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Gert Emmens › Waves of Dreams

6 titres - 72:02 min

  • 1 After the Rain 12:52
  • 2 Another time, Another space 14:34
  • 3 Waves of dreams 10:26
  • 4 Dawn 10:06
  • 5 Heading Towards Unknown Destinations 10:52
  • 6 Bright spot on a Grey Day 13:09

line up

Gert Emmens : ARP Odyssey, Boss DR-660, Doepfer Maq 16/3, Elektor Formant, EMU E6400 Ultra, EMU Vintage Keys Plus, Farfisa Syntorchestra, Hohner String Performer, Korg 700s, Korg Lambda, Korg MS2000r, Korg Wavestation EX,Mam MB 33,MFB Synth II, Moog Minimoog, Moog Opus III, Roland M-DC1, Roland M-OCI, Roland M-VS1, Roland SH-32, Transidrums U-77, Vermona ER9, Yamaha AN1x *2, Yamaha CS80, Yamaha SY85

remarques

Pour en savoir plus sur l'univers de Gert Emmens, visitez son site web à l'adresse suivante: http://home.zonnet.nl/gert.emmens/index.htm

chronique

Et si, en attendant la sortie prochaine de son nouvel opus, je vous parlais de ce phénomène qu’est Gert Emmens. Phénomène, car la musique d’Emmens dépasse les balises traditionnelles de la MÉ. La musique de Gert Emmens est sans doute l’une des plus imagées de la MÉ contemporaine. Un peu comme les grands groupes de musique progressive, Emmens réussi à structurer une musique qui s’écoute autant qu’elle se raconte. Waves of Dreams fait parti des albums qui ne se perdent pas au travers le temps. Un conte musical, en 6 chapitres, qui explore une faune sonore extrêmement riche avec ses synthés hurleurs, ses séquences aléatoires qui voltigent en tous sens et son dense mellotron aux atmosphères brumeuses.
Ce splendide voyage à sonorités fortes élaborées débute avec After the Rain. Un doigt qui effleure la surface de l’eau pour y étendre de multiples ondes qui sont des cercles sonores. Cette courte intro elfique se brise sur les courbes basses d’une séquence tournoyante qui paresse sous un doux mellotron. Le synthé filtre ses souffles harmonieux, alors que le séquenceur se perd tranquillement dans une lourde brume synthétique. Ces moments atmosphériques qui interfèrent dans Waves of Dreams sont teintés d’effets sonores captivants, créant une vie musicale active. Sur ce passage, d’étranges pulsations font office de percussions, sur une structure fantomatique où un séquenceur propose une curieuse marche, accompagné d’un mellotron nuancé. Le 3ième mouvement d’After the Rain est un doux scintillement sonore qui titille sur les accords de violon mellotronné. La structure est douce et emplie de pulsations aux éclats de percussions à peine formées, des chœurs synthétiques et un doux synthé qui hurle dans un brouillard mystique, filtrant de beaux solos aux formes ourlées, pour se perdre dans un silence cosmique. Another Time, Another Place perce ce silence en libérant des notes qui flottent sur un mellotron hésitant. Les arpèges grouillent d’une vie nouvelle avec une séquence qui s’accentue lentement. Synthé spectral sur fond sombre, la structure musicale dévie pour devenir incertaine et embrasser les limbes stratosphériques. Un court moment d’accalmie qui se brise sur un séquenceur alerte avec ses notes lourdes qui tournoient sur des virages hésitants pour se fondre dans à une atmosphère lourde truffée des solos de synthés si particuliers de Gert Emmens.
La pièce titre débute sur un vent cosmique où des fins accords voltigent sur le dos d’un mellotron suave. Une intro astrale avec une superbe présence vocale qui pousse des lamentations éthérées sur une douce valse aux mouvements trop lents pour être dansé, mais parfait pour aimer. Dans cette beauté, nous avons à peine senti la présence d’une séquence qui moulait sa structure afin d’atteindre une cadence plus animée, mais tout en souplesse. Waves of Dreams volera sur un entre rythme, avec une sensibilité étonnante pour une œuvre synthétique. Dawn est une superbe pièce tribale cosmique débutant avec des arpèges séquentiels qui planent insouciamment sur un mellotron très spatial avant de former une cadence plus soutenue autour de percussions nées sur le froissement de feuilles de tôle, créant un univers sonore éclectique qui se moule dans une cohérence insoupçonnée. Le jeu des séquenceurs, sur un synthé qui surveille tel un phare cosmique, est tout simplement ahurissant. Notamment la finale qui explose sur un étrange environnement alourdi par les prismes des séquences scintillant avec une imagination renouvelée auprès du croisement des atmosphères d’Heading Towards Unknown Destinations. Si vous pensiez avoir tout entendu, vos oreilles ne sont pas à bout de surprises. Un tam tam des premières nations sort de cette ambiance cosmique pour donner le ton à une marche rapide qui s’engouffre dans les pénombres des étrangetés sonores des solos de Gert Emmens. Un splendide mouvement qui étonne, tant par son tempo grugé par l’épaisse couche synthétisé que la sonorité des tam-tams. Fixés, les oreilles béantes, nous entrons dans un hypnotique tempête musicale, comme dans un conte où l’innocent tente de fuir l’infâme, sur une étonnante course séquencée qui se termine dans des balbutiements séquentiels. Un superbe titre qui s’écoute plus qu’il ne se décrit. Du grand art électronique, pourvu d’une vision musicale qui ne finit plus d’étonner. Bright spot on a Grey Day clôture cet opus, aux méandres sonores complexes et mélodieux, sur des structures de déjà entendues; vent tétanisé, arpèges séquentiels névrosées sur un balan mellotronné valsant mais stable et effets sonores dans le ton sur une structure qui cherche à développer son essor. Tout en mélodie, Emmens approfondie son approche pour nous conduire sur une rythmique aux belles harmonies spatiales. Tout est doux jusqu’à ce que le rythme se perde dans un trou noir où des vents sombres tétanisent les séquences pour n’en faire que des poches métalliques voltigeuses. Trop occupé, le vent oubli les forces du mellotron qui renoue ses aires mélodieuses sur les faibles percussions qui tanguent vers l’oubli.
Pour moi, Waves of Dreams est un superbe album. Un classique de la MÉ contemporaine, comme Impulse de Free System Projekt et Sebastian Im Traum de Frank Specht. Un grand album qui continue ce que Wanderer of Time a débuté; l’éclosion d’un grand synthésiste et compositeur qui étonne et ensorcèle à chaque écoute, surtout grâce à l’ingéniosité mélodieuse des séquenceurs.

note       Publiée le jeudi 7 février 2008

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ForceMajeure › lundi 11 février 2008 - 08:48  message privé !
Tout à fait d'accord avec toi Phaedream : la vision d'une oeuvre est fragile. Au sujet d'Emmens, je préfère ses duos avec Heij... On retrouve nettement la griffe Emmens, mais avec ce petit plus qui manque aux séquences solos d'Emmens...
Note donnée au disque :       
Phaedream › dimanche 10 février 2008 - 19:59  message privé !
avatar
Voyez comme la vision d'une oeuvre est fragile? Ce que ForceMajeure considère banal est ce que je considère comme étant la force de cet opus; des séquences désordonnées qui claquent comme des percussions errantes dans des atnmosphères en formation. Des contrastes sonores éclatants qui étonnent et captivent. Je maintiens mes 6 boules, car peu d'artistes osent ce genre de séquences sur des atmosphères aussi nébuleuses.
ForceMajeure › vendredi 8 février 2008 - 09:28  message privé !
Bon album, mais qui à mon avis ne mérite pas les 6 boules ;o) Gert Emmens est un maître des ambiances : les intros et fins des morceaux sont superbes (cf la fin de Bright spot on a Grey Day par exemple) Par contre au niveau séquence, c'est plus banal et parfois les transitions entre les intros et les séquences sont un peu bâclées... A mon humble avis bien sur. Donc 4/6.
Note donnée au disque :       
gkar02300 › jeudi 7 février 2008 - 22:14  message privé !
Voila encore un excellent album de ce musicien qui fourmille d'idée mais le chef d'oeuvre pour moi reste le morceau:The day the wind blew out the light sur l'album Movements in Twilight Shades paru en 2003