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Gert Emmens › Outland

cd • 6 titres • 77:51 min

  • 1A First Encounter 13:00
  • 2Discovery of the Lost Civilization 13:38
  • 3The Temple on the Sacred Mountain 13:20
  • 4Return of the Warrior 11:18
  • 5Exploration Flights over Forbidden Area's 18:47
  • 6Departure 6 AM 7:48

enregistrement

Composé, joué et enregistré par Gert Emmens de Mai 2013 à Avril 2014 dans son studio à Arnhem, Pays-Bas. Les pistes 3 et 6 ont été composées en collaboration de Rudd Heij Gert Emmens (Synthé, guitare, piano et effets) Ruud Heij (synthés sur piste 3 et 6)

line up

Gert Emmens (Synthé, guitare, piano et effets) Ruud Heij (synthés sur piste 3 et 6)

remarques

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
netherlands school

Il y a une histoire de promiscuité, d'intimité qui lie la musique de Gert Emmens à l'âme, aux sens et aux oreilles de ses fans. Depuis l'aube de sa carrière, sa musique, et surtout ce son, a tissée un lien de complicité avec ses adeptes. Un indéfaisable lien qui s'enracine toujours aussi fort depuis le sublime Wanderer of Time et qui s'amplifie jusqu'aux territoires de The Day After. Et ce même si parfois Gert sort d'une zone de confort en tricotant ses histoires musicales dans les filets de la musique progressive (Memories en 2012) et ambiante (Signs en 2014). “Outland” est une histoire de science-fiction racontée en musique avec ces mouvements de séquences qui sculptent les délicates permutations des rythmes flottants unique à Gert Emmens et avec ces synthés qui inondent nos oreilles avec des brises teintées de nostalgie. Composé dans la foulée de Signs, on y perçoit clairement les racines et influences ambiantes, ce dernier album de Gert Emmens reçoit la collaboration de Ruud Heij qui a coécrit deux pistes.
Des pétillements soniques génèrent une nuée de réverbérations d'où s'échappe un chaleureux mouvement de séquences qui fait danser ses ions mollement. Une autre ligne de séquences basses dressent la structure de rythme ambiant de "A First Encounter" qui zigzague, monte et descend sous les pleurs d'un synthé très mélancolique. Le sceau Emmens s'empare de nos oreilles. Mi-ambiant, le rythme pulse délicatement dans les harmonies stationnaires des séquences et les brises d'un synthé jusqu'ici assez discret. Une ligne de séquences se pousse un peu après la barre des trois minutes, entraînant le titre vers un passage plus cosmique. Un pont que Gert Emmens érige afin de rediriger le rythme de "A First Encounter" vers un passage plus accentué où les séquences galopent comme des percussions sombres dans une plaine inondée de brises et de brouillards cosmiques. Un synthé éparpille des notes solitaires qui ornent le firmament de nébuleuses étoiles alors que le rythme soutient sa vélocité avec des séquences qui papillonnent tels les ailes de gros bourdons trappées dans des vents linéaires. Après une autre phase ambiante, le rythme accroit sa vélocité stationnaire avec une nuée de séquences qui pétillent et scintillent sur les courbes ondulatoires d'une ligne de basses séquences plus pulsatrices. Ce duel de séquences s'orne de percussions dont les tonalités feutrées vont et viennent picorer ce doux rythme oscillatoire qui berce sa docilité dans de minces filets de lumineuses voix astrales. Violent? Non! Doux et étonnement enveloppant, "A First Encounter" coule avec la couleur de nos rêves qui imaginent ce cowboy de l'espace qui tranquillement dérive dans le “Outland”. Il dresse aussi les paramètres de ce dernier album de Gert Emmens où les rythmes ambiants changent constamment de peau dans des ambiances cosmiques avec une qualité sonore qui détaille avec justesse le scénario et les visions de son auteur. Atteignant le but de sa mission, l'astronaute et ses acolytes cyborgs constatent la disparition de la civilisation. "Discovery of the Lost Civilization" dépeint à merveille les sentiments d'accablement, ainsi que la colère intérieure, qui ronge le cosmonaute. Le synthé y est plus présent. Il souffle de très bons solos ambiants et des harmonies évasives, extirpées de ce sentiment d'abandon qui tenaille ce héros dont le but de sa missions restera à jamais inconnu. La structure de rythme évolue constamment avec des lignes de séquences qui en interchangent le débit, toujours doucereux, alors que le synthé asperge ces permutations de violence intérieure avec de tendres solos aux aromes de jazz et de solitude. Composé avec Ruud Heij, "The Temple on the Sacred Mountain" est purement ambiant et suit les préceptes de Signs, tout comme la finale "Departure 6 AM", aussi composé avec Heij, qui est plus sombre alors que les délicats solos et les douces harmonies du synthé et de la guitare rehaussent les doucereuses visions d'exil qui entoure "The Temple on the Sacred Mountain".
Bien que toujours ambiant, le rythme de "Return of the Warrior" est plus incisif. Les séquences sont lumineuses et découpent les ambiances de coups secs et vifs, traçant les lignes d'une structure harmonique qu'un synthé orne de mélodies évanescentes et de tendres solos aux parfums de saxophone usée par ses chants solitaires. Le rythme dévoile une structure plus vivante après un bon passage ambiant, dérivant et virevoltant avec une vélocité inégalée jusqu'à maintenant dans cet album où les nuances dominent les ambiances. "Exploration Flights over Forbidden Area's" est un long titre, et le meilleur selon moi dans “Outland”, qui déploie une structure de rythme en constante progression. Une structure qui monte et descend, s'éteint et renaît dans des schémas de rythmes zigzagants et galopants avec des lignes de séquences basses qui arpentent des corridors d'ambiances enjolivées par d'autres séquences et de leurs ombres qui scintillent et papillonnent dans des ondes abyssales. Un piano vient hanter ces moments de noirceur avec une présence très mélancolique qui sert de passage entre le rythme limpide de l'introduction vers une structure plus lourde. On dirait que l'aéronef manque d'essence et peine à franchir les obstacles des vents d'Orion. Galopant soyeusement dans les corridors d'un cosmos maintenant affranchi de ses brises sombres, "Exploration Flights over Forbidden Area's" gambade avec un brin de tristesse dans les résonnances organiques de ses pas et dans les rayonnements lumineux de séquences circulaires plus mélodiques. La progression des phases rythmiques se fait tout en douceur, colligeant aux passages les ornements ambiants qui errent sur cette longue structure polymorphe où tout paraît être en suspension. Des éléments de menace, comme de tragédie, cernent les phases de "Exploration Flights over Forbidden Area's" qui conclut son odyssée avec une superbe approche mid-tempo où des séquences basses ondulent dans des champs magnétisés de brume éclectique et paré de doux solos d'un synthé redevenu rêveur. Un synthé qui parfois arrache des souvenirs d'un Vangelis mélancolique, un synthé unique qui ajoute une fascinante odeur d'obsession qui entoure “Outland”; un autre petit bijou de MÉ contemporaine qui doit absolument figurer dans les bonnes œuvres de Gert Emmens.

note       Publiée le lundi 29 décembre 2014

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