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Replikas › Avaz

cd | 11 titres | 74:06 min

  • 1 Gece Kadar Rahatsız Etmiyor [2:50]
  • 2 İsimsizler [5:03]
  • 3 0-1 [5:42]
  • 4 Dayan [5:28]
  • 5 Bahar [6:03]
  • 6 Benden Yüksek [6:08]
  • 7 Ömür Sayacı [3:25]
  • 8 70 Apartman Dairesi [4:16]
  • 9 Deli Halayı II [5:27]
  • 10 Zift [5:26]
  • 11 Reddiye + piste cachée : Taş Var Köpek Yok [reprise de Bunalım] [25:06]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Wharton Tiers. Enregistré à Istanbul Technical University MIAM recording Studios (Février-Mars 2005)

line up

Orçun Baştürk, Barkın Engin, Erden Özer Yalçınkaya, Gökçe Akçelik, Selçuk Artut

Musiciens additionnels : Ahmet Altınel (arrangement de cordes 3, 7), Ceren Gürsoy & Nilay Karaduman (violons 3, 7), Erman Şayhan (violoncelle 3, 7), Edfal Altun (alto 3, 7), Kerem Aksoy (trompette 8), Berna Sağdıç (trombone 8), Ayşecan Olgun (piano 9)

chronique

Styles
indie rock
noise rock
krautrock
world music
Styles personnels
noise-rock anatolien

Changement d’altitude. One up. Pour leur troisième album, les Replikas ont un plan d’attaque. C’est au générique : Wharton Tiers à la prod, connexion Branca, Sonic Youth, du gros son sur la console; enregistrement aux fameux Studios MIAM de l’Université Technique d’Istanbul; signature sur le label emblématique des années deux-mille Doublemoon, celui de BaBa ZuLa et Mercan Dede, auprès de qui ils apparaissent dans le documentaire de Fatih Akın « Crossing the Bridge », jouant au club Peyote. Et puis un format plus accessible au premier abord, avec des vrais couplets-refrains, les voix en harmonies mises en avant, accrochage dès le premier morceau tout en racolage indie-rock. Mais sans rien abandonner de leur son, avec une remontée par palier vers du plus lourd : « İsimsizler », sur une rythmique électronique, relance la machine krautrock orientale et ses riffs fondus, envoyée dans l'accélérateur de particules sur « 0-1 » où l’hypnose noisy se fait chape impénétrable, où les cordes dissonantes d’Ahmet Altınel lancent des piques effrayantes, c’est le grand orchestre de la sublime et terrifiante machinerie expérimentale de Replikas dans toute sa splendeur. Chaque morceau est élaboré comme une équation à plusieurs inconnues, celle qui assure la tuerie systématique. Des chausses trappes comme cette intro acoustique qui vire à l’anatolian rock le plus envoutant, charmeur serpentin et batterie frénétique du refrain diabolique de « Dayan », avec petit pont joueur le temps de se rafraichir avant de revenir sur la piste de danse, les Replikas n’étant pas qu’un groupe cérébral d’étudiants en art. Des niveaux d’intensités multiples avec la même redoutable acuité, aussi brillants sur une magnifique et grave ballade de six minutes, « Bahar », que sur une intense complainte noise-pop avec cordes arabesques, « Ömür Sayacı », revisite boostée de l’album précédent, ou encore l’étonnant protéiforme « 70 Apartman Dairesi », force de frappe krautrock aux miasmes électroniques qui d’un coup groove en jazz-funk, cuivres lustrés contres guitares saturés et orgue à dangereux taux d’acidité. Avaz, c’est le genre d’album impossible où chaque morceau est susceptible d’être le meilleur, chaque piste transpire le classique en puissance. Et de fait le devient au fil des écoutes qui ne peuvent plus se passer de se repasser des tranches aussi consistantes que « Deli Halayı II » ou « Benden Yüksek », ces voix habités, ces ruptures instrumentales brutales, ces rythmiques qui font des pliages avec le cerveau et surtout ces mélodies élégantes qui ressortent toujours de la dense concoction pour insinuer leur puissance de familiarité dans l’esprit. Le tout avec une force de frappe démultipliée par la production de Tiers, un son millefeuille qui éclate en bouche. Et y a de quoi éclater avec ce final amené d’abord par un instrumental en crescendo noisy puis peut-être la plus belle pure chanson de l’album, « Reddiye », encore une fois signe que Replikas ne sont pas des expérimentateurs abscons mais savent avant tout composer des morceaux à la beauté contagieuse, toujours en harmonie vocales aériennes, avec coda grandiose. Mais alors, c’est quoi ce morceau caché qui dure près d’un quart d’heure, en piste « cachée » ? C’est quoi cette orgie de larsens et de saturation ahurissante ? C’est la salutation de Replikas au groupe culte des seventies, Bunalım, leur reprise de Taş Var Köpek Yok, bombe garage écrit par Cem Karaca. Y aurait besoin d’une colloque pour en discuter. Ca ne devrait pas être autorisé par la Convention. Bon courage. Quand les Replikas décident de flinguer leurs instruments, les amplis, la console, et tout le studios MIAM, miam-miam le noise-rock. Ouais, Avaz, c’est ciblé et ça touche en plein coeur.

note       Publiée le lundi 3 avril 2017

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