toute mignonne, clôturant l'album, introduite par un gloussement d’enfant… allez, ce n’est qu’un rêve. Non ? Pfff…

note       Publiée le lundi 14 mars 2016

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chronique

Styles
metal extrême
Styles personnels
à gerber

"Si peu d'amour avec tellement de bruit", ainsi l'avait formulé le pâtre... et cela décrit assez bien le groupe de Nashville-Tennessee qui nous préoccupe. Du bruit, sur Kiss The Pig, y en a plus encore que sur tous les autres Today Is The Day. Y a même presque que de ça, une brutalité sonore sans interruption. Steve Austin sort les armes au sens propre comme au figuré. Il a traversé sa phase à capuche noire pour cérémonies sataniques, il est désormais dans sa phase à cagoule noire pour hold-up ou attentat...et il l'a mauvaise. Bon...c'est vrai qu'il l'a toujours mauvaise, Austin, alors ça ne va pas vous aider si vous connaissez pas encore très bien la discographie de Today Is The Day... Et si je vous dis que malgré l'intitulé, les "compositions" de Kiss The Pig évoquent plus Daech par un lundi matin pluvieux, que "Big Bisou" de Carlos (la truie, pas le terroriste) ?... Non, je pense que ça ne vous aidera pas beaucoup plus... Je me contenterai donc d'approuver, en appuyant encore plus sur le côté Désagréable que grind ou death-métalleux, survivaliste commando, fétichiste monomaniaque, et comme Rastignac n'a pu donner qu'une des trois seules notes réellement attribuables à Kiss The Pig, je donne celle du milieu, qui n'en est pas une. Parce que j'sais pas si j'l'aime ou si j'le déteste ce disque de salopard, parce que je m'inflige sa charge dégueulasse nauséeuse, encore plus difficilement que Sadness qui est pourtant de quadruple gabarit. Kiss The Pig est cet album "maximum d'énergie en un minimum de temps" de Today, celui qui vrille le cerveau (tel ce "Junky" de la septième piste, pas du tout sympathique), celui qui n'a de passage agréable que ses ultimes notes, celui qui claque son muffle sanglant sur les baffles et corrige avec ultraviolence après la menace diabolique de sa pochette - assez sublime de magnétisme tant qu'on y est. Politiquement je n'en rajouterai pas davantage - la politique sur celui-ci est un cumul des mandales, de branlées successives compactées-serrées. Une demie-heure de passage à tabac sonore d'un tenant, soit une approche diamétralement opposée à celle de Sadness Will Prevail. Rien d'étonnant à ce que Kiss The Pig soit encore l'un des plus mal-aimés du groupe : tout ici est fait pour rebuter au maximum, la phase dépressive a été surmontée, et désormais Today Is The Day n'est qu'agression pure. Aujourd'hui, est Le Jour...de ne plus tourner le canon vers soi mais vers l'autre. Steve Austin a eu ses phases, plus ou moins satanique, christique, scientifique... Voici la phase terroriste. Du début à la fin de Kiss The Pig, c'est la nausée, le mal de tête, et le goût de fer - donc le goût du sang. Mono-bloc migraineux, riffs déchiquetés en lambeaux épars. L'album qui n'a rien d'arty, d'expé, d'"accrocheur" (même si la rythmique pogo-loboto-headbangatoirissime de "This Machine Kills Fascists" me transforme en pic-vert simiesque), juste du sample d'abattoir encore plus moche que dans Supernova, du sample militaire (canardage). La voix de Steve n'a jamais été aussi cartoonesque et fanatique, et le ridicule de cet énième auto-exorcisme est transcendé par la bourrinerie la plus obtuse et difforme, l'ambiance se fondant dans la matière du son pour ne faire qu'un seul rostre, qui transperce sans relâche et souille le moindre espace neuronal vierge, jusqu'au final quasi-sludge qui nous délivre de ces hélices qui nous hachent depuis une demi-heure...en asphyxiant lentement...avant de nous rentrer dans le lard dans une ultime charge, et enfin se terminer en banale instru de guitare sèche. Comme si c'était juste achever l'enregistrement d'un disque de hippie pour ces cinglés.

note       Publiée le lundi 14 mars 2016

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Note moyenne        8 votes

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blub › mercredi 16 mars 2016 - 10:48  message privé !

Acheté a la Fnuc par hazard a sa sortie, mon premier TITD, mais surtout l'album GRIND de Steve (This Machine Kills Fascists c'est pas un tube, c'est un hymne) parfaite mandale pour contrebalancé son Sadness Will Prevail psyché/prog! pur défouloir jouissif, il reste mon préféré aprés Temple Of The Morning Star!

Note donnée au disque :       
born to gulo › lundi 14 mars 2016 - 08:03  message privé !

Le Mal.

Note donnée au disque :