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Can › Tago Mago

  • 1989 - Spoon, CD006/7 (1 cd)

cd | 7 titres | 73:15 min

  • 1 Paperhouse [7:28]
  • 2 Mushroom [4:03]
  • 3 Oh Yeah [7:23]
  • 4 Halleluhwah [18:32]
  • 5 Aumgn [17:37]
  • 6 Peking O [11:37]
  • 7 Bring Me Coffee or Tea [6:47]

enregistrement

Inner Space Studio, Cologne, Allemagne, 1971

line up

Holger Czukay (basse), Michael Karoli (guitare, violon), Jaki Liebezeit (batterie, percussions), Irmin Schmidt (claviers), Damo Suzuki (chant)

chronique

Styles
progressif
Styles personnels
psychédélique > kraut rock

Si l'on met entre parenthèse l'épisode "Soundtracks", "Tago Mago" est le second album (double !) du groupe allemand. Une oasis de non-dits où Holger Czukay invite le sixième membre fantôme du groupe, le studio, à forger en leur compagnie un univers musical sans équivalent notable. A ce stade, nous ne sommes plus vraiment en territoire musical.... C'est autre chose. C'est ailleurs... "Tago Mago" est une lente et sournoise progression dans les méandres de notre inconscient. Une séance d'hypnose aux effets secondaires immédiats. Expérience de dégradation irréversible de l'esprit, d'un cerveau aux circonvolutions à l'expansion trop incontrôlable que pour être contenues dans une boîte crânienne qui se déformerait sous la pression d'une imagination complètement desinhibée. D'où ce besoin de le traduire en paroles, ou plus précisément en sons. Can fait un aller-retour vertigineux et sans précédent dans l'inexploré et l'inexprimable. "Paperhouse", "Mushroom" et "Oh Yeah" préparent graduellement l'auditeur à ce grand plongeon qu'il ne voit pas venir. Les effets d'échos et de reverb font leur entrée avec grand fracas. Et toujours ces rythmiques endiablées, entêtantes, ornées par endroits d'éléments percussifs supplémentaires, trahissant, avec leurs gammes peu communes, l'intérêt évident de ces musiciens pour les musiques du monde. Si "Mushroom" fascine, "Oh Yeah" rend l'expérience encore plus palpitante ; tout semble défiler à rebours, à commencer par le chant de Damo Suzuki dont les bandes passent à l'envers. Est-ce bien raisonnable ? Mais où tout cela va-t-il nous mener ? Can aligne alors le métronomique "Halleluhwah", puis "Aumgn" et "Peking O", trois pièces avoisinant les vingt minutes et dont la pièce centrale, "Aumgn", semble incarner l'apogée de ce parcours fumeux où le collage psychédélique prend des proportions inhumaines ; on y entend percussions, bizarreries instrumentales, sonorités d'un au-delà inquantifiable, stridences d'un violon qu'on assassine, voix d'outre tombe aux propriétés incantatoires. Procédé sans doute discutable mais résultant quoi qu'il en soit d'un énorme travail de technique studio, on lui préferera peut-être "Peking O", plus concis mais aussi plus extrême encore dans ses options ; pas de mélodies à chercher ici, la musique devient pure matière sonore. Grincements, tôles froissées et chants possédés constitutent la colonne vertébrale de ce dernier manifeste faussement hippie, où claviers et utilisation intensive des boîtes à rythme dévoilent l'ombre d'un Sun Ra électrique encore à venir, avant de se réveiller groggy sur "Bring Me Coffee or Tea", les membres encore endoloris par la violence du voyage. 73 minutes intenses qui renvoient Pink Floyd à sa juste place : au placard.

note       Publiée le mardi 19 avril 2005

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SEN › mercredi 6 septembre 2017 - 07:41  message privé !

Et merde ! Holger Czukay est mort ! Putain sale année pour CAN après la mort de Jaki Liebezeit en début d'année !

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SEN › lundi 23 janvier 2017 - 01:13  message privé !

Putain de merde, je viens d'apprendre la triste nouvelle :(

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › lundi 23 janvier 2017 - 00:27  message privé !
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Rikkit › vendredi 24 juin 2016 - 23:57  message privé !

Dans les musiques bizarre, où les gens font des bails chelou et tout le tintouin, y a la masse d'artistes et d'albums surestimés. Je trouve. Je vais pas donner d'exemple, ça sert à rien et les gens vont être vénère, et ça sert à rien. Can, et Tago Mago en particulier, vu qu'il est question de cet album butent tous les niais qui pensent faire des trucs fous alors qu'en fait ils se masturbent comme des crétins devant des hordes de types persuadés qu'ils tiennent des artistes géniaux. Simplement parce que Can fait des bulles, parce que Can produit une musique qui vit, se meut et respire. Un disque pour danser et autre pour triper. A moins que ce soit l'inverse. Dans le fond on s'en fout, sur les deux, Can bute, un point c'est tout.

Note donnée au disque :       
Aladdin_Sane › lundi 7 décembre 2015 - 19:26  message privé !

Oui, Ege Bamyasi me parait plus abordable que ce monstrueux Tago Mago (bon sang ! Aumgn, faut se l'enquiller quand même). Sinon, j'ai appris aujourd'hui que Stephen Malkmus (Pavement) avait repris en live l'intégralité de Ege Bamyasi justement. Les quelques extraits écoutés sur la toile m'ont bien convaincu de poursuivre dans l'univers de Can.