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Boris › Pink

cd • 11 titres • 55:26 min

  • 1Farewell07:33
  • 2Pink04:20
  • 3Woman on the Screen02:39
  • 4Nothing Special02:18
  • 5Blackout04:50
  • 6Electric01:45
  • 7Pseudo-Bread04:30
  • 8Afterburner04:22
  • 9Six, Three Times02:53
  • 10My Machine02:01
  • 11Just Abandonned My-Self18:15

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Fangsanalsatan a Sound Square, 2005

line up

Takeshi (chant, basse, guitare), Wata (guitare, écho), Atsuo (batterie, percussions)

remarques

Artwork : Blake & Durer

chronique

Styles
doom metal
garage
noise rock
psychédélique
stoner
Styles personnels
synthèse

Dix ans à redéfinir les limites et les formes du rock lourd et bruyant, en passant pour tous les stades, drone, doom, sludge, ambient, garage, stoner, noise. Et d'aboutir à cet album, leur plus varié, en forme de synthèse. Au diable les qualificatifs, le trio japonais fait du rock, celui qui vient des tripes, du corps, du rock bestial qui donne envie de sauter dans tous les sens, "Pink". Un son de guitare toujours plus plombé et gras, saturé de fuzz comme c'est pas permis, "Woman in the Screen", héritage direct des seventies, passées à la moulinette ultra-bruyante des tokyoïtes. Pousser le potard toujours plus loin, déglinguer les vumètres, "Nothing Special", difficile de faire plus cradingue, über basse fidélité bonjour. Mais toujours groover, secouer la tête comme au volant d'une décapotable pourrie aux abords du désert californien, "Electric", miniature stoner en diable, irrésistible. Encore plus fort, après un démarrage frappadingue et chaotique à souhait, "Pseudo-Bread" se développe avec un refrain quasiment pop, ses "woo-ooo" et ses changements de rythmes inattendus, ralentissement, accélération, ralentissement, c'est de la baise en décibel, Atsuo et ses compères sont mûrs pour aller jammer au Rancho de la Luna, et Wata de s'introduire : "Watashi wa, Wata desu. Josh Homme is my bitch". Mais pas que du bon rock qui secoue le palmier, se serait trop facile pour ces escogriffes gavés de noise-rock, "Blackout", doom-metal terrifiant et grandiose, au chant démoniaque et au son de guitare venu d'un autre monde, cauchemardesque, du Nô-metal. "Afterburner", venu des seventies encore, mais du côté des champignons qui font poiler, ou vomir, les riffs grassouillets bronzés au soleil d'Okinawa accompagnés de chants franchement foncedés et d'une rythmique improbable, les seventies oui, mais venues d'Allemagne... "My Machine", semble extirpé d'un autre espace-temps, morceau d'ambient post-rock sublime et apaisant, deux minutes de volupté au milieu de cette océan de bruit et de fureur. Et deux morceaux anthologiques, en ouverture et en conclusion de ce temple des bonnes vibrations. "Just Abondoned My-Self", une charge de poids-lourds, Boris à son plus frénétique, Atsuo transforme sa batterie en arme de guerre, les riffs mitraillent dans un mur du son gargantuesque, un rouleau compresseur porté par le chant clair de Takeshi; et alors que le rythme passe au mid-tempo pour une formidable coda qui laisse la place aux riffs qui s'éparpillent, insidieusement, par surprise, tout s'immobilise en des drones éprouvants qui décapent les oreilles, à peine traversés de quelques oscillations hypnotiques et de quelques notes de guitares brûlantes qui transpercent lentement les textures, façon chalumeau, jusqu'à la paralysie totale des sens, piège auditif fascinant. Et en ouverture, la plus belle surprise de toute, "Farewell", extrapolation sur une mélodie de Nick Drake (déjà honoré sur Akuma no Uta) là où les sons de Boris, toujours aussi puissants et gorgés de feedback, se transforment d'un coup en magnifique orage éthéré, flottant au dessus de Tokyo, pour un éblouissant morceau shoegaze, envoutant, magique, la voix de Takeshi en apesanteur, les guitares de Wata, denses et d'une puissance gravitationnelles, à la beauté stupéfiante, un morceau propulsé directement au panthéon du genre, dans la stratosphère, d'où on aperçoit à peine les nénuphars du parc d'Ueno. Dans un brouillard de fumée rose, Boris quitte les berges de ses premières amours pour d'autres territoires inconnus.

note       Publiée le jeudi 29 mars 2012

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notes

Note moyenne        7 votes

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Raven › mercredi 22 avril 2020 - 01:40  message privé !
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Il est vraiment frais celui-là. Bien varié comme tu dis, et jamais chiant. Superbe démarrage au feeling très Deftones, musique de surfer dépressif, chargée d'embruns métalliques, après ils la jouent punk, grunge, chougayz, easy rider-Akira, détour impromptu à la crypte qui fait son effet ("Blackout"). J'y ressens un équilibre parfait entre les ambiances légères et pesantes, une espèce de bipolarité qui tient le tout en l'écartelant, paradoxalement. Vraiment bon ouais (et les buvards glissés dans le livret sont très jolis).

Note donnée au disque :       
DukeOfPrunes › vendredi 9 décembre 2016 - 09:31  message privé !
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C'est en tout cas comme ça qu'il est perçu, et il joue un peu là-dessus je pense, mais pour moi il est surtout "brut" (sans 'e' !). Okkyung Lee (elle qui a un caractère bien trempé) m'a fait prendre conscience à quel point il faut faire gaffe avec les termes comme "violent", "nerveux" etc. dans ces musiques-là. Bon ça fait pète-sec ce que je raconte, mais c'est pas faux ;)

nicola › jeudi 8 décembre 2016 - 21:17  message privé !

C’est vrai que Heino, c’est dur.

Aladdin_Sane › jeudi 8 décembre 2016 - 20:15  message privé !

"Violente" serait plus juste pour qualifier la musique de Haino.

DukeOfPrunes › jeudi 8 décembre 2016 - 11:56  message privé !
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Bourrin, Haino ?