Vous êtes ici › Les groupes / artistesBBoris › Smile -Live at Wolf Creek-

Boris › Smile -Live at Wolf Creek-

cd1 • 6 titres • 32:23 min

  • 1花.太陽.雨 (Flower.Sun.Rain)09:19 [reprise de PYG]
  • 2Buzz-In03:08
  • 3放て!(Laser Beam)04:55
  • 4Pink04:22
  • 5メッセージ (Statement)04:27
  • 6Floor Shaker06:13

cd2 • 5 titres • 62:34 min

  • 1虹が始まるとき (Rainbow)05:50
  • 2となりのサターン (My Neighbor Satan)06:41
  • 3枯れ果てた先 (Ka Re Ha Te Ta Sa Ki – No Ones Grieve)09:22
  • 4君は傘をさしていた (You Were Holding an Umbrella)14:02
  • 5[ ]26:40

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Connectez-vous pour les écouter.

enregistrement

Enregistré par Mell Dettmer live à Wolf Creek, Californie. Mixé par Souichiro Nakamura. Produit par Boris.

line up

Atsuo (chant, batterie, percussions), Takeshi (chant, guitare, basse), Wata (chant, guitare, écho)

Musiciens additionnels : Michio Kurihara (guitare)

remarques

Artwork : Fangsanalsatan. (bien qu'il soit intitulé simplement Smile, il est la plupart du temps désigné sous le titre Smile -Live at Wolf Creek-)

chronique

Styles
noise rock
stoner
psychédélique
drone
doom metal
Styles personnels
gros stoner psyché noisy qui tâche

J'adore Boris, mais je leur reprocherais quand même une chose, ils se foutent un peu de la gueule du monde au niveau du fan service. Non pas que j'aurais voulu une sextape de Wata en bonus DVD avec Attention Please, même si la musique s'y prête, mais ils ont la propension à multiplier les versions différentes d'un même album en jouant un peu bassement sur la collectionnite aïgue de leur public. Prenez Smile : après l'édition Southern Lord (Américaine) facilement digérable d'un coup, après l'édition Diwphalanx (uniquement Japonaise et donc difficilement trouvable à bas prix) produite par You Ishihara, hyper-psychée et bizarroïde, voici un peu la synthèse des deux avec le retour de l'adorable pochette en mousse du label Japonais, cette fois d'une teinte grisâtre-moche, genre gratounette après récurage intensif d'un plat qui attache, pour la version live de l'album en coeur, captée à Wolf Creek en Californie. Loin du délire spacio-noisy-dronesque du légendaire concert avec Merzbow, on est là dans un pur concert de Boris à cette période de leur évolution, c'est à dire du gros stoner psyché qui tâche et qui attache, d'où ma métaphore vaissellière ci-avant. Privé des effets de studio shootés de Ishihara, Boris entreprend de travailler ses morceaux plutôt franco de port. Avec quand même un renfort de taille, planqué dans un coin de la scène, presque invisible, un petit bonhomme stoïque qui néanmoins fait un bordel monstre avec un son de guitare qu'on croirait tiré d'un laser ultra-concentré, assez pour te faire péter une terminaison nerveuse à chaque note, j'ai nommé le Docteur es-psychédélisme Michio Kurihara, le ghost in the shell de la formation. Et faut bien le dire, sans tirer la couverture à lui, et ce serait dur avec les riffs toujours aussi patapoufs et plombés au fuzz de la belle Wata, il fait quand même énorme impression et confère aux morceaux de Boris cet aspect d'arc-en-ciel électrique, une palette de couleurs uniquement visible aux plus défoncés. Bon, c'est un live, alors Takeshi chante un peu comme une casserole parfois, mais ça fait partie du charme. C'est ça ou depuis le temps on s'est habitué. Et puis Atsuo, formidable batteur qui balance ses "Yuuuu !" et "Woooo !" intempestifs tel un Charlie Oleg metrosexuel heavy metal. Allez, tout ceci n'est pas bien sérieux, à commencer par la spontex en guide de pochette. Pour la setlist, c'est aux petits oignons, reprenant ni plus ni moins que la version US de Smile dans l'ordre, avec quelques petites gâteries en bonus. Donc la merveilleuse chanson folk-psyché du groupe PYG, "Flower.Sun.Rain." en entrée en matière, où dès lors on comprends vite qu'il faudra faire avec les riffs aux scalpels du Dr. Kurihara. Un classique de leur répertoire, bien mélodique et goutue mais fortement épicée dans cette version de concert. Et puis ça enchaine, un hommage au King Buzzo, hardcore et approximatif comme il se doit, puis un "Laser Beam" balancé sans les effets de cache-cache de l'album Japonais, bien cra-cra, bien polluant, à donf sur l'autoroute. La première gâterie apparaît sous la forme d'un bonbon rose qui sarcle largement plus dur que les morceaux psychotropes du dernier album, vestige d'une période où Boris s'occupait surtout de te défoncer l'arrière train en beuglant comme un cochon, c'était le bon temps et ça marche toujours aussi bien, les tympans prennent cher, d'autant plus que Kurihara ne cesse de disputer le concours de décibels avec Wata, impériale aussi bien en live qu'en studio, elle. Le répétitif "Statement", ses "whoohoo" très Stoniens et ses riffs tranchants et noisy enchaine sur sa face B en single, le bien nommé "Floor Shaker" qui groove très salement et très lourdement, une vraie boucherie de stoner à faire headbanger même le plus rétif des coincés du fion. Mais pourquoi ils collent leurs meilleurs morceaux en face B d'abord ? En gros ce premier CD fait office d'apéro sur un coin de table, une petite mousse bien fraîche pour se mettre en condition. Le plus chargé reste à venir. Avant d'engager les hostilités, Boris et Kurihara reprennent la perle de leur "Rainbow" avec le morceau éponyme, ce qui permet à Wata de faire baver l'auditoire avec autre chose que ses énormes riffs obusiers. C'est psyché, c'est éthéré, c'est humide, y a le solo chirurgical de Michio au milieu, celui qui te flingue 40db d'audition si tu l'écoutes au casque, c'est du diamant. Voilà, c'est fait. On peut reprendre le fil de Smile avec "My Neighbor Satan", qui commence comme une ballade à l'arrière fond bruiteux et qui éclate de mille gros riffs éclairs et tonitruants en loucedé, effet pochette surprise dans ta gueule. A propos de calme avant la tempête, l'intro en vibration de gong et guitare twangy atmosphérique et de traviole de "Ka Re Ha Te Ta Sa Ki – No Ones Grieve" n'annonce en rien la suite frénétique du morceau, Atsuo au bord de la crise d'épilepsie derrière ses fûts et Wata noyée dans un fuzz Jupiterrien, saupoudré de limaille de fer par Kurihara au passage. Le bouquet final sera long et douloureux, d'abord quasi ambient et crachotant, "You Were Holding an Umbrella", au spleen aquatique qui monte en vagues incontrollables, merci encore Wata, et noisy, merci bien Michio, sur un bon quart d'heure d'orgasme sonique. Reste près d'une demi-heure à combler avant de remballer le matos. C'est faisable. Le titre sans nom où venait bourdonner Stephen O Malley en studio peut se déliter encore un peu plus, planant et crevé par des surgissements de slugde explosif anesthésiant de puissance de feu, des longs sifflements de guitares agonisantes et une apothéose titanesque qui vient cramer les dernières neurones encore en activité avec du drone de corps célestes en mouvement, irrémédiable, insoutenable, strident et monstrueux, Boris s'immobilise jusqu'à presque se figer dans son propre son. Voilà, vous pouvez repartir heureux. Et abruti. Voilà, Smile c'est fait et bien fait. Quoi ? Il existe aussi un bootleg autorisé de leur concert à Prague, en vinyle ? Oh bordel, Boris…..

note       Publiée le samedi 23 mars 2013

Dans le même esprit, (N°6) vous recommande...

réseaux sociaux

dernières écoutes

  • Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Smile -Live at Wolf Creek-" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Smile -Live at Wolf Creek-".

notes

Note moyenne        4 votes

Connectez-vous ajouter une note sur "Smile -Live at Wolf Creek-".

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Smile -Live at Wolf Creek-".

Cinabre Envoyez un message privé àCinabre
avatar

Autant pour moi Nummer Sechs. J’ai effectivement mal compris.

Je suis old school comme un Nicola.

Aaah il est où le temps où j’achetais un disque avec une pochette trop cool avec trois nouvelles dispensables mais chouettes dans le livret! Sans parler des K7 moulées dans un écrin de béton. Si c’est pas à chier des briques ça!

J’ai beau dire, la musique c’est clairement plus que du son pour moi.

Damodafoca Envoyez un message privé àDamodafoca

La disponibilité, la qualité audio, le visuel, les crédits... le physique a encore de nombreux avantages. Mais le côté pratique et sans encombrement est hyper intéressant, c'est sur.

(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
avatar

La dépendance au bon vouloir des plates-formes (ainsi qu'à leur catalogue) est en effet le plus gros problème du streaming (enfin sans parler de la rénumération pitoyable de la plupart des artistes). Perso je n'ai même plus de quoi écouter quoi que se soit en physique, même quand j'achète un CD (ça arrive encore, en concert par exemple), il faut que je le numérise. Après la limitation par le physique, étant donné qu'à une époque j'avais un sac entier de CD non écoutés qui s'accumulaient jusqu'à des années après leur achat, c'est tout relatif (des CD achetés et écoutés trois fois également d'ailleurs). Mais c'est vrai qu'acheter du fichier numérique sur Bandcamp ça fait un peu étrange à l'heure du streaming. C'est une forme de patronage en fait, un geste de soutien plus direct comme je disais, qui n'est plus guidé par la nécessité.

Message édité le 29-01-2022 à 12:31 par (N°6)

Note donnée au disque :       
nicola Envoyez un message privé ànicola

Le streaming, c’est pas mal mais j’en vois les limites avec Netflix où tu te retrouves comme un con à ne pas pouvoir finir une série parce que ben, yapu. Sans oublier le jour où le tableau crame et où tout un quartier se retrouve sans internet. Je préfère acheter à télécharger et télécharger au streaming. En fait, ça me permet de me limiter, j’ai déjà plein de trucs intéressants à écouter, je ne souhaite pas courir après la première nouveauté à la mode comme un poulet sans tête. Je prends mon temps et je découvre parfois des trucs dix (ou cinquante) ans après tout le monde : c’est ce que je fais avec les Peel Sessions (que j’ai téléchargées).

Message édité le 29-01-2022 à 11:54 par nicola

(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
avatar

Le raisonnement sur télécharger des tonnes de trucs qu'on écoutera qu'une seule fois ne tient plus aujourd'hui alors que c'est le streaming qui domine le marché. C'était valable au temps de la piraterie généralisée. Sur Bandcamp, quand tu payes ton téléchargement (si t'as pas envie d'acheter le CD ou le vinyle quand c'est dispo), t'as pas moins de raison d'écouter ton album qu'en physique. Sans compter les trucs qui ne sont disponibles que sur support numérique (ou bien plus en CD, et le vinyle reste un marché de niche quoiqu'en dise le fameux "retour"). Après, le plaisir de la flânerie, c'est encore autre chose, oui. Bref, y a un sujet sur le forum là dessus. Le principal pour moi c'était surtout de noter que cet album (fabuleux) de Boris était disponible à tout le monde sur Bandcamp et que c'était quand même bien plus cool.

Message édité le 29-01-2022 à 10:54 par (N°6)

Note donnée au disque :