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Can › Ege Bamyasi

  • 1989 • Spoon CD008 • 1 CD

cd • 7 titres • 39:26 min

  • 1Pinch9:30
  • 2Sing Swan Song4:49
  • 3One More Night5:36
  • 4Vitamin C3:32
  • 5Soup10:32
  • 6I'm So Green3:06
  • 7Spoon3:04

enregistrement

Inner Space Studio, Cologne, Allemagne, 1972

line up

Holger Czukay (basse), Michael Karoli (guitare, violon), Jaki Liebezeit (batterie, percussions), Irmin Schmidt (claviers), Damo Suzuki (chant)

remarques

chronique

Styles
progressif
Styles personnels
psychédélique > kraut rock

Si "Tago Mago" vous fait peur, attaquez vous plutôt à "Ege Bamyasi", seconde pièce incontournable de la discographie de Can et qui présente l'avantage d'être plus concis. Un peu à l'image - style mis à part - de ce qu'était "Lick My Decals Off, Baby" de Captain Beefheart face à l'immense "Trout Mask Replica", si vous voulez. Revenu à un format simple, Can n'en oublie pas pour autant de nous balancer ce groove indéfectible dont la plupart des groupes de l'époque sont complètement dépourvus. La volonté immuable qu'a Liebezeit de maintenir un rythme entêtant sur des plages souvent très longues est pour beaucoup dans le côté transe de leur musique. Écoutez "Pinch" par exemple. Conservez sa première minute et mettez la en boucle en prenant soin de ne pas prendre le chant de Suzuki. Maintenant, rejoutez-y une trompette avec un léger effet d'écho ou, si ça ne suffit pas, une pédale Wah Wah amplifiée. Si vous ne parvenez pas à imaginer un morceau caché du Miles électrique dans ces conditions, je ne peux rien pour vous. La musique de Can n'est ni kraüt, ni prog, ni jazz. Elle n'est rien de tout cela, ou tout cela à la fois. Non, plus simplement, elle est avant tout organique ! S'il y a bien un aspect fondamentalement allemand à retenir dans leurs compositions, c'est leur propension aux expérimentations électroniques en tous genres, rôle assumé par Irmin Schmidt. Il n'y a pas que les notes fantômatiques de piano électrique de "One More Night", comme la prémonition des parties de clavier de John Paul Jones sur un "No Quarter" pas encore né, qui le laissent à penser. "Soup", le titre le plus long de "Ege Bamyasi" nous en offre aussi un bel aperçu ; les claviers sont ouvertement dissonants avant de disparaître au profit d'une série d'effets aussi divers que retors, créant un lien évident avec les délires encore frais de "Aumgn" et "Peking O" réunis. Aussi curieux que cela puisse paraître, avec des chansons comme "Pinch", "Vitamin C" ou "Spoon", "Ege Bamyasi" saupoudre ici de manière significative son farouche désir d'exploration d'une certaine idée de l'immediateté pop à travers une écriture toujours libre de toute contrainte, mais à la fois accessible et ouvertement frondeuse.

note       Publiée le mardi 19 avril 2005

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notes

Note moyenne        32 votes

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bangster › samedi 19 août 2017 - 18:30  message privé !

"Vitamine C", c'est le tube de ce disque, ultra accessible et d'une grande musicalité

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Raven › samedi 19 août 2017 - 09:25  message privé !
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"Sing Swan Song" (et tout le reste, mais c'est celle-là qui m'a mené au reste)

Note donnée au disque :       
zugal21 › samedi 19 août 2017 - 07:52  message privé !

J'ai peu d'écoutes au compteur, mais ce " Spoon " s'est détaché des autres titres, j'y entends quelque chose de plus facile à assimiler que le reste du disque

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(N°6) › vendredi 18 août 2017 - 22:25  message privé !
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Me souviens que DJ Dariev avait mis le feu à la piste avec "Spoon", me semble-t-il. Enfin j'avais découvert ce soir-là que CAN c'était le groove.

Aladdin_Sane › vendredi 14 octobre 2016 - 21:53  message privé !

Tiens, je redécouvre cet album à travers la version live qu'en a fait Stephen Malkmus il y a quelques années, et c'est trés bon !

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