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Can › Landed

  • 1989 • Spoon CD025 • 1 CD

6 titres - 40:18 min

  • 1/ Full Moon on the Highway (3:32)
  • 2/ Half Past One (4:39)
  • 3/ Hunters and Collectors (4:20)
  • 4/ Vernal Equinox (8:48)
  • 5/ Red Hot Indians (5:40)
  • 6/ Unfinished (13:19)

enregistrement

Inner Space Studio, Cologne, Allemagne, 1975

line up

Holger Czukay (basse, chant), Michael Karoli (guitare, violon, chant), Jaki Liebezeit (batterie, percussions, intruments à vent), Irmin Schmidt (claviers, chant), Olaf Kuebler (saxophone)

remarques

chronique

Styles
progressif
Styles personnels
psychédélique > kraut rock

Au rythme d'un album par an, la musique de Can s'est développée de manière fulgurante, atteignant des cimes jusqu'alors inexplorées pour entamer, assez rapidement je dois dire, une lente et douloureuse descente que tout rendait inéluctable. Si "Tago Mago", "Ege Bamyasi", et dans une moindre mesure "Monster Movie", sont reconnus comme des pièces maîtresses, la suite de la discographie du groupe allemand a toujours suscité quelques polémiques. L'approche radicalement plus evanescente de leur musique sur "Future Days" et "Soon Over Babaluma" laissa sur leur faim ceux qui ne juraient que par le festival pyrotechnique de leurs errances psychédéliques d'autrefois. Quelle que soit l'issue de ce débat finalement peu constructif, tout le monde s'accorde à dire en tout cas que le passage à l'ennemi - entendez le label britannique Virgin - représente le réel déclin de ce groupe à qui tout un pan de la musique populaire moderne doit tant. "Landed", "Flow Motion" et "Saw Delight", trilogie infamante, qui va du passablement bon au franchement déplorable, est la dernière ligne droite avant la porte de sortie. "Landed", à l'image d'autres disques d'autres groupes mythiques (cfr "Interview" de Gentle Giant) souffre d'une très mauvaise réputation sur papier qui vole en éclat à l'écoute de celui qui lui prête une oreille. Certes, la page est tournée, l'affaire est entendue ; à priori, Can ne sonnera jamais plus comme avant. Et le fait qu'ils jouissent à présent d'une production digne d'un contrat franchement signé a de quoi déstabiliser l'auditeur depuis si longtemps habitué aux approximations, réel marque de fabrique de l'école allemande. Mais bouder "Landed", c'est au moins s'interdire le plaisir de découvrir "Vernal Equinox" et "Unfinished", les deux nouvelles longues pièces de cet opus et qui n'ont pas à rougir face à leurs coups éclat d'antan. Karoli et Liebezeit jouent comme de réels bûcherons sur une musique qui demeure malgré tout planante et plus que jamais tournée vers l'exotisme (on notera d'ailleurs au passage la participation du saxophoniste Olaf Kuebler sur "Red Hot Indian"). En résumé, ne vous laissez pas aveugler par les rumeurs et donner sa chance à "Landed", le dernier vrai bon Can.

note       Publiée le mardi 19 avril 2005

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Punkfloyd › samedi 3 février 2007 - 01:59  message privé !
en meme temps Fripp joue tellement peu de notes sur ses impros que ce serait grave de rater le manche... Pour moi la grosse différence entre les impros de Can et de KC c que les premiers n'écoutent pas que leurs instruments lorsqu'ils jouent...Fripp me donne toujours cette impression d'autiste...je parie qu'il était (est toujours d'ailleurs)convaincu que le groupe ne tenait que par lui... alors des impros dans des conditions pareilles... Can est vraiment le groupe de l'impro...celui qui ne réfléchit pas, qui n'a aucune arrière pensée en prenant la démarche de faire la musique ...Il ne joue que pour la musique et c'est par leurs impros qu'ils se sont mutuellement enrichis et se sont ouverts a des styles fort lointain de leur début. Je n'accroche pas Landed vue du studio mais je parie que j'aurais trop pris mon pied a les voir en live durant cette époque... Une impro a mon avis c l'aléatoire (donc les fautes), l'inconscient ( dont je fais un parralèle direct avec les états de transe provoquées par une rythmique répétitive) et certainement pas les notes bien réfléchie du petit Fripp...KC a fait des impros mais elle n'ont strictement rien apporté a leur musique...En tout cas c'est mon avis Pour ce qui est des balises, écoute Spoon au Free Concert...
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Tango Mago › vendredi 23 décembre 2005 - 16:52  message privé !
Oui, je vois ce que tu veux dire. Mais répétitif ne rime pas avec balisé. Crimson intellectualise ses impro dès leur exécutions, avec un cheminement proche du jazz ou de certaines musiques contemporraines. C'est une aproche purement occidentale de la musique improvisée. Can produit une musique du corps, presque de danse, dérivé des transes et des danses primitives. (D'ailleurs leurs tempi correspondent souvent aux fréquences naturelles du coeur et du ventre...)...et ils "intellectualisent" ou polissent, en aval, avec des coupures et des collages plus ou moins importants.
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vincenzo › vendredi 23 décembre 2005 - 11:26  message privé !
Sur ce que j'ai pu entendre de Can en impro : c'est très "balisé". Section Basse/batterie hypnotique, carrée au possible autour de laquelle tournent guitare et clavier. Leur démarche est bien plus destructurée en studio.
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Tango Mago › vendredi 23 décembre 2005 - 10:50  message privé !
Pas bien grave ça...sur scenes, can est possédé, véritablement en transe, et sans aucun schéma préconçu. Crimson aborde ses impro avec une toute autre stratégie. Le point d'arrivée est déjà esquissé, les trajectoires plus ou moins définies : c'est de l'aléatoire balisé. Can, c'est un saut à pieds joints dans le chaos.
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vincenzo › vendredi 23 décembre 2005 - 09:38  message privé !
Très inégal cet album... L'ambiance globale ne me parle pas... En ce qui concerne l'impro, il faut quand même reconnaître que Karoli rate souvent le manche de sa guitare, oups, ce qui n'est pas le cas de Fripp ;)
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