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Gato Barbieri › Yesterdays

cd | 4 titres

  • 1 Yesterdays [10:43]
  • 2 A John Coltrane Blues [8:19]
  • 3 Marnie [7:06]
  • 4 Cariñoso [10:55]

enregistrement

RCA Studios, New York City, USA, 1974

line up

Gato Barbieri (saxophone ténor), Ron Carter (basse), Bernard Purdie (batterie), George Dalto (piano, piano électrique), Paul Metzke (guitare), Babafemi (conga), Raymond Mantilla (tymbales)

chronique

Styles
jazz
world music
Styles personnels
fusion

C'est bête à dire mais voilà, cet aspect latino tout à fait indissociable de l'univers de Gato me ramène souvent, et par la force des choses, à Carlos Santana. À se demander comment ces deux-là ont réussis à si soigneusement s'éviter à une période où, auréolés de leurs gloires soudaines, on aurait pu espérer une rencontre au sommet. C'est d'autant plus frappant sur ce "Yesterdays" de 1974 où la guitare de l'alors très en vogue Paul Metzke (Paul Motian, Al Foster) simule presque cette rencontre, bien que je suppose que telle ne fût pas l'intention de départ. Fort heureusement, Barbieri revient à des choses plus sérieuses sur ce disque, se mettant même en danger et ce à plusieurs niveaux. D'abord, comme vous aviez pu le deviner, il change une nouvelle fois de line-up ; ce sera la première fois qu'on pourra l'entendre sans l'apport souterrain mais considérable de Lonnie Liston Smith. Ensuite, enchaîner avec un album ouvertement plus jazz que "Bolivia" n'allait sans doute pas renforcer son aura auprès du public, mais peut-être bien à forcer le destin en imposant ses vues. Enfin, quelle dose d'audace ou d'inconscience faut-il pour se frotter à "Yesterdays" dont la version de Coleman Hawkins est à ce point ultime que personne d'autre n'osa y toucher depuis ? Et comme si cela ne suffisait pas, Barbieri parachève son suicide préprogrammé avec son interprétation toute personnelle de "Village Blues", rebaptisée "A John Coltrane Blues" pour l'occasion. Si Gato Barbieri voulait définitivement se plomber, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est plutôt raté ; l'argentin parvenant à faire sien des titres du répertoire classique en leur injectant cette dose d'adrénaline et de rythmes chaloupés qui le caractérisent. "Marnie" et "Cariñoso" quant à eux équilibrent l'album en revenant au discours tempéré de "Bolivia", préfigurant ce côté vaguement musique d'ascenseur dans lequel il finira par se perdre à tout jamais. Mais rien que pour les interventions lumineuses de Paul Metzke à la guitare en réponse au jeu passionné du chapelier fou, "Yesterdays" mérite de sortir de l'ombre de son gênant prédécesseur.

note       Publiée le lundi 15 août 2005

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SEN › mercredi 31 août 2016 - 22:55  message privé !

Mais quelle note de merde ! Moi j'aime beaucoup cet album, infiniment plus que les albums de santana sortie à la même époque !

Note donnée au disque :