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Richard Dawson › The Glass Trunk

cd • 19 titres • 62:22 min

  • 1A Parents Adress to his Firstborn Son on the Day of His Birth4:10
  • 2I1:02
  • 3II1:01
  • 4Poor Old Horse5:32
  • 5III1:50
  • 6IV1:09
  • 7William and His Mother Visit the Museum6:12
  • 8V0:58
  • 9VI1:00
  • 10The Brisk Lad2:54
  • 11VII0:59
  • 12VIII1:04
  • 13Joe the Quilt Maker12:29
  • 14IX0:57
  • 15X1:10
  • 16The Ghost of a Tree5:22
  • 17XI1:02
  • 18XII1:11
  • 19The Ice-Breaker Baikal11:45

enregistrement

Enregistré et mixé aux Blank Studios par Sam Grant. Masterisé par Sam Grant. Produit par Richard Dawson et Sam Grant.

line up

Richard Dawson (voix, guitare)

Musiciens additionnels : Rhodri Davies (harpe), Byron Tyler, Cath Tyler, Charlie Etherington, Claire Tyrell, Gorge Welsh, Graham Thrower, Jem Etherington, Jim Bowmaker, Jo Ellis, John Coburn, John Edgar, Josh Tyrell-Thrower, Lee Etherington, Maia Etherington, Matthew Saxon, Nev Clay, Phil Tyler, Sally Pilkington, Sarah Hill, Stuart Liam Winkinshaw (chœurs sur Ghost of a Tree) ; Sarah Hill (deuxième voix sur Ghost of a Tree)

remarques

L’édition Alt. Vinyle de 2013 contient un vinyle 12” et un vinyle 10” sur lesquels sont répartis les 19 titres.

chronique

Styles
folk
ovni inclassable
spoken word / lecture / poésie
Styles personnels
dark bloody meat and sour black beer

Le folk – par nature, par destination, par cheminements… – est singulier. La nature de celles et ceux qui les jouent, les chantent, les colportent, quand ils ont mieux à faire qu’avoir seulement quelque chose à vendre… Le folk est à tout le monde, hors-école, hors-caste. Le folk n’est pas un genre et Richard Dawson ne s’en donne aucun. Anglais du Nord – Newcastle on Tyne – barbu et râblé, rouge de peau. Il boit comme un Anglais du nord : vite, longtemps les soirs où il joue, débit. Il est avenant. Ce disque commence par une adresse de bienvenue à un nouveau-né – grâce que lui souhaite un père, tout un chœur vibrant autour, des harmonies un peu "drôles". Suivent deux étranges fragments de guitare – heurtés, brefs, le phrasé pourtant sûr. C’est un jeu tout personnel et tout idiomatique, dialecte d’un homme qui l’à laissé couler de là où il était, qui continue d’y vivre. Richard Dawson jouait, un soir où j'y étais, dans une demie-obscurité. Puis – panne sèche du groupe électrogène qui alimentait la place – le noir s’était fait. Et Dawson avait continué, repris a capella. "Poor ooool’ Horse". Une histoire horrifique, mise à mort de la vielle carne, tous les détails de la violence, bruit et souffrance, fureur gratuite, ingrate, des coups – sans effets spéciaux, juste cette voix puissante, vibrante – et les tueurs à la fin qui tranquillement rentrent embrasser l’épouse, prendre un bain chaud. Le folk trimbale souvent ce genre d’épisodes à frémir. Le folk remue. Celle-là m’avait frappé presque de stupeur, en direct. Richard Dawson alterne les courtes plages sur l’instrument – titrées simplement d’un numéro en chiffres romains – et d’autres chantées, plus longues. La guitare a de curieux accents parfois, d’une espèce d’orient vu à travers un filtre froissé, des cheminements rythmiques nerveux, imprévisibles, battement complètement ailleurs – que dans la rainure d’un chant neutralisé, je veux dire, pop, patelin. Je n’entends rien d’aride à ces morceaux. Parce que l’abstraction à priori des instrumentaux est en fait irriguée de matière, d’une coulée, des pièces trop agitées, trop vigoureuses pour faire ombres de concepts, simple exécution de ceux-ci. Parce qu’il y a ce presque-chuchotement en fausset tendre et triste sur John the Quiltmaker. La solidité, le projeté de la colonne d’air, la violence qui tord le ventre du sus-cité Poor Old Horse. Parce qu’il y a Ghost of a Tree ! Le chœur revenu, sur celui-là, qui brise le récit à plusieurs reprises, dissonant, frottements d’intervalles qui tordent encore l’atmosphère fantastique, la colorent, y font passer des flashes aveuglants, chants de tétanie. La deuxième voix, féminine, ligne d’unisson qui fait mieux sentir les cahots. La scansion tapée, primaire – en concert il l’avait frappée des pieds tout au long, et on n’en menait pas large, dans cette braillante surnaturelle, cette histoire interminables de puits profonds qui se dérobent sous les pas des marcheurs, de viande gorgée de sang noir, d’enfants qui disparaissent. Catastrophe casuelle au bout de la randonnée, ton qui monte par degrés au fil des couplets, le ciel qui s’ouvre au bout, une lumière en pleine nuit déchirant tout l’espace. Un archet sans doute sur le pièces XI et XII. Ce jeu de feedback sur celles-là et d’autres, sons enflé, durci, vibré, tenu à la limite du larsen, de l’éclatement. Dawson, ici, dépasse les tranquilles continuations de recueils, les interprétations un peu contenues, presque timides, de ses premiers disques. Si sa musique, là, peut faire penser à Fred Frith, parfois à Richard Youngs, à Henry Kaiser, à ce genre de types, à Elliott Sharp, voire, à chacun de compléter la liste… c’est moins par une accointance de forme peut-être que par un semblable empirisme dans la recherche, l’expérimentation, un souci très pragmatique du son, des timbres, des lignes comme arrêtes de volumes, armatures. Ce folk est beau parce qu’il est brut et insondable. Parce qu’il ne copie rien mais plonge profondément dans ce qu’il raconte, vers le lieu opaque d’où sort ce que le folk, les folks, ont toujours raconté. Au bout de disque, Dawson et sa vision n’auront rien, ne se seront pas arrêté.

note       Publiée le jeudi 25 mai 2017

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Klarinetthor › vendredi 26 mai 2017 - 01:10  message privé !

Ouep, finalement pas le plus simple pour commencer Richard Dawson; le suivant Nothing important tenant des pièces incomparables. Mais ce Glass Trunk est celui représentatif de ses lives, celui à qui se frotter avant de l'aborder - malgré sa bonhommie véritable. Prochain album en juin, et prochain concert junonien itou, chez lui. j'ai hâte bloody hâte.

Note donnée au disque :