Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesWWill Haven › Open The Mind To Discomfort

Will Haven › Open The Mind To Discomfort

cd | 9 titres | 23:25 min

  • 1 A
  • 2 Soul Leach
  • 3 Do You Have A Light
  • 4 B
  • 5 Hermit
  • 6 C
  • 7 The Comet
  • 8 D
  • 9 Pop 14

line up

Grady Avenell (voix), Jeff Irwin (guitare), Anthony Paganelli (guitare), Adrien Contreras (basse), Mitch Wheeler (batterie)

chronique

Styles
hardcore
gothique
metal extrême
black music
Styles personnels
albédo zéro

Cet E.P. empeste le caveau sans issue. Sensation d'être noyé dans un cimetière retourné, chicoté par des statues de Vierge aux orbites vides... La pochette aiguille assez bien, ne peut s'oublier tout du long. Tu es piégé dans ce cimetière, assailli nonstop par des nuées informes comme dans un niveau de Painkiller en difficulté Cauchemar. Le ciel est noir, la terre est noire, l'air autour est noir, tu ne sais plus si tu es sur le cimetière ou en-dessous, la terre et le ciel ont fusionné en un liquide épais, que ta stéréo dégueule. Et par-dessus ça hurle... Hardcore sépulcral, à balle. Linéaire. La vitesse et la lenteur s'y confondent comme la terre et le ciel. Une charge aveugle, comme cette statue phallique de la couverture. Pure matière sonore de hurleur-fossoyeur, sans forme à laquelle se retenir. Will Haven n'en a rien à battre de faire des morceaux, il fait un truc entier, il se fout de libérer un hurlement qui varierait un tant soit peu, s'en fout de faire des riffs, s'en fout même de faire des notes perceptibles, ça sert à quoi, tout ça ? Quand on a la matière noire au creux des mains... Laisse-toi aller dans ce magma métaphysique, n'essaie pas de t'agripper à tes schémas rassurants, n'essaie pas de percevoir ici ce qui y est par nature imperceptible, puisque inexistant... Ouvre ton esprit à l'inconfort. Toutes ces choses ont disparu. Seule existe l'Ambiance. Will Haven n'est plus qu'ambiance, oui. Et il il se purge de cette ambiance. L'ambiance, quand c'est vraiment réussi, ça n'a pas besoin de compositions, ces silhouettes rassurantes. Ressens seulement la globalité de cette ambiance, sa totalité, son vrombissement tellurique. Laisse-toi emporter par ce flux de guitares en bouillie, dans ce corridor de claviers glaciaux, laisse-toi gagner par la narcose, la nécrose... Exit la pièce d'écoute. Exit le réel. Exit toute lumière : Will Haven expérimente la lounge-brutalité dans l'obscurité totale et le froid total, le hardcore atmosphérique façon cold-ambient. Un truc beaucoup moins grotesque que son appellation, qui gouache l'humeur pendant ving-trois minutes aussi denses qu'une apnée dans la pierre. Ce que Will Haven ont fait d'autre ? On s'en fout comme de l'an quarante : ici ils fabriquent un équivalent musical du nom de notre webzine. Guts of Darkness-core, ouais. Fait sombre dans les entrailles des ténèbres, hein, visiteur ? Inutile de tricher, ta frontale tiendra pas plus longtemps qu'à l'approche d'un réacteur en fusion. Et comme elle, tu vas grésiller, puis t'éteindre. Bienvenue au Purgatoire.

note       Publiée le mercredi 15 janvier 2020

partagez 'Open The Mind To Discomfort' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Open The Mind To Discomfort"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Open The Mind To Discomfort".

ajoutez une note sur : "Open The Mind To Discomfort"

Note moyenne :        3 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Open The Mind To Discomfort".

ajoutez un commentaire sur : "Open The Mind To Discomfort"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Open The Mind To Discomfort".

Rastignac › jeudi 16 janvier 2020 - 11:31  message privé !
avatar

C'est dingue comme ce groupe est bon, année après décennie. Celui-ci il est bien terrifiant, tout en gardant la patte que je reconnaitrais à chaque coup. Ils sont forts.

born to gulo › jeudi 16 janvier 2020 - 10:05  message privé !

Leur meilleur disque, d'un cheveu devant La Muerte.

Note donnée au disque :       
dimegoat › jeudi 16 janvier 2020 - 08:54  message privé !

Aaaah, l'un de mes groupes de chevet. j'avais beaucoup aimé Voir Dire (lounge-brutalité, oui!) mais pas Muerte. Je vais donc essayer cet entre-deux