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Today Is The Day › Temple of The Morning Star

cd • 17 titres • 57:09 min

  • 1Temple Of The Morning Star (Acoustic)
  • 2The Man Who Loves To Hurt Himself
  • 3Blindspot
  • 4High As The Sky
  • 5Miracle
  • 6Kill Yourself
  • 7Mankind
  • 8Pinnacle
  • 9Crutch
  • 10Root Of All Evil
  • 11Satan Is Alive
  • 12Rabid Lassie
  • 13Friend For Life
  • 14My Life With You
  • 15I See You
  • 16Hermaphrodite
  • 17Temple Of The Morning Star / Sabbath Bloody Sabbath

extraits vidéo

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line up

Steve Austin (voix, guitare, sampler), Chris Reeser (basse), Mike Hyde (percussions).

remarques

chronique

Styles
post-hardcore
metal extrême
Styles personnels
late xxth century schizoid man

Une nature joviale que ce Steve Austin. Portant le même nom que l'Homme qui valait 3 Milliards, la même tronche que Francis Huster et la même fascination des armes que... beaucoup trop de monde. Temple of The Morning Star commence par une ballade folk chantée d'une voix éteinte par le type qui nous avait laissé les yeux injectés de sang à la fin du disque précédent, violeur potentiel et pervers avant tout auto-destructeur. "I can't be what you want me to be, I am dead".
Même la logique, cette peu exigeante compagne, fuit désormais le soldat Austin. Vétéran traumatisé de la guerre contre soi... "I feel ashamed, left out", commence-t-il sur "The Root Of All Evil"... Ici, on descend un cran dans l'introspection. Plus psychologique que seulement torturés, les textes d'Austin montrent ici une autre facette, même si la forme reste la même : Le sang chaud et les veines gonflées, prompt au coup de rangers. Rien n'a changé, c'est toujours la même descente aux enfers filmée par William Friedkin, et pourtant... Temple of The Morning Star est l'opus le plus accessible du groupe, parvenant même à secréter parfois un groove assez terrible, tel le bien nommé "Pinnacle", qui calmerait les ardeurs de tous les Geto Boys et Kickback des terres émergées, et qui se passe de commentaire superflu. Même punition sur la reprise de Black Sabbath (contre-emploi, et une des meilleures reprises du Sab), purge monumentale où Austin se révèle très bon dans le registre mélodique. Cohérence impeccable avec le reste du disque, c'est un morceau sur la paranoïa et Austin l'incarne avec un premier degré qui coupe la chique. Dans l'ensemble, même si le disque prend son temps et casse sans cesse le rythme par des samples et interludes malades, le groupe reste dépositaire d'une forme de "groove" qui hypnotise, tangue et ne lâche pas si facilement, encore et toujours parce qu'on ne comprend rien à cette dynamique, en rupture avec tous les autres groupes de -core et apparentés. C'est la différence d'avec la cohorte de groupes de hardcore chaotique (ou metalcore première époque ? j'avoue avoir du mal avec les genre en -core, qui ont presque tous viré au vinaigre à la fin des 90's) comme Kiss It Goodbye, où même les coups de coude et genoux semblent presque prévisibles à côté de l'art Steve Austinien. ça et la voix, personne n'ayant le timbre aigu et naturellement outrancier (sans avoir l'air de forcer, différence d'avec 90% du hardcore) de Steve Austin, qui plus est enrobé d'effets. Rorschach, groupe pré-Kiss It Goodbye, s'en rapproche déjà plus. Mais l'arsenal sonore de Today Is The Day est déjà loin du punk. Grosse production pour le cinglé pestiféré... Si ça n'est pas une preuve de la décadence des 90's, désormais sur la pente moribonde... "Nothing Is Sacred", lâche dans un souffle le tueur à la fin de "My Life With You". Tu l'as dit, meurtri. Et dire que ça a été signé par Relapse. Reconnaissons une chose aux Américains de cette époque : ils n'avaient pas peur de donner des moyens aux forcenés, aux terroristes et autres psychopathes armés et dangereux qui se retourneraient contre le monde entier à la première occasion.

note       Publiée le lundi 14 mars 2016

chronique

Styles
metal extrême
noise rock
grunge
Styles personnels
lucifer = réalité

Dès l'introduction plaintive et rituelle aussi immédiatement collante que l'ambiance d'un Rosemary's Baby ou d'un Kill List, j'ai su que ce Today Is The Day serait un coup de cœur. J'étais aimanté sans pouvoir lutter, autant que la semence convergeant vers ce pentagramme. Car même dans les moments les plus grand-guignol qui feraient rire venant de n'importe qui d'autre - "Pinnacle" - ce cinglé de Steve Austin impose le respect ; sa musique a ce quelque chose de pas vraiment Tennessee, cette odeur de terreur, difficile à exprimer mais qui se ressent immédiatement. Si j'en crois le livret de la réédition avec son autobiographie plus révélatrice que n'importe quelle chronique le sera jamais (j'ai même pensé la traduire pour la foutre à la place de la chro, mais en fait démerdez-vous), Steve traversait la période la plus pourrie de son existence quand il s'est attelé à l'enregistrement de ce Temple. Fauché, isolé dans son taudis de Nashville, sans copine et sans amis, en fait sans personne à qui se confier, et cerise sur le gâteau de merde existentiel : son papa venait tout juste de se tuer en voiture. Quand on connaît déjà l'humeur de base de Steve, on imagine que c'était de la part de Dieu (qui est autant considéré par Steve que par Robert Smith), un peu comme jeter de la flotte sur un gremlin... Et ce qui sort cette fois, plutôt que davantage de violence - y en a juste tout autant hein - c'est davantage de larmes, acides bien sûr, et des morceaux comme autant de bubons qui explosent l'un après l'autre pour empuantir davantage l'atmosphère et l'humeur... Entre les lignes de feu qui lézardent en tous sens sur Temple, on ressent effectivement un spleen, assez tenace, sans avoir besoin de connaître le contexte, alors que la musique répond toujours aux arithmétiques de Satan et du Roi Pourpre (les puristes vous diront que le passage sur Relapse signe la fin de l'ère noise et le début du metal mais c'est pas aussi tranché, enfin si vous connaissez beaucoup d'albums metal qui ressemblent à ce disque faites toujours signe). Il y a l'odeur d'une époque en pleine décomposition dans Temple, celle de 1997, celle du grunge mort qui a laissé place à une nouvelle génération de poseurs que Steve abhorre, parce que Steve n'aime pas grand monde dans le rock business, mais ce qu'il déteste le plus c'est les poseurs. Alors quand dans un de ses accès orduriers aussi finement rédigés que du Costes il hurle qu'il va enculer ta femme, c'est à prendre comme le SOS d'un terrien en détresse, qui veut haïr, souffrir, sans limites, atteindre l'Etoile du Matin (a.k.a. Le Porteur de Lumière, mais vous le saviez bien sûr déjà)... Parce que ce Today Is The Day est aussi excessif que les autres mais surtout ultra-sincère, hautement émotionnel, avec son stock de morceaux purement rentre-dedans (les plus courts étant parfois les plus marquants), mais surtout des passages parmi les plus mentalement collants jamais enregistrés par Austin, et une ambiance cafardeuse qui va resurgir au moment où on ne l'attend plus (sublime "Root of all evil"). Une pure merveille à ce niveau. Si vous cherchez un Today Is The Day aussi envoûtant que violent, un qui soit parfait pour vous initier, et qui tout en vous infligeant la plus tenace des sinistroses vous tient par la mâchoire pour vous relever la tête de force et affronter la suite du film grandeur nature : c'est celui-ci en premier... Quant à la reprise de "Sabbath Bloody Sabbath" en bonus, elle pourrait sembler quelque peu incongrue pour qui ne prête pas attention aux paroles - d'autant plus que la reprise est très fidèle, presque juvénile...mais non. Steve Austin a toujours joué cartes sur table. Cette fois-ci, c'est rien de moins que sa survie qui était en jeu. Et le résultat est d'une beauté atroce.

note       Publiée le lundi 14 mars 2016

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notes

Note moyenne        13 votes

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E. Jumbo › jeudi 25 juillet 2019 - 23:54  message privé !

Willpower est un tel condensé de violence et d'émotion que cet album beaucoup plus long et bordélique m'a pas mal décontenancé au début. Y a à peu près autant de violence (et sûrement encore plus d'émotion), mais étalées sur une durée quasiment double, sans parler des interludes expérimentaux, que forcément, ça change. Mais y a l'air d'avoir de sacrés putains de moment aussi et le style rance et poisseux finit par prendre aux tripes.

Damodafoca › lundi 11 septembre 2017 - 12:11  message privé !

Bon, TITD, leurs grands disques sont loin derrière maintenant, et puis ça n'a jamais été facile, même pour la scène extrême. Sadness will prevail, l'album qui a oublié de mixé les basses est une épreuve dingue. Ajoute à ça des performances scéniques aléatoires (y a 12 ans au batofar c'était fou, y a 9 a la maro c'était chiant) et les rumeurs/modes de vies autour/du groupe, et t'as la raison d'un succès tout relatif, FB included.

boumbastik › vendredi 8 septembre 2017 - 14:40  message privé !

Ah oui, quand même. A ce niveau de popularité/notoriété, ça tient du sacerdoce, voire du chemin de croix.

dimegoat › vendredi 8 septembre 2017 - 10:18  message privé !
Note donnée au disque :       
Dioneo › mercredi 6 septembre 2017 - 12:15  message privé !
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Et le lendemain au même endroit y'a Don Vito + La Confraternita del Purgatorio... En fait je pense qu'ils essayent de faire fuir leur public actuel (ou d'en faire du compost), ce bar !