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Venetian Snares › Cavalcade of Glee and Dadaist Happy Hardcore Pom Poms

10 titres - 48:30 min

  • 1/ Donut
  • 2/ Swindon
  • 3/ Pwntendo
  • 4/ XIII's Dub
  • 5/ Vache
  • 6/ Plunging Hornets
  • 7/ Twirl
  • 8/ Tache
  • 9/ P
  • 10/ Cancel

enregistrement

2005

line up

Aaron Funk (batterie de cuisine)

chronique

Styles
electro
techno
Styles personnels
glitch > breakcore cotonneux

Putain, j’ai jamais pu encadrer ce tâcheron de Michel Leeb, mais faut quand même avouer qu’il a le mérite de me permettre une introduction de chronique quand je suis pas inspiré. Quel rapport avec Venetian Snares me direz-vous ? Eh bien, est-ce que vous vous souvenez d’un de ses sketches les plus célèbres, celui où il faisait la ponctuation avec la bouche ? Les points d’exclamation devenaient des « wiiiz », les virgules des « tzzing » et les points des « pwuit ». Pour moi, Venetian Snares, c’est le même principe : Aaron Funk met en place des phrases électroniques, et il se sert des pouit-pouit, des bloum-bloum et des glop-glop synthétiques pour remplacer la ponctuation, les autres sons (voix, synthés, samples), étant les mots eux-mêmes. « Bweeeuh Raven, ta métaphore elle est toute pourrie ! » Comment ça ma métaphore est naze ? Moi je trouve que ça fonctionne, sur tous ses disques, et tout de suite j’ai envie de vous parler de Cavalcade puisque c’est avec cet album que j’ai découvert le trublion – et que, étrange circonstance, il s’agit sans doute de son dernier disque réellement intéressant avant une progressive débandade qui rime avec formatage et épuisement des batteries. Cavalcade distille une vraie ambiance, il a son feeling propre, c’est indéniable. Exit les violons de Rossz, exit les comptines malsaines, ici, le breakcore se fait coton et herbes en bataille, c’est un glitch étrange, poétique, un brin dégénéré bien sûr (Aaron oblige), tapissé de synthétiseurs moites et doucereux, extirpés d’une dimension parallèle peuplée de pis de vache amidonnés. A la question éminemment spirituelle « Papa, c’est quoi cette bouteille de lait ? », Aaron Funk répond « Pouit-pouit – wiiiiz – tududududud – popopop – bzzzzzz – rwxwxwxwzzzzz – pwit pwit », et on ne peux qu’acquiescer. C’est fin, c’est fin, ça se mange sans fin, c’est du Venetian tout en finesse et multiples voyages au cœur de la machine étrange qu’il s’est fabriquée tout seul, de ses propres mains. Les synthés duveteux se répandent en notes éparses, le gabber n’est plus violence mais turgescence moite, ambiguïté sophistiquée, c’est un spasme électronique qui commence à se ramollir, une mutation vers quelque chose de plus atmosphérique… Même si les passages énervés sont encore de rigueur ("Pwntendo", ou le sautillant "Vache" avec son sample « une machine pour faire des vaches » qui nous colle au cerveau), ils se raréfient, au profit de quelque chose de plus onirique (superbe "Swindon" et divin "Tache" avec son monologue élégiaque en français). Et puis il y’a, en guise de climax creux, le miniature "P", un petit trou sans beat (ahem), en forme de mélodie de synthé délicate, cotonneuse et abstraite – tout simplement magnifique. Aaron n’a pas attrapé la vache folle, mais il y’a encore du LSD dans ses circuits… j’en veux pour preuve "Pluging Hornets" et le sublime "Twirl". La voie lactée qu’il dessine fascine ou agace, au choix, mais j’aime m’y plonger… "Je suis le nomade qui marche la nuit, et attend le jour et l’oubli", nous dit Aaron dans "Tache". Phrase prémonitoire ? Peut être... Bien que certaines passage linéaires (le prévisible "Donut" malgré son côté Tex Avery) annoncent une légère panne d'inspiration, cet opus est une réussite, un Venetian Snares plus introspectif et moins psychotique (pour certains c’est contre-nature) qui offre ses ultimes assauts électroniques en jouant la carte du mystère et de l’onirisme. Cavalcade prouve que Aaron peut se faire douceur et volupté sans perdre de sa superbe. Une petite machine qui rêve, une capsule spatiale en forme de berlingot, une boîte de bonbons synthétiques, diodes zener au charme singulier clignotant dans nos oreilles, dont on se délectera à faible dose pour ne pas s’en lasser trop vite...

note       Publiée le mercredi 2 janvier 2008

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only1.mg@gmail.com › mercredi 27 octobre 2010 - 01:06  message privé !

J'espère que ca te plaira ...

http://no-naaame.blogspot.com/2010/10/johnny-stalingrad-said-venetian-snares.html

Sick › lundi 20 septembre 2010 - 23:05  message privé !

Le monologue dans Tache ça s'rait pas du Lautréamont, non ?

Note donnée au disque :       
Le Pape des zozos › mercredi 29 avril 2009 - 23:56  message privé !

Paco Ibañez ??? on dirait... (Mais si c'est pas ça dites-le tout de suite !)

brighter_paëlla_now › vendredi 17 avril 2009 - 20:53  message privé !

Quelqu'un sait d'où sort le monologue hyper classe de Tache ?

Wotzenknecht › samedi 22 novembre 2008 - 09:28  message privé !

Le vrai défaut de Cavalcade c'est qu'il sent le Richard à plein nez. Pour ceux qui kiffent cet album d'IDM-geek, ya Paral-lel - Upgrade to Mutant Sheep qui fait le même bruit.

Note donnée au disque :