Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesVVenetian Snares › Doll doll doll

Venetian Snares › Doll doll doll

8 titres - 56:40 min

  • 1/ Pygmalion (6:53)
  • 2/ Remi (6:24)
  • 3/ I Rent The Ocean (5:55)
  • 4/ Dollmaker (5:47)
  • 5/ Befriend A Childkiller (8:39)
  • 6/ Pressure Torture (7:49)
  • 7/ Macerate And Petrify (6:03)
  • 8/ All The Children Are Dead (9:07)

line up

Aaron Funk

remarques

Pochette et artwork par TREVOR BROWN http://www.pileup.com/babyart/

chronique

Styles
dark ambient
jungle
techno hardcore
Styles personnels
idm / breakcore / gabber

« Quand je te tranche le cou, je laisse une petit morceau de peau, comme ça la tête ne tombe pas tout de suite »… Bien, ok ! C’est le genre de phrase que l’on peut entendre au beau milieu d’un morceau de Venetian Snares, alors que la guerre des drills et des samples horrifiques fait rage autour de nous… Chroniquer l’œuvre du gars est un exercice difficile, qui peut s’apparenter à raconter un film que les gens n’ont pas encore vu…Doll Doll Doll, premier album majeur de l’artiste, est un genre de monstre de foire, qui possède également une suite dans la ténébreuse discographie de Venetian Snares, et s’apparente à une sorte d’album concept articulé autour de l’enfance et des poupées… Et commence par une entrée en matière au piano dissonant, et qui fait très mal aux oreilles, et déjà laisse augurer du pire. Aaron Funk a définitivement un don inné pour envoyer des frissons parcourir notre échine, simplement en balançant, comme ça, au milieu du breakcore minutieusement déstructuré de la deuxième piste, un incongru sample de voix disant « I love you… so much »… Ce qui à ce moment précis apparaît comme l’apogée de la cruauté et de la perversion… Sadique, notre Hannibal Lecter des blast beats renchérit avec un « I Rent The Ocean » cinématographique préfigurant les vertiges baroques de « Rosssz alla… etc… » et s’achevant dans une ambiance free jazz, après un solo de sax croulant sous les marteaux-pilons. Le titre suivant, « Dollmaker », commence lui aussi avec un piano jazzy à la Thelonious Monk, mais c’est pour mieux se finir en orgie gabber agrémentée de samples de rap (C’est de la que vient la citation du début, un sample de "The Anthem" morceau de RZA en featuring avec au moins 10 gars), suivi d’un genre de répondeur de commissariat étrange… En réalité, il s’agit du répondeur qui recevait les messages pour aider l’enquête sur la mort de JonBenét Ramsay, une « mini-miss » de 6 ans qui avait été retrouvée morte le soir de noel 96 dans la cave de ses parents, dans le Colorado… Vous jaugez l’ambiance ? Les cordes angoissées de « Befriend A Childkiller » (on commence à voir ou il veut en venir), arrivent ensuite, avant de nous plonger la tête dans un gabbercore pestilentiel jusqu’à la fin du disque… Sans oublier les quelques voix trafiquées ça et là, et le terrible moment de silence au milieu de « Pressure Torture » (ces titres glaçants !!) où le pilonnage s’arrête pour laisser goutter des sanglots féminins incongrus, avant de reprendre de plus belle… Ici, on est pas en sureté. Chaque seconde semble prendre le contre-pied de la précédente, et c’est une sorte d’autel qui est érigé à la gloire du sordide. Il suffit de regarder l’artwork : Trevor Brown, l’horrible monsieur qui aime dessiner du bondage avec des petites filles de 4 ans, celui qui la même année, illustre « The Gift » de John Zorn ! C’est peut être cela qui a voulu que « Doll Doll Doll » soit qualifié de « Torture Garden remixé par Squarepusher »… D’une manière générale, si ce cd était, à l’époque de sa sortie, une œuvre atypique qui frappait très fort , et la révélation d’un nouveau freak de l’electro, aujourd’hui, il apparaît un peu trop comme le brouillon de « Rossz Alla…and co » (les violoncelles déjà présents), ce qui, cela dit, ne lui retire rien de sa singularité et de son aura malsaine… Ecouter un tel disque fait quand même relativiser sur le prétendu coté terrifiant et maléfique de certains disques de black metal par exemple, même si après un petit Akira Yamaoka, tout cela passe pour une blague, au final…

note       Publiée le vendredi 2 mars 2007

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

partagez 'Doll doll doll' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Doll doll doll"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Doll doll doll".

ajoutez une note sur : "Doll doll doll"

Note moyenne :        19 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Doll doll doll".

ajoutez un commentaire sur : "Doll doll doll"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Doll doll doll".

Raven › lundi 15 septembre 2014 - 00:43  message privé !
avatar

"C'est quand qu'y aura du Hecate chroniqué ?". Je sais pas si ça répond à ta question, mais le Nymphomatriarch étant mien depuis peu (enfin) il tombera certainement bientôt.

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › dimanche 14 septembre 2014 - 12:42  message privé !

J'en ai deux de Hecate, mais ils me glissent un peu dessus... à retenter, j'imagine

Note donnée au disque :       
lolokth › dimanche 14 septembre 2014 - 12:27  message privé !

C'est quand qu'y aura du Hecate chroniquer ?

julius_manes › dimanche 14 septembre 2014 - 09:12  message privé !

Ok, comme vous voulez... pas envie de me "battre" là-dessus (même si j'ai ouvert 2 chros au pif (en 2002 et 2008) et que j'y ai encore trouvé des références à Richard D. James... bref).

Note donnée au disque :       
Seijitsu › samedi 13 septembre 2014 - 22:56  message privé !

Ce disque est excellent et ne doit rien (ou alors pas grand chose) à Aphex Twin. Par contre, je me suis lassé des autres Venetian Snares de cette période. Ils ont trop de remplissage pour tenir la distance. Rossz Csillag Allat Született, en dehors du fait qu'il me laisse froid (la musique classique ne me fait pas rêver), c'est difficile de ne pas le trouver surestimé tant il n'est pas à la hauteur de son ambition (la rencontre entre le classique et le breakcore se faisant uniquement que sur certains passages du disque).

Note donnée au disque :