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Will Haven › El Diablo

cd • 10 titres • 46:00 min

  • 1Stick Up Kid6:00
  • 2I've Seen My Fate3:49
  • 3Ego's Game3:58
  • 4Mason3:27
  • 5Climbing Out This Bottle4:12
  • 6Extinguish3:28
  • 7Baseball Theory2:41
  • 8June4:27
  • 9Foreign Film4:55
  • 10¡Escucha!9:17

enregistrement

Enregistré au Enharmonik Studios, Sacramento, California, Avril 1997. Produit par Eric Stenman. Mixé par Eric Stenman et Will Haven.

line up

Grady Avenell (voix), Jeff Irwin (guitare), Mike Martin (basse), Wayne Morse (batterie)

Musiciens additionnels : Justin Cisneros (saxophone sur "¡Escucha!"), C. Coffen (voix sur "Foreign Film")

remarques

Réédité en 2006 chez Golf - Plastic Head.

chronique

Ah ! non ! je vais pas encore me battre avec ce moustique ! il m’énerve, je me suis en plus déjà envoyé un litre de bière, ça va pas le faire, je suis énervé. Pourquoi faut-il toujours que le mot WILL HAVEN m’arrive en tête quand je suis dans ce genre d’état que beaucoup d’hommes assumant d’être hommes considèreraient comme une gaminerie ? hein ? et bien, parce que j’assume pas. Enfin pas comme le chanteur de Will Haven qu’un ami m’avait vendu à l’époque comme “première partie Deftones, un gars arrive pieds nus sur scène, braille dans son micro et là paf, gros riff, grosse basse ! scotché”. Il est maintenant Shériff ! même pas adjoint Shériff comme Steven Seagal, non, plus fort que mon panda favori le Shériff, avec son grand menton, son air de beau gosse, encore un peu il va se retrouver à l’hôpital puis il va se réveiller entouré de zombies. Oui, Will Haven, avant tout, c’est une voix car, comme m’avait dit une autre personne qui m’a d’ailleurs jamais rendu le disque : “ouais, bof, c’est du Deftones ton truc!”. Ben ouais, du Deftones première époque, mais en beaucoup beaucoup plus méchant et triste, et surtout avec une voix particulière, enfin la voix de quelqu’un qui assume, d’un homme qui a gardé bien au chaud sa virilité contrairement au chanteur de Deftones hein ! pas de chant suraigu ici, pas d’atermoiement même si les intonations pourront vous faire penser à d’autres groupes pleureurs, mais screameurs, mais qui déchirent leurs coeurs, avec leurs petits pulls, avec leur rancoeur - cf. tag screamo pour les gars du fond qui n’arrêtent pas de m’insulter depuis d’t’aleur. Une voix pleine de rage, on va dire “le sanglot du psychopathe”, des riffs gros lourds qui vont pas plus loin d’une case sur l’manche, un batteur helmetien, c’est à dire un jeu qui peut faire oublier la simplicité des accords de guitare en nous faisant bouger la nuque, ou par défaut le popotin - ou, encore mieux notre esprit, tout cela bien sûr dans le cadre des normes établies par Black Sabbath en 1970. S’ensuit dans l’inventaire : une basse bien ronde et grasse comme un whooper, et puis, encore, Grady Avenell le pourfendeur de la mignardise, et sa voix comme un hurlement de chat sauvage ou le grognement de l’ours mélancolique, voix qui pourrait aussi vous rappeler celle du voisin en manque fracassant son front fatigué contre le miroir de la salle de bain. La thématique de l’album tourne autour de machins habituels dans la ritournelle américaine : pathétique d’une existence écrasée par des paysages trop urbains, trop grands, trop qu’on voit dans les films tu vois ? EL DIABLO, écrit en espagnol, en mexicain, c’est toujours notre vieux Pan mais là, il a été empaillé avec des chapelles pleines d’ossements et de grigris, de délires égotistes mal digérés et tous ravalés par des siècles d’oppression et les flingues omniprésents - ach, mon shériff ! Les paroles tournent autour des sensations d’enfermement, d’étouffement, enfin des choses qui nous rappellent encore furieusement les interrogations graves sur la liberté, l’oppression, l’aliénation, le sadomasochisme entre amants et amis, tous ces bidules mentaux qui ravinent les scènes hardcore/crust/emo/punk/c’que tu veux… mais là, ils sont mélangés avec des gros gros riffs de gros metal, allez on va dire du doom pour rentrer dans le sous-tag... ils sont enveloppés aussi par l’ombre du cousin Broadrick quand on écoute Grady crier sur les dualités amour/haine, béton/suffocation, rage/désespoir avec une grosse basse derrière. A l’heure de 2014 où nous avons enfin un nouveau Godflesh, et un bon je trouve, il me semble de bon ton dans notre bonne société de gens de bons goûts de nous retourner si nous avons plus de 30 ans vers ces années gaga où on dansouillait sur du Faith No More CDr gravé, où on se posait la question de la fin du metal, et où de temps en temps, au détour d’un sampler je ne sais quoi on tombait sur un groupe comme Will Haven qui faisait une sorte de synthèse de tout ce bordel post-89 et qui nous faisait repousser les cheveux, dépoussiérer les patches, enfiler les ceintures à clous. Enfin, moi ça l’a fait, et maintenant que le moustique s’est bien rempli la panse de mon sang, j’arrive enfin à cet état de décontraction qui m’envahit après chaque décharge d’el diablo. Et vous?

note       Publiée le vendredi 10 octobre 2014

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notes

Note moyenne        7 votes

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dimegoat › vendredi 10 octobre 2014 - 07:27  message privé !

Ouh yeah Will Haven! faire du "air-Grady" est un passe-temps jubilatoire et thérapeutique. Comme quand y'en avait encore marre avec Malabar. Quand y'en a marre, j'éructe dans mon stylo. Epurée la guitare, épurée la batterie, animale la voix...les Cro-Magnon du hardcore.

Note donnée au disque :