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Boris › Amplifier Worship

cd • 5 titres • 63:43 min

  • 1Huge9:14
  • 2Ganbou-Ki15:44
  • 3Hama7:30
  • 4Kuruimizu14:27
  • 5Vomitself16:57

enregistrement

Ingé-son : Osamu Seino (pistes 1 à 4), Eiji Hashizume (piste 5)

line up

Takeshi (Vocals, Bass, Ampeg), Atsuo (Vocals, Drums, Cymbals, Wave Drum), Wata (Guitar, E-Bow, Orange, Matamp)

remarques

Il s'agit de la réédition d'un disque publié en 1998 sur Mangrove. pochette designée par Stephen O'Malley.Celle-là> par Fangs anal satan

chronique

Styles
sludge
metal
drone
stoner
Styles personnels
dronecore

Boris sur Guts, ça vous vous y attendiez. Que ça soit moi qui m'y colle, moins. Mais devant la hype qui commence à monter, il faut bien que quelqu'un lance les hostilités, avant que Telerama n'en parle, ce qui m'ennuierai quand même un peu. Et tant qu'à faire, plutôt que de parler tout de suite de "Pink", autant parler d'un de leurs albums les plus faussement primaires, leur deuxième pour être exact : "Amplifier Worship". Et puis, ce qui est bien, c'est que malgré le récent engouement assez réjouissant vers tout ce qui est un peu "Melvinsien", il s'agit - surprise - de la première chro du web pour ce disque, doté d'une pochette en forme de pied de nez à l'esthétique bien codifiée et sage du doom/stoner/sludge (genres qu'il fallait oser pratiquer en 98, et surtout au japon). Cette grenouille trompe énormément car sous ses airs de rescapée du jurassique se cache une sale petite peste flashy qui ne se laisse pas aussi facilement apprivoiser que le traditionnel carnivore bardé de feedback. L'équivalent du dodo des Melvins ? Le premier titre, "Huge", est en quelque sorte le manifeste de base de Boris : ils commencent par faire de l'espace en ratiboisant à grand coups de riffs tranchants tels des haches, puis profitent de la liberté ainsi gagnée pour lancer de grands cris dont l'écho se perd quelque part dans l'immense vide ainsi créé. Tout le dilemme du Sludge est là : se libérer du carcan technique et temporel du metal pour dégager de grands espaces, pour créer un hypothétique nouveau terrain musical, un lieu rêvé qui vire immanquablement au cauchemar, quand l'éclatement des structures qui précédaient laisse place à l'angoisse du vide qu'il faut combler. C'est souvent à ce moment clé qu'une plage ambient qui désoriente l'auditeur est insérée, ou bien qu'un même motif s'installe pour être répété à l'envi, jusqu'à ce que nos neurones soient aussi saturés que le son de guitare elle-même. Sur "Ganbou-ki", la pluie d'enclumes se mue en un carnaval improvisé, rythmé par des percussions presque festives, qui se dissolvent dans un pastiche de cérémonie rituelle, jusqu'à ce que la guitare revienne interrompre la transe, de but en blanc, comme pour nous filer la nausée... Et ça marche. Sur "hama", Boris joue à nous faire peur. Après un silence pesant qui illustre le vide créé par la fin de la piste précédente, ils renchérissent de plus belle par une attaque punk rock en règle qui achève instantanément l'auditeur, pris par surprise, incapable d'esquisser le moindre geste de défense (retirer son casque par exemple). Aussi la charge est de courte durée, et le samuraï entreprend un hara-kiri peu après, la brièveté de l'assaut en justifiant la brutalité. La technique du Tomberry en somme : il avance lentement, poussivement, entre deux coassements timides, et puis soudain TCHAC ! Un coup de couteau de cuisine dans les dents ! Reste la batterie, qui court toute seule pendant une bonne partie du morceau, avant de voir la guitare la courser telle un tsunami vert fluo... Au moment ou le morceau s'achève, on se croirait chez les Butthole Surfers de "Independant Worm Saloon". On y reste pour l'affreux "Kuruimizu" du moins pour le début, dernier accès de rage punk mal refoulée... Bien entendu ce morceau-là va muter lui aussi, en un long arpège post-rock qui donne envie de se jeter par la fenêtre. La nausée prend finalement le pas sur la colère. Et que se passe-t-il quand la nausée atteint son paroxysme ? "Vomitself" ! Les amplis tant vénérés déversent leur bile sur 17 délectables minutes de ce qui s'apparente déjà plus à du Drone "classique". L'esprit revanchard et férocement retors des Melvins n'est pas loin. Une certaine idée du "rock" moderne, dans le sens noble du terme : débarrassé de ses tics, et prêt a en découdre sans la moindre parcelle de logique ni de respect des règles préétablies... Mais alors avec un son, mes aïeux ! "Huge" ? Huge !

note       Publiée le vendredi 23 février 2007

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notes

Note moyenne        29 votes

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(N°6) › mercredi 20 juin 2018 - 22:03  message privé !
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Si ça sortait aujourd'hui, Télérama en parlerait... Dariev avait vu le futur.

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vargounet › dimanche 8 avril 2012 - 13:18  message privé !

Ganbou-Ki, à partir de 5 minutes 40' le groove à l'état pur. Une danse des crânes façon drône :)

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Fryer › dimanche 8 avril 2012 - 13:01  message privé !

Faut pas s'inquiéter, yen a plein qui ne l'aimait pas et qui finalement ont changé d'avis depuis !

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NevrOp4th › dimanche 8 avril 2012 - 12:43  message privé !

Sacré Julius. Allez retente le cet album ;)

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julius_manes › jeudi 22 septembre 2011 - 18:39  message privé !

Nul de nul. De toutes façons, j'ai toujours préféré Igor à Boris...
http://www.youtube.com/watch?v=cefQFL1wapo

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