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Venetian Snares › Winter In The Belly Of A Snake

cd • 16 titres • 59:26 min

  • 1Dad
  • 2Stairs Song
  • 3Tattoo
  • 4Gottrahmen
  • 5Suffocate
  • 6January
  • 7Crawlspace
  • 8In Quod
  • 9Shereprise des Misfits
  • 10Cashew
  • 11Fraujäger
  • 12Warm Body
  • 13Sink Snow Angel
  • 14Yes Love, My Soul Is Black
  • 15Icosikaipent
  • 16Earth

enregistrement

Janvier 2003

line up

Aaron Funk (tout ou presque) - Garrison Keillor (voix samplée sur "January") - Aiwaz (voix sur "Fraüjager")

remarques

(Pochette illustrée par Trevor Brown)

chronique

Styles
electro
dark ambient
techno
ovni inclassable
Styles personnels
idm > glitchcore psychotrope et vénéneux

Oui… oui, je sais... ça c’est passé dans cette maison, tout près d‘ici. Elle avait peur, la petite Olga, et s’était lovée dans les bras de son père. Sans savoir qu’il la désirait… qu’il finirait par… la goûter… par enfoncer ses doigts dans la chair de sa chair… et qu’à la suite de ces expériences incestueuses la petite ferait des rêves étranges chaque nuit. Qu’elle rêverait de choses électriques… De lui, et d’eux. Des autres, et d’elle. Toutes ces choses magnétiques dans son corps, sous sa peau couverte d’hématomes et blanchie par le sperme, toutes ces bestioles qui gémissent et papillonnent, un monde dans son monde, comme une boîte à musique remplie d'ammoniac. Elle m’a donné ce monde en fragments, toutes ces petites berceuses au lithium, ces lambeaux de comptines spasmodiques, ces hannetons aux reflets obscurs, ces drogues dures déguisées en Fée Clochette et Gemini Criquet. Elle a engendré la créature psychotrope dont je vous parle en ce moment… j’ai peur d’elle et elle me fascine… Elle étale ses mondes vibrants dans mes synapses comme du beurre sur une tartine. Elle a rapporté la voix de son géniteur, pour me montrer sa perversité. C’est lui qui traque les enfants et les tient prisonniers dans sa cave, son grenier, pour abuser d’eux, leur enfoncer des aiguilles dans les yeux… Pour mettre leurs petites langues roses dans des bocaux d'eau-de-vie. C’est lui, le père, qui parle, la plupart du temps, au milieu des insectes électriques. Des insectes électriques partout dans la maison, qui virevoltent, frétillent et piaffent autour de son corps nu… Autant d’insectes pour autant d’incestes, et comme vecteur de rêves ce pattern saccadé qui apparaît et disparaît. Une puissante hallucination en forme de corridor turquoise et pourpre noyé dans la lumière des néons... Autant de monstres pour en délimiter les contours, pour me dire qui est la petite Olga… Il y’a le père qui aime chanter ce vieux standard des Misfits pour lui faire peur dans le noir, en prenant la grosse voix… et la voix des créatures de son monde : une cantatrice qui lui envoie des morceaux d’opéra débités au scalpel… La voix paternelle qui lui parle à travers les pales d’un ventilateur… Et un gouffre sans fond… Le Grand Puit dans lequel Il a jeté les petits corps pré pubères de ses victimes en monticules charnels, ceux des autres enfants, qui ne sont pas sortis de l’armoire, qui ont succombé aux contusions et aux tortures. Ils gémissent dans ce puit, leurs échos tapissent ses parois humides… Gottrahmen. Autour, d’autres créatures --- Une nuée de zébulons en phase terminale / Une lampe de chevet qui mange des scarabées / Une confiture de fœtus / Des menstruations-grenadine et un hymen en guise de kazoo... Les escaliers qui mènent au grenier : et leur mélodie, cette berceuse de pleine lune qu’elle a si longtemps entendu… Fantasmes et cocacolasmes se mêlent et se démêlent, tandis que les zwiii-zwwwoooo et les piuuu-piuu tchling-tchling dessinent leurs courbes folles, longeant les murs pisseux, les moulures étranges… Dans ces rêves vivent des sons qui clignotent, qui sautillent, qui fusent de partout : des bip-bip ziiii-tititititi-schwiiiiz et des pip-pop-pip-pop-pip mangeant des dzwing et des zwoooz en arrachant des tutututud et des swaaaa-swooo en rythmiques bégayantes, en mitraillettes sucrées… Et la saveur de l’interdit, du cauchemar empoisonné, qui sommeille dans chaque compartiment de ce cerveau malade… celui de la gamine… et puis… Un venin. Le venin du serpent qu’elle a inventé, le reptile dans lequel elle s’est réfugiée pour vomir sa compote aux aiguilles, pour traquer ses cauchemars sexuels, pour mettre fin au Génocide des Polly Pocket lesbiennes. L’icosikaipent… Tous ses traumas qui se noient dans les papillotages des bestioles mécaniques : cloportes roses, libellules et poissons d’argent, phasmes noirs et mantes éclairs, coccinelles grosses comme le poing… Tout cela dans un gabber consanguin flirtant avec la crédulité de l’enfance. Un Alice au Pays du Xanax. Une plante carnivore imbibée d’absinthes et de LSD, faisant de chaque cauchemar une dragée enivrante… Si vous devez vous plonger dans cette dimension intime et psychotique, ne le faites que la nuit, seul. Réfugiez-vous sous la couette épaisse, laissez une petite veilleuse qui diffusera sa lumière orangée au coin du lit, et voyagez dans les méandres hallucinogènes, les mélopées halogènes, près du corps d’Olga, dans toutes les pièces de sa petite maison de poupée. Dans son cortex, dans ses larmes, dans son sang, dans ses veines violacées, dans ses petites robes à motifs floraux, dans ses souvenirs malsains : par un bel après-midi de janvier, une lueur dans la cuisine, son père qui l’invita à prendre une autre part de tarte aux myrtilles pour le dessert, sans savoir qu’elle finirait séquestrée dans le placard à balai, la bouche souillée par l’outil de papa, son petit minou imberbe lacéré, tuméfié… qu’elle finirait par être infestée de perversions par toutes les voies possibles, et qu'il serait trop tard pour la sauver, mais bien assez tôt pour congeler ses cauchemars... Une infestation horrible et hallucinée, une nuée de bêtes mauvaises qui la transforment de l’intérieur, grouillent en elle, comme autant d'asticots sadiques qui ramperaient sous l’épiderme innocent… Comme autant de phalènes tournoyant sous une ampoule nue. Voyagez dans les couloirs intimes de son monde, toujours sous la couverture épaisse - à la lumière timide de la veilleuse. Au cœur des rêves pédophiles, le long des sarabandes viciées, au détour d’un violon angoissant, vous vous surprendrez à trembler (de peur ? de plaisir ?) à travers les contes de fées d’une enfant qui a sombré dans les limbes du malaise, toujours prête à vous injecter ses traumatismes électromagnétiques en intraveineuse, jusqu’à ce que vos gencives deviennent bleues et que vos ongles se liquéfient… Les anges de minuit ont fini par succomber à la surdose de psylocybine, AMEN. "I realized that if my body broke, I would break into blossom".

note       Publiée le jeudi 20 décembre 2007

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notes

Note moyenne        24 votes

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Cinabre › vendredi 4 octobre 2019 - 02:56  message privé !

Ouais... l’atmosphère est top sur celui-là. Sombre et froid. Sorbet au chocolat.

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Raven › mercredi 2 octobre 2019 - 18:23  message privé !  Raven est en ligne !
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On m'avait prévenu mais j'y suis. À l'hosto. Quelle forme ont ces ustensiles que j'entends ? Comment finit ce corridor ? Est-ce vraiment un hôpital ? Sentiment fort familier dans ces lieux... et pourtant, des recoins encore inconnus, brrr...

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nowyouknow › vendredi 29 mars 2019 - 16:41  message privé !

J'adore mais alors les dix dernières minutes, carton jaune...

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born to gulo › vendredi 29 mars 2019 - 07:47  message privé !

C'est juste son meilleur disque, t'affole pas.

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Cinabre › jeudi 28 mars 2019 - 21:44  message privé !

Je découvre et c'est clairement le plus prenant des albums du gus que j'ai pu écouter. Il va revenir sur la platine, celui-là. Et la note pourrait encore monter.

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