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Dead Can Dance › Dead Can Dance

  • 1984 • 4AD 404 • 1 LP 33 tours
  • 1994 • 4AD 45546 • 1 CD

cd • 10 titres

  • 1The Fatal Impact
  • 2The Trial
  • 3Frontier
  • 4Fortune
  • 5Ocean
  • 6East of Eden
  • 7Threshold
  • 8A Passage in Time
  • 9Wild in the Woods
  • 10Musica Eternal

enregistrement

1983

line up

Lisa Gerrard, Brendan Perry, James Pinker, Scott Roger, Peter Ulrich

remarques

chronique

Styles
gothique
cold wave
Styles personnels
rock gothique rituel

C’est avec ce disque que j’ai découvert Dead Can Dance, et, avant de dire quoi que ce soit sur lui, je tiens à signaler à tous ceux qui veulent s’initier au groupe par le versant adéquat qu’il s’agit sans nul doute de la meilleure porte d’entrée à leur univers, une introduction sous les meilleurs auspices, ainsi qu’une bonne façon de comprendre comment la créature a évolué, d’où elle vient. Au menu : du rituel, du tribal, du cérémonial, de l’atmosphérique onirique qui fait voyager loin, très loin, dans ce monde où dans un autre. Il m’est plusieurs fois arrivé de l’écouter en pleine nuit, debout, sans bouger, pétrifié face à la beauté de certains passages, baigné dans ce son organique et profond, qui semble jaillir d’un gouffre… Quelques ramifications goth rock/post punk et new wave encore bien perceptibles sur ce premier album (les guitares et les lignes de basse à la Cure / Joy Division, les structures, les boîtes à rythme), et, dans l’ensemble, un travail déjà fabuleux du couple Gerrard-Perry, qui fonctionne en parfaite alchimie sur toute la durée du disque, l’une dans l’ombre l’autre dans la lumière, sculptant le spleen à même la terre. Ce premier album offre deux types d’atmosphères différentes : une partie des titres est dans un style très semblable à ce que les Cocteau Twins faisaient à leurs débuts, et l’autre dans un genre de post-punk tribal que le binôme ne commence alors qu'à expérimenter… ce qui différencie principalement Dead Can Dance des autres formations de l'époque, c'est cette prédominance des percussions, ainsi qu'un côté mystique très prononcé. Un titre comme "Fatal Impact" nous plonge dans ce qui pourrait être une danse rituelle dans la jungle amazonienne, le hurlement des hommes (ou serait-ce des loups ?) ponctuant la danse possédée des percussions… "Frontier", dans la même veine tribale, ou certaines pièces semblent avoir été extirpées des Limbes (bouleversant "Musica Eternal", qui semble voler au-dessus de nous, la voix de Lisa traversant les cieux dans sa toute grande majesté gracile - l'un des sinon le plus beau titre jamais composé par Dead Can Dance), d’autres nous plongent dans un trip goth rock en clair-obscur ("Fortune", "The Trial", l’obsédant "Threshold", "Wild In The Woods"), d’autres distillent une atmosphère religieuse et onirique (sublime "Ocean"), et certaines offrent un gothique à la pureté cristalline, éthéré et envoûtant, qui nous soulève et nous chavire, surtout grâce à des lignes de guitares aiguës et aériennes de toute beauté ("A Passage In Time", bon sang !), tandis qu’on glanera ici ou ailleurs une mixture possible de tous ces éléments ("East Of Eden", brrr)… Quid de cette première œuvre ? Un album à la fois lugubre et baigné de lumière divine, gracieux, occulte, envoûtant, profondément mystique, aux accents oniriques prononcés. Un disque vivant, vibrant et mouvant, qui trouve son climax dans ses parties tribales et préfigure avec une grande maturité d’expression ce que le duo fera par la suite, se plongeant de plus en plus dans le côté world qui n’est pas encore prédominant ici, et perdant en revanche ce côté rock bien présent sur ce premier opus. Une œuvre de nuit sublime qui accompagnera vos moments d’évasion et servira d’initiation aux néophytes.

note       Publiée le vendredi 21 décembre 2007

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notes

Note moyenne        28 votes

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Richard › mercredi 4 janvier 2017 - 12:45  message privé !

Merci pour la justesse de cette chronique qui me rappelle le caractère profondément intemporel et nocturne de cet album. Et c'est peut-être aussi parce que pour moi il est tout de compte fait assez éloigné de l'idée que l'on se fait de prime abord de Dead Can Dance que je l'apprécie autant.

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Aladdin_Sane › dimanche 27 novembre 2016 - 22:41  message privé !

Parmi les rééditions récentes du groupe, en vinyle notamment, on trouve l'excellent EP "Garden of the Arcane Delights" qui précède ce premier album avec l'ajout de Peel sessions vraiment superbes.

SEN › jeudi 3 mars 2016 - 00:35  message privé !

Sur les 5 premiers albums j'arrive pas à mettre moins de 6 boules !

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allobroge › lundi 26 mai 2014 - 10:44  message privé !

Mon préféré ( devant spleen & ideal ) cet album d'une éblouissante noirceur et ( merci Seigneur ) sans une once de world soporifique encore. "Fatal impact" de la "Musica eternal" ,l'envol est immédiat à chaque écoute ( et chro superbe comme d'hab de l'oiseau noir ) .

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Alfred le Pingouin › mardi 20 mai 2014 - 22:31  message privé !

Bizarrement, c'est un de ceux que j'écoute le plus, alors qu'il est pas du tout représentatif, c'est presque un autre groupe. Je me demande, s'ils avaient continué dans cette voie-là, ce que ça aurait donné...

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