Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesCCarl Craig › More Songs About Food and Revolutionary Art

Carl Craig › More Songs About Food and Revolutionary Art

cd | 15 titres

  • 1 Es.30
  • 2 Televised green smoke
  • 3 Goodbye world
  • 4 Alien talk
  • 5 Red lights
  • 6 Dreamland
  • 7 Butterfly
  • 8 Act 2
  • 9 Dominas
  • 10 At les
  • 11 Suspiria
  • 12 As time goes by (sitting under a tree)
  • 13 Attitude
  • 14 Frustration
  • 15 Food and art (in the spirit of revolution)

enregistrement

Detroit, Londres et Einhoven, 1997.

line up

Carl Craig (programmation)

Musiciens additionnels : Derrick May (sur 15)

chronique

Le monde sonore de Carl Craig est très proche de celui de Derrick May, “inventeur” de la techno, dont il est le disciple. Le son très froid des machines y est souvent humanisé par des nappes de cordes synthétiques. Tous deux sont d’ailleurs originaires de Detroit, que Carl Craig décrivait en musique dans “Landcruising”, sorte de traversée robotique de cette cité industrielle, qui devait beaucoup à Kraftwerk. Dans “More Songs About Food And Revolutionary Art”, Carl Craig commence à trouver sa voie, entre la techno épurée de Derrick May, parfois aux limites de l’ambient, et un jazz qu’il vénère. Le résultat est un album très personnel, qui, s’il n’est pas sans défauts, a des moments de grâce inoubliables. L’introduction nous met bien dans l’ambiance de cette espèce de poésie des machines : c’est une sorte de volupté froide qui domine, et qui enveloppe l’auditeur. Puis avec “Goodbye World” et “Red Lights”, l’Américain signe deux morceaux merveilleux, la bande sonore d’une tragédie de science-fiction, hymnes d’un apocalypse machiniste à venir, quelque chose d’émouvant et de terrifiant à la fois. Le milieu de l’album est un peu plus monotone, davantage dans la lignée de “Landcruising”. Un titre comme “Butterfly”, une routine techno, est carrément décevant. Et puis, à partir de “At Les” et “Suspiria”, les machines de Detroit retrouvent leur âme, et cette âme s’envole vers les sommets de “As Time Goes By” et “Attitude“, une splendide improvisation vocale a cappella, réverbérée avec toute la science de l’Américain, qui ouvre de nouveaux horizons à sa musique, et prend ainsi définitivement ses distances avec le tout venant techno. Enfin, après la pulsation implacable de “Frustration”, vient le dernier sommet de l’album, « Food And Art », où la même boucle sonore, répétée à l’infini, est soumise à toutes les distorsions, pendant que la rythmique ne cesse de s’échapper. Après cette oeuvre mémorable, Carl Craig accentuera encore son virage vers l’electro-jazz avec Innerzone Orchestra, puis The Detroit Experiment. Il faut de toute manière que vous accordiez votre confiance à un type dont le manifeste poétique est le suivant : “Revolutionary art is not determined by its avantgarde content ; nor its formal or technical trickery, its interpretation of reality or its verisimilitude, but, rather, by how much it revolutionises our thinking and imagination ; overturning our preconceptions, bias and prejudice and inspiring us to change ourselves and the world...” (cf pochette).

note       Publiée le mardi 19 avril 2005

partagez 'More Songs About Food and Revolutionary Art' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "More Songs About Food and Revolutionary Art"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "More Songs About Food and Revolutionary Art".

ajoutez une note sur : "More Songs About Food and Revolutionary Art"

Note moyenne :        4 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "More Songs About Food and Revolutionary Art".

ajoutez un commentaire sur : "More Songs About Food and Revolutionary Art"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "More Songs About Food and Revolutionary Art".

Dioneo › mercredi 12 juin 2013 - 12:20  message privé !
avatar

Tiens, je réécoute celui-là après de nombreuses années - il a pas mal tourné chez moi au moment de sa sortie - et... C'est marrant, ce sont plutôt les morceaux que j'avais tendance à négliger à l'époque - les plus, euh... "dancefloor" (?) - qui me font le plus relief, maintenant. Ou disons que les connaissant moins par cœur que Red Light ou Green Light, j'ai d'avantage l'impression de les re-découvrir. Je crois qpar exemple qu'à l'époque j'avais pas percuté à quel point un truc comme Butterfly, derrière son piano ultra typé house (cliché du genre même... oui) était rythmiquement bien plus poussé que ce qu'on entend sur plein de trucs rangés sous l'étiquette. Ce qui fait qu'il échappe bien à la banalité de la mise en bac, du coup.

Bon, c'est vrai que je continue à trouver certains passages un peu longs, par contre, peut-être plus qu'ils ne mériteraient (Dominadominasdominasdominasdominasdo-gn-gn-gn-gn-gn-gn-gn..). Ou plus exactement, je trouve que certaines plages - étirées donc - qui passent très bien écoutées séparément peuvent donner l'impression que l'album s'éternise, écoutées sur la longueur de l'album, pour peu qu'on soit pas à 100% d'humeur ultra-réceptive.

Manumal › dimanche 25 février 2007 - 14:28  message privé !
tu trouve ça très bon hein?
Note donnée au disque :       
Slugbait › jeudi 8 septembre 2005 - 15:31  message privé !
'tain, carl craig... on m'en avait dit du bien, je l'ai vu en concert et... hum, sans commentaire