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Sol Invictus › Necropolis

cd • 15 titres

  • 1Necropolis: portal
  • 2Nine elms
  • 3Old father thames
  • 4See them
  • 5Serpentine
  • 6Still born summer
  • 7Brick lane
  • 8Turn turn turn
  • 9The last man
  • 10The garden of love
  • 11Kill burn
  • 12Set the table
  • 13Murder on Thames
  • 14Shoreditch
  • 15Necropolis: egress

extraits vidéo

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enregistrement

Feather Recording, One Cat Studio, Londres, Grande-Bretagne.

line up

Tony Wakeford (chant, guitare, basse), Eilish McCraken (piano, flûte), Renée Rosen (violon, mandoline), Caroline Jago (basse, batterie), Don Anderson (guitare électrique), Igor Olejar (batterie, voix), Simon Satori, Susan Matthews, Lisa Graham, Robyn Sellman (voix), The Green Army Choir (voix)

remarques

Existe en version deluxe accompagnée d'un second cd: https://sol-invictus.bandcamp.com/

chronique

Un bâtiment ancien qui, dans sa version négatif au verso du digipack, prend des allures de pierre tombale, noyé dans ses teintes sépia macabres, une bâtisse coincée entre une banque et une morgue, l’arrière-plan de la banque constitué de grues, de projets architecturaux récents, celui derrière les pompes funèbres des flèches de l’ancienne Londres…Grandeur et décadence. Dès ‘Necropolis’ intro cérémonieuse et grave accompagnée de choeurs féminins, le groupe donne le ton, celle d’une grandeur passée, évoquée non avec nostalgie mais avec aigreur. Ce qui ne signifie nullement que la tristesse soit absente, bien au contraire. A bien des écarts, je retrouve entre ces lignes beaucoup d’éléments de ‘Lex Talionis’, notamment dans le dépouillement et l’âpreté de l’écriture, les sons tranchants de la guitare électrique, mais accompagnés en filigrane de tous les progrès accomplis par Wakeford en tant que chanteur, compositeur, musicien. Les aspects durs, rêches, s’équilibrent de parties plus mélancoliques, délicates dans les arrangements avec chœurs féminins, piano, guitare sèche. Le point le plus remarquable demeure l’évolution du chant; si son timbre un peu faux caractérisait la patte Sol Invictus, force est de reconnaître que cette fois (certes dans une palette limitée), Tony assure un cran au dessus, sans perdre pourtant cette forme immédiate, sans fioriture, qui donne aussi sa force au projet. ‘Necropolis’ est un album à écouter en son entier, comme on suivrait un parcours dans le vieux Londres, comme on visionnerait une pellicule un peu jaunie. Des pièces brèves (une minute) lient des morceaux plus conséquents. Atmosphère forte, cinématographique, caractérisée par ses teintes noires et glauques. Dans la sainte trilogie du dark folk, Current 93, Death In June, Sol Invictus, ces derniers restent les plus ouvertement sombres, malgré (ou à cause de ) l’humour caustique typiquement british de leur maître à penser (l’image de lui posant en Winston Churchill du pauvre, limite caricatural, dans le livret en dit long). ‘Turn turn turn’, par exemple, hanté des rires de sorcières évoquées qui, après quatre minutes, se mue en post punk plombé et sinistre; ‘Nine elms’, splendide, où cohabitent une guitare sèche cristalline et froide, fouettée d’accord électriques méchants sur fond de marche à l’échafaud à la basse, imperturbable malgré les flûtes oiseaux comme frappées de folie…Trop court ! Impossible de ne pas citer aussi ‘The last man’ tant il évoque des échos du frère ennemi David Tibet avec ses cloches, son intro ‘nursery rhyme’, sa mélodie folk, à ceci près que Tony Wakeford pose sa voix comme un lord anglais et non un prêcheur campagnard. Magnifique chanson. La chanteuse lyrique de ‘Garden of love’ n’annonce rien de positif pour autant (comment oublier les paroles de ‘Abattoirs of love’ autrefois ?). Les accents néoclassiques du titre ont un glissé trop toxique pour dégager de bonnes vibrations…L’histoire de la cité de Londres est évoquée. Rome chez Current 93, Londres chez Sol Invictus ? Hommage déguisé ou métaphore pour exprimer une certaine vision de la décadence ? Le beau mais trop bref ‘Kill burn’ a de par sa brièveté même cette tonalité d’acte de condamnation même si ‘Set the table’, plus rythmé, dégage presque une impression ‘printanière’…Presque…’Necropolis’ est pollué de smog; pas un rai de lumière n’en traverse l’opacité; du coup l’auditeur se voit contraint d’évoluer dans un théâtre d’ombres où il ne sait plus trop s’il côtoie des fantômes ou de vrais humains. Pour qui en douterait, ‘Shoreditch’ et ‘Necropolis: egress’ sonnent le glas de ce requiem, le premier de manière trompeuse, presque claire, le second comme le couplet final du choeur des tragédies grec, reprenant le thème d’introduction pour mieux achever la boucle. ‘The dead need a holiday’…Lorsqu’on se rend sur le bandcamp du groupe pour y lire’ possibly the final release from a band revered as progenitors of a dark and desperate sound’, doit-en déduire qu’il s’écoute comme un testament ? Un des travaux les moins évidents du maître et pourtant, un diamant d’ébène au coeur d’une mine de charbon !

note       Publiée le jeudi 26 mars 2020

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Note moyenne        3 votes

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Twilight › dimanche 29 mars 2020 - 00:07  message privé !
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je suis moi-même en plein trip Sol Invictus avec T-shirt, cds, etc...1) Current 93, 2) Sol Invictus 3) Death in June

Note donnée au disque :       
SEN › samedi 28 mars 2020 - 16:46  message privé !

Cette chronique tombe à pique, c'est mon kiff du moment avec l'album précédent "Once upon a time' ! C'est fou de voir comme Wakeford arrive à se renouveler avec les années ! Un très grand disque, un de plus !

Note donnée au disque :