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Dead Can Dance › Toward the within

  • 1994 - 4AD, 7243 8 39936 2 8 (1 cd)

cd | 15 titres

  • 1 Rakim
  • 2 Persian love song
  • 3 Desert song
  • 4 Yulunga (spiritdance)
  • 5 Piece for solo flute
  • 6 The wind that shakes the barley
  • 7 I am stretched on your grave
  • 8 I can see now
  • 9 American dreaming
  • 10 Cantara
  • 11 Oman
  • 12 Song of the sibyl
  • 13 Tristan
  • 14 Sanvean
  • 15 Don't fade away

enregistrement

Enregistré live au Mayfair Theatre, Santa Monica, Californie. Enregistré et mixé par Guy Charbonneau.

line up

Lisa Gerrard (voix, yang ch'in, percussion), Brendan Perry (voix, guitares douze cordes, percussions, bouzouki irlandais, whistle), Brendan Perry (voix, guitares douze cordes, percussions, bouzouki irlandais, whistle); Robert Perry (willean pipes, bouzouki irlandais, whislte, percussion); John Bonnar (claviers, voix, percussions); Ronan O'snodaigh (percussion, voix); Andrew Claxton (claviers); Lance Hogan (basse, guitare six cordes, percussion, voix)

chronique

Bien plus qu'un live, puisqu'il contient 11 pièces inédites sur 15, "Toward the within" constitue pour moi le sommet de la carrière de Dead Can Dance. Le groupe, dont la subtilité, la sincérité et la mystique sont ici humanisés de l'acoustique et du feeling de vrais instrumentistes, y déploie tout ce qu'il a été depuis sa plongée spirituelle... tout ce qu'il ne sera plus. L'année suivante sort un "spiritchaser" aussi atypique que réussi, puis le groupe s'arrête. Cimentées par le caractère live et l'unité sonore qui en découle, les 15 pièces peuvent ainsi exposer avec une extraordinaire diversité toute l'étendue du champ d'exercice d'une formation exceptionnelle en bien des points. L'orientalisme y paraît plus sincère que jamais grâce à l'acoustique et à la sobriété nécessaire puisque live de la production, les percussions notamment; le spirituel et le mysticisme y trouvent une dimension d'authenticité que ce groupe atrocement esthète n'avait jamais vraiment atteinte, angle d'attaque favori et légitime de ses détracteurs, par l'interprétation en concert : deux voix conservant ici toute leur perfection technique, mais aussi porteuses d'une humanité que l'on ne soupçonnait pas. Et puis il faut d'ailleurs le dire, car le tétanisant "Yulunga" en témoigne avec une puissance imparable : Lisa Gerrard est une des plus grandes virtuoses de la voix du 20ème siècle. L'entrée de chant, cette abîme à la profondeur hallucinante dans laquelle elle plonge en clôture des premières lignes... alors que la suite de la trance la verra virvolter dans les aigus pincés avec une maîtrise exceptionnelle de ses moindres intonations; non décidément, ni les chanteuses lyriques les plus exceptionnelles, ni les interprètes folkloriques les plus stupéfiantes : personne ne possède l'ampleur de Madame Lisa Gerrard. Tout cela, appliqué par ailleurs à des morceaux majoritairement inédits, suffit à faire de "Toward the within" une sorte d'album idéal ou le duo, contraint par le live à une sobriété ornementale qui les mènent à l'essentiel, exploite au mieux sa formidable diversité. Orientalisme donc, spiritualité, avec les "Rakim", "Yulunga" et "Cantara", mais aussi ce goût pour la nostalgie, le celtique avec "The wind..." ou "I am stretched on your grave" (il suffit d'ailleurs de regarder la liste des instruments joués par Robert Perry), cette culture élégante et européenne qui lui a toujours donné sa patte et sa classe mélodique hors du commun; une culture qui les mena naturellement par le religieux et le gothique, dont témoignent les "song of the sibyl" ou "Tristan". Oui, tout cela suffit à faire de "Toward the within" un des, si ce n'est L'album idéal du duo : une parfaite synthèse sur fond d'authenticité live, avec prouesses vocales à la clef. Et pourtant : il y a encore plus. Ce qui donne à ce disque une dimension particulière et supplémentaire, par rapport à n'importe quel autre de la formation, et qui vient comme en accomplissement de cette authenticité, de cette humanité nouvelle précédemment évoquée, c'est la personnalité véritable enfin dévoilée de Brendan Perry. Lui qui chante comme un moine pessimiste, qui cisèle et galbe ses mélodies avec une élégance qui confine parfois à l'esthétisme pur, lui qui fût incontestablement l'âme noire et triste de ce groupe éminement sérieux et sombre, révèle ici toute son humanité, sa proximité, son humilité, àtravers ses interprétations bien sûr, mais aussi et surtout par ses compositions. "I can see now", "American dreaming", "don't fade away", à l'opposé du classicisme orné et austère, Brendan Perry fait de la folk dépouillée et lumineuse. Dans cette soirée particulière à laquelle nous a convié Dead Can Dance, au milieu des méditations, des incantations dans les ombres des moucharabiers, l'authenticité franche et la qualité extraordinaire de ces moments de vie aussi paisibles que subtils s'intègrent comme des lueurs essentielles. Ce que l'on appréciera profondément dans le caractère live des pièces traditionnelles du groupe s'incarne ici soudain avec une fascinante évidence. Ce qui mena fondamentalement à la séparation du duo, semble pourtant, ce soir là, merveilleusement cohérent. Lisa Gerrard va donc approfondir de son côté le spirituel pur jusqu'à se déshumaniser totalement sur son dernier album en date, "the silver tree", tandis que Brendan Perry, dès son premier, et au jour d'aujourd'hui unique album, le miraculeux "eye of the hunter", va s'abandonner à une folk outrageusement raffinée et élégante, souvent lumineuse, bien qu'extrêmement dépouillée. "Toward the within", dans le fond, dans la forme, dans ses détails comme dans son unité plurielle, est peut-être LE disque essentiel de Dead Can Dance.

note       Publiée le samedi 24 janvier 2009

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novy_9 › samedi 12 octobre 2013 - 17:35  message privé !

cette fameuse box c'est 3 compilations qui contiennent entre autre les sessions du premier album avec inédits gna !

NevrOp4th › samedi 12 octobre 2013 - 17:26  message privé !

Comme je possède déjà le disque, je me contenterai aussi d'une édition simple. ^^

Note donnée au disque :       
stankey › samedi 12 octobre 2013 - 17:22  message privé !

Heureusement, existe aussi en édition simple, et je n'en suis pas mort :))

novy_9 › samedi 12 octobre 2013 - 17:14  message privé !

si j'ai ce dvd dans un coffret 3 cd + dvd + book sortie à l'époque :)) très beau live !

NevrOp4th › samedi 12 octobre 2013 - 17:13  message privé !

Merci pour ta réponse si rapide. Je vais checker çà ;)

Note donnée au disque :