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Replikas › Biz Burada Yok İken

cd | 11 titres | 42:50 min

  • 1 Aya Bak Yıldıza Bak [reprise de Haramiler] [3:13]
  • 2 Kaleden Kaleye Şahin Uçurdum [reprise de Moğollar] [2:26]
  • 3 Köprüden Geçti Gelin [reprise de Neşet Ertaş via Erkin Koray] [3:58]
  • 4 Hudey Hudey [reprise de Pir Sultan Abdal via Cem Karaca ve Apaşlar] [3:53]
  • 5 Kaşık Havası [reprise de Silûetler] [4:49]
  • 6 Bir Ayrılık, Bir Yoksulluk, Bir Ölüm [reprise de Karacaoğlan via Ersen ve Dadaşlar] [4:22]
  • 7 Ölüm Allahın Emri [reprise de Barış Manço ve Kurtalan Ekspres] [5:22]
  • 8 Çiçek Dağı [reprise de Erkin Koray] [2:34]
  • 9 Suya Giden Allı Gelin [reprise de Karacaoğlan via Cem Karaca ve Apaşlar] [3:27]
  • 10 Panayır Günü [reprise de Timur Selçuk Orkestrası] [3:58]
  • 11 Sür Efem Atını [reprise de Mazhar ve Fuat] [4:45]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Replikas & Metin Bozkurt. Enregistré aux studios Deneyevi (Mars-Avril 2011) & Peyoteyp (Avril - Août 2011).

line up

Orçun Baştürk, Barkın Engin, Burak Tamer, Gökçe Akçelik, Selçuk Artut

Musiciens additionnels : Cahit Berkay (yaylı tambur 7), Tunçay Korkmaz (harmonica 2), Ece Özey (chant 4, 9)

remarques

Artwork : Erden Özer Yalçınkaya.

chronique

Styles
rock
psychédélique
noise rock
Styles personnels
anatolian pop revisitée

Qui mieux que Replikas pour rendre hommage aux grands noms de l’anadolu pop ? Un des groupes les plus emblématiques du renouveau musical underground contemporain, avec BaBa ZuLa, qui se penche sur ceux qui avaient ouvert une voie bien singulière, inventé en quelque sorte la musique pop turque dans les années soixante, mélangeant les airs traditionnels et la poésie avec ce son venu de l’Occident. Programme alléchant. Avec une sélection de titres évocatrice d’un certain âge d’or, car si certains albums marquants sont sortis au milieu de la décennie suivante, c’est bien à la fin des sixties que bouillonnait une effervescence qui allait quelque peu s’épuiser quelques années plus tard. C’est donc surtout à la première génération d’innovateurs que les cinq de Replikas tirent leur chapeau, celle qui se pressait au concours Altın Microfon dans l’espoir de décrocher la gloire. Des titres emblématiques comme le surf-rock enfiévré « Kaşık Havası » des Siluetler, les Shadows turc en quelque sorte, ici tiré vers des recoins un peu plus tordus lors de soli angulaires typiques des seigneurs du noise-rock stambouliote; un « Aya Bak Yıldıza Bak » fidèle à l’original des Haramiler, gros rock beat aux accent de folk turc psyché, éruption de riffs de guitares complètement flinguées par le fuzz. Dans le même esprit, c’est la première mouture de Moğollar, celle où Aziz Azmet officiait comme chanteur, que Replikas reprend pour un morceau psyché et poussiéreux, avec cet harmonica western, voir d’ailleurs le clip très drôle qui illustre cette reprise, une version que Tarantino ne renierait pas. Bien sûr, tous les grands anciens sont là, encore avec des morceaux qui tiennent lieu de classiques : de Erkin Koray et ses fameux quators, l’infernale version de l’instrumental « Çiçek Dağı » poussée au maximum de sa puissance de cavalcade guitaristique, avec claviers ajoutant une couche vaporeuse, et le « Köprüden Geçti Gelin » de Neşet Ertaş lâché dans les affres de la distortion et du riff qui prend feu. En se plongeant dans la pop anatolienne originelle, les Replikas se frottent finalement plus au rock classique qu’ils ne l’ont jamais fait, leur reprise de « Hudey Hudey » de Cem Karaca & Apaşlar, accompagnés par la chanteuse Ece Özey, pourrait passer pour une version orientale et noisy des B52’s ! Autant dire que la collaboration secoue aussi méchamment sur « Suya Giden Allı Gelin », monstrueuse adaptation proto-punk d’un poème de Karacaoğlan, auteur du dix-septième siècle dont les vers ont également donné le titre de l’album en question, un des premiers gros succès de Karaca et son groupe d’apaches. Quand vient le tour du troisième grand nom incontournable, le génial Barış Manço, d’être représenté, c’est au son du yaylı tanbur de Cahit Berkay de Moğollar qui vient comme un vénérable filer un coup d’archet amical pour une interprétation dans le pur style Replikas de « Ölüm Allahın Emri », premier single du Kurtalan Ekspres. Moins lyrique, plus agressive, plus rectiligne dans son développement bruitiste tout comme l’est la seule incursion vraiment tardive dans la chronologie pour un single incroyable de Ersen. Replikas n’étant pas foncièrement groovy de nature, le funk-prog hallucinant de Dadaşlar est passé au filtre d’un post-punk abrasif aux arrangements néanmoins toujours soniquement expansifs. Jamais prévisible, les cinq résidents du club Peyote choisissent également un instrumental interprété alors par le groupe du compositeur Timur Selçuk, devenu générique télévisuel des programmes pour enfants sur la TRT ! De la library music chiadée qui se fond dans un noise-rock hypnotique. Pour clore cet hommage érudit, c’est au magistral album de Mazhar ve Fuat, sans doute le plus sous-estimé de toute cette discographie d’époque, qu’ils empruntent "Sür Efem Atını » et son inoubliable riff, un morceau qui, repris de la façon la plus fidèle qui soit, sonne étonnamment proche de ce qu’ont taché de produire Replikas pendant près de quinze ans. Soit, une grande rencontre. Pour qui aime la pop anatolienne et le rock turc underground contemporain, voilà une forme de synthèse parfaite.

note       Publiée le jeudi 29 juin 2017

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