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Will Haven › Voir Dire

cd 1 • 10 titres • 39:48 min

  • 1Held To Answer
  • 2When The Walls Close In
  • 3Urban Agoge
  • 4The Siege
  • 5A Beautiful Death
  • 6Object Of My Affection
  • 7Midas Secret
  • 8Lives Left To Wither
  • 9Harvesting Our Burdens
  • 10Lost

informations

line up

Grady Avenell (voix), Jeff Irwin (guitare, claviers, piano), Antony Paganelli (guitare), Chris Fehn (basse), Adrien Contreras (claviers), Mitch Wheeler (batterie)

chronique

La messe commence, les claviers sont beaux. Ça sent le sapin. Le combo pochette/titre pose l'ambiance. On voit, épinglées sur le mur d'une possible piaule de tueur en série, ces photos rendues muettes à coups de marqueur. Et l'Internet nous dit : "ce terme juridique vient de l'ancien français voir (« vrai ») et dire, littéralement « dire la vérité ». Aux États-Unis, le voir dire est la méthode de sélection du jury par lequel le juge ou les avocats posent des questions afin de traquer la partialité des jurés". On se demande si ce choix de titre est pas un peu lié au nouveau boulot du chanteur. Will Haven, ce groupe metalcore à ambiance d'entre tous, après avoir laissé le temps de leur quatrième album le micro à un ami donnant son nom au troisième titre de leur second album (c'est bon tout le monde suit ?), reviennent avec leur vocaliste historique Grady... Et c'est pas mardi gras ! Même s'il y a des samples de cérémonie, les enfants de chœur ne chantent pas. On sera sous l'église, là où la pierre rejoint la terre. Avec le râle opaque et cendré d'Avenell, les guitares en cerbères aveugles, dans un long tunnel. Dans l'Amérique mais vue du caniveau, des caveaux, des vides sanitaires de voisins d'où émane une odeur horrible. Will Haven ça vous recouvre comme ça, comme un nappage d'huile de vidange sur la dure-mère, c'est un son qui vous boucane l'humeur en deux-deux. Dans un disque d'un bloc, plus uni que le t-shirt noir que j'ai acheté hier chez Celio, et plus chargé que le caddie de la maman qui était devant moi ce matin à la caisse. Pour trouver plus mortivivifiant de ce côté du hardcore métallique, cet oxymore ici oxydé, calciné, va falloir se lever... Sacrément tôt. Ou écouter le terminus extrême de ce style : Open the mind to Discomfort. Comme déjà dit dans sûrement plus de chros que de photos sur cette pochette, Will Haven c'est un peu comme les morceaux les plus hardcore de Deftones mais en noir c'est noir : on n'y porte pas le chino, ni le short baggy, mais le pantalon cargo en lambeaux. Et on souffre comme un sujet. Plongé dans l'obscurité d'un hiver émotionnel, tendrement poncé par ces cordes et ce cri de roche, dans cette musique mélo-cramée pour messes noires, au goût de damnation. Voir Dire est à coup sûr l'un des albums de Will Haven où l'ambiance est la plus soignée, avec ces synthés et ces samples délétères, à la fois communs et... plombants. On les sent soucieux de fabriquer un film, de type thriller dans lequel le tueur restera impuni, jusqu'au superbe final façon western crépusculaire (digne d'un Hangman's Chair). C'est très américain, et ça prend. Et ça mâche dans la tête. Une de plus sur le mur, avec les autres, dans la pénombre d'un sous-sol de Sacramento. Captive.

note       Publiée le mercredi 24 mai 2023

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    born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

    Beaucoup aimé à sa sortie, mais rendu inutile chez moi par Open the Mind to Discomfort.

    Note donnée au disque :       
    dimegoat Envoyez un message privé àdimegoat
    avatar

    Mon préféré de la période moderne. Plutôt osé de faire un truc aussi plombant pour un come-back