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Erkin Koray › Erkin Koray

cd | 20 titres | 68:49 min

  • 1 Mesafeler [3:40]
  • 2 Yeraltı Dörtlüsü - Aşkımız Bitecek [3:22]
  • 3 Süpergrup - Yağmur [3:41]
  • 4 Silinmeyen Hatıralar [4:11]
  • 5 Yeraltı Dörtlüsü - İstemem [poème de Ümit Yaşar Oğuzcan] [3:30]
  • 6 Erkin Koray Dörtlüsü - Çiçek Dağı [2:39]
  • 7 Yeraltı Dörtlüsü - Nihansın Dideden [adaptation de Hacı Faik Bey] [4:05]
  • 8 Yeraltı Dörtlüsü - Sana Birşeyler Olmuş [reprise de Chris Kenner] [3:09]
  • 9 Yeraltı Dörtlüsü - Seni Her Gördüğümde [3:23]
  • 10 Süpergrup - Aşka İnanmıyorum [3:24]
  • 11 Erkin Koray Dörtlüsü - Kızları Da Alın Askere [3:32]
  • 12 Erkin Koray Dörtlüsü - Anma Arkadaş [4:05]
  • Bonus tracks
  • 13 Yeraltı Dörtlüsü - Belki Birgun Anlarsin [2:34]
  • 14 Yeraltı Dörtlüsü - Köprüden Geçti Gelin [reprise de Neşet Ertaş] [2:51]
  • 15 Erkin Koray ve Haramiler - Yine Yalnızım [3:57]
  • 16 Yeraltı Dörtlüsü - Ilahi Morluk [3:33]
  • 17 Erkin Koray Dörtlüsü - Anadoluda Sevdim [3:20]
  • 18 Erkin Koray ve Ter - Zuleyha [3:14]
  • 19 Yeraltı Dörtlüsü - Gel Bak Ne Soylicem [3:33]
  • 20 Dost Aci Soyler [3:06]

extraits vidéo

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line up

Erkin Koray (guitares, chant, claviers)Sedat Avdikoğlu ((Sedat Avcı) batterie, percussions 2-3, 5-14, 16, 17, 19), Aydin Buyar Şencan (basse 2-3, 5, 7-10, 13, 14, 16, 19), Ataman Hakman (guitare rythmique 2, 5, 7-9, 13, 14, 16, 19), Taner Öngür (basse 6), Nihat Örerel (batterie 20), Tile Varlı (batterie 1, 4), Züyyin Özavar (basse 1, 4), Orhan Ünal (guitare rythmique 1, 4), Jerzy Ziembrowski (guitare rythmique 3, 10), Tuncer Dürüm (guitare rythmique 6, 11, 12, 17), Ziya Bakanay (basse 11, 12, 17), Asım Ekren (batterie 15), Uğur Dikmen (orgue 15), Oğuz Durukan (basse 15), Rauf Ülgün (basse 20)

Musiciens additionnels : Erkin Koray Ve Ter (18)

chronique

Styles
rock
psychédélique
garage
world music
Styles personnels
the anatolian rock

Erkin Baba. Le papa du rock turc. Si il ne devait en rester qu’un. Le premier guitar hero d’Istanbul. Cheveux longs en pays musulman et jouer du rock. On a bien dit du *rock*. Si son opus magnum ne sort qu’au milieu des années soixante-dix, alors que l’anatolian pop est déjà sur la voie du déclin, c’est dès le milieu de la décennie précédente qu’Erkin et ses groupes successifs ont ouvert la piste. Il sera le meilleur et le plus explosif de cette première vague de musiciens à reprendre des standards folk à l’occidentale. Pas de chichi avec Koray, il joue en quator : une section rythmique basse/batterie et une guitare rythmique pour l’accompagner. Sa guitare est envoutée, magnétisée, il en fait exactement ce qu’il veut, la faisant sonner comme un saz si ça lui chante. Et si lui-même chante, d’une voix plutôt douce et mélodieuse qu’il pousse rarement dans ses retranchements, il n’en est pas de même pour son instrument. Ici folk et délicate, ici lourde comme l’acier, ici plongée dans les acides interlopes, la guitare solo d’Erkin est l’emblème rutilant du rock anatolien. Alors il sort des singles à tour de bras, regroupés dans cette première compilation, comme il se doit à l’époque. Erkin Koray Dörtlüsü (Quatuor Erkin Koray), Yeraltı Dörtlüsü (Quatuor Underground), Süpergrup (oh, allez, c’est pas si dur à comprendre le Turc), des formations cultes dans lesquelles ont retrouve son fidèle batteur Sedat Avcı et souvent le bassiste Aydin Buyar Şencan (ces deux-là seront plus tard la base du groupe soft-prog Hardal). Mais par où commencer dans cet assemblage de singles tous aussi déments les uns que les autres ? Çiçek Dağı. Voilà par où commencer, cette adaptation instrumentale surf-garage d'une chanson folk d'Anatolie Centrale également interprétée par Neşet Ertaş avec laquelle Koray et son groupe se présentent au concours Altın Microfon en 1968, une version bien dans l’esprit du groupe Silüetler, twistant le folk turc à bağlama en cavalcade sixties solaire et poussiéreuse. A l’opposé du spectre, la ballade psychédélique « Anma Arkadaş » voilée de cordes arabesques, où le chant emphatique de Koray est plus oriental que jamais. Avec le Yeraltı Dörtlüsü formé à la fin de la décennie, il s’enfonce encore plus loin dans l’anatolien, en témoigne la série de 45t dont sont extraites ces diverses face A ou B, peut importe tellement la qualité est de mise, comme ce poème de Ümit Yaşar Oğuzcan, « İstemem », déclamé sur fond de riffs angulaires et scansion rythmique piégeuse, ou l’adaptation d’un compositeur du dix-neuvième siècle, Hacı Faik Bey, chantée en choeur et flinguée par des éruption de guitares volcaniques. Tout y passe, de complaintes aux claviers aigrelets à une interprétation très personnelle du « Land of a Thousand Dances » immortalisée par Wilson Pickett, r’n’b’a’la’turk. Autre grand moment, le magnifique « Yağmur » composé par Ohran Gencebay, maestro du bağlama et figure légendaire de l’arabesque, mélodie serpentine sur laquelle la guitare de Baba Erkin fait croire aux miracles. La face B de ce premier single du Süpergrup n’est pas en reste avec son groove oriental et ses feux croisés de guitare et de saz (à moins que ce grand fou d’Erkin n’arrive à produire tout ça avec ses simples doigts de sorciers sur les mêmes cordes). L’édition originale de ce premier long format frôlait déjà la perfection, les compléments rééditées (dont la plupart apparaissent sur des compilations récentes), ne font qu’enfoncer le clou avec cette autre adaptation hirsute du maitre folk Neşet Ertaş, méconnaissable « Köprüden Geçti Gelin » en version garage-psych par le Yeraltı Dörtlüsü, handclaps, grosse basse et grosses baffes en riffs. Quand sur « Ilahi Morluk », Avcı et Buyar Şencan se lancent dans une rythmique obstinée qui, avec la guitare pointilliste et chant le décalqué de Koray, tout ça ferait bien… coucou à CAN ! Comme issue d’une compile Nuggets de passage à l’Est, la collaboration avec Haramiler, autre groupe pionnier, se distingue par l’usage d’un orgue bien shooté, alors que Koray use de sa voix mélodieuse comme jamais, la portant vers des cieux veloutés. L’affaire est entendue, de toute façon il y a là-dedans à la fois la base et la crème de la crème de l’anatolian pop. Suffit de réécouter pour s’en convaincre le sublime « Mesafeler » qui ouvre l’album, un des derniers single enregistrés avant le fameux « Elektronik Türküler », dans lequel on entend déjà l’évolution encore plus expérimentale, psychédélique et progressive que va prendre la musique d’Erkin Koray. Erkin Baba. Le premier rockeur turc. Le parrain. Le boss.

note       Publiée le dimanche 4 décembre 2016

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