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The 150 Murderous Passions › s/t

vinyl 33t | 2 titres | 38:04 min

  • 1 Part One [11:49]
  • 2 Part Two [26:15]

enregistrement

Enregistré le 5 novembre 1980.

remarques

United Dairies répertorie ce disque comme une oeuvre conjointe de Whitehouse et Nurse With Wound. Nous avons préféré suivre la classification de la Come Organisation qui considère The 150 Murderous Passions comme un groupe à part entière.

chronique

Styles
ambient
power electronics
noise
Styles personnels
sado electronics

Pour qui connaît bien les « 120 journées de Sodome », rien d'étonnant à ce que Bennett et Stapleton aient choisi la dernière partie du chef d'oeuvre du Divin Marquis comme nom d'emprunt pour ce side-project d'un temps: les infâmes 150 passions meurtrières, qui nous sont parvenues à l'état de simples notes, constituent en effet l'inégalable sommet littéraire de la torture mentale et physique. A ce niveau de vice, il n'est plus question du commun libertinage, mais d'abjection la plus totale. Faire référence à l'écrit le plus extrême de Sade est une chose, être à la hauteur en est une autre. Alors, qu'en est-il ? Eh bien, cette oeuvre ne devrait pas décevoir les connaisseurs, bien au contraire. Bennett signe le morceau le plus court (enfin tout est relatif : 11 minutes quand même!), qui est aussi le plus brutal. Se glissant dans la peau du Duc de Blangis, notre scélérat d'écossais débride son power electronics en une longue plainte de hautes fréquences insoutenables, un larsen de douleur luttant contre la distorsion qui le démultiplie. Bennett le libertin hurle, exulte, fustige, ça grince de partout, ça sent la chambre de torture, le sang, les nerfs à vif et les chairs brûlées au tison. Une pièce statique et terrible, qui porte le sado-electronics à son odieux paroxysme. L'autre morceau, signé Stapleton, est plus vicieux, moins direct. Tout débute par un larsen en retenue, comme un prédateur tournant autour de sa proie, soutenu de manipulations métalliques lointaines, de collages surréalistes en boucle. La violence monte lentement, sournoisement, notre tortionnaire aime faire durer son plaisir, c'est un raffinement auquel il ne saurait déroger. Puis nous parviennent des pleurs de victimes atrocement déformés, subissant oscillations suraigues et déflagrations de bruit blanc. Un sinistre craquement en boucle, évoquant certainement les brisements des os, termine ce mouvement au grincement crescendo. Un marteau-piqueur lointain fait office de break, avant que n'avancent en rampant des bandes de voix ralenties, comme une rivière de cadavres. Ce véritable charnier sonore, puant la zoophilie et les expérimentations à base de mutilations, s'enrichit d'un piano désaccordé annonçant une séance de torture qui reprend de plus belle, où les déchirements de cordes vocales répondent aux décharges orgasmiques de larsen. L'indicible, sous forme d'un lointain marteau-piqueur, clôt cette pièce d'un surréalisme pervers. Il est probable que depuis ce 150 Murderous Passions, des dizaines de formations ont fait plus bruyant et plus insoutenable, oui c'est très probable, mais à mon avis aucune oeuvre n'a aussi bien réussi à retranscrire l'univers du Divin Marquis avec autant de justesse. Une oeuvre archétypale et essentielle.

note       Publiée le dimanche 21 mars 2010

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klaark › lundi 26 octobre 2015 - 10:43  message privé !

À la vue de la pochette, j'ai aussitôt pensé au court-métrage "The Donor Party" de Laurence Arcadias qui m'avait traumatisé alors que j'avais 9 ans (c'était sur la VHS Imagina 93-94). La filiation est bien présente puisqu'on y retrouve l'homme qui se fait opérer les yeux : https://www.youtube.com/watch?v=KhuLU0CIkZU

Harry Dickson › mardi 11 juin 2013 - 13:50  message privé !

Le corps et le fouet. Atroce. Stapleton expliquait que Bennett avait construit au départ une oeuvre d'une grande beauté formelle mais comme d'hab il n'avait pas résisté in fine à balancer le tout dans le rouge des VU-mètres. Un grand pic des musiques extrêmes. C'est peu de le dire.

Attention, la version CD publiée par United Dairies comporte des versions amputées outre le fait que l'ordre des deux titres est inversé. Acheter plutôt l'album comme le conseille cette excellente chronique, ou le CD compil "Anthology 1 Come Organisation Archives 1979-1981" qui reprend les deux morceaux de façon intégrale. Good noise.

Note donnée au disque :       
Alptraum › samedi 10 septembre 2011 - 14:14  message privé !

Soyons honnête. L'affiche est géniale, pour l'originalité, ok, mais alors, c"est absolument inécoutable !!!

Note donnée au disque :       
boumbastik › vendredi 22 avril 2011 - 23:29  message privé !

pochette anatomiquement surréaliste

absinthe_frelatée › lundi 22 mars 2010 - 05:29  message privé !

Bien effrayant, pochette qui tabasse. Mais je ne crois pas l'avoir déjà écouté autrement que dans une semi-léthargie, peut-être ceci explique-t-il cela.