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Colette Magny › Colette Mâgny, je veux chaanter

vinyl 33t | 24 titres | 36:55 min

  • 1 Y'a trop de malheur à la télé [1:44]
  • 2 Zoo story [1:02]
  • 3 Psycho-médico-tranquillo-sécurito [1:24]
  • 4 Un canal de l'Est [1:00]
  • 5 Gouzu [0:41]
  • 6 Via Saint-Dié [1:33]
  • 7 Ça me fait du bien [0:53]
  • 8 Caoutchouc maracas [1:22]
  • 9 Pipa-caca story [2:00]
  • 10 "C'est ma mère" [1:41]
  • 11 La tristesse de Christelle [0:56]
  • 12 Histoire d'orage [1:40]
  • 13 Sifllet à coulisses [0:38]
  • 14 Sandy [0:59]
  • 15 Guimbarde-épinette [1:11]
  • 16 Frikasia [1:34]
  • 17 b.a. - BA [2:02]
  • 18 Ah! les sales gosses [1:15]
  • 19 C'est ça qu'on a dans le coco [2:17]
  • 20 Marie-Thérèse Leclerc [2:31]
  • 21 Faudrait pas faire le cirque, y'a une grand'mère en bas [1:45]
  • 22 L'amour, l'amour [1:53]
  • 23 Si je dis... [2:52]
  • 24 Abandon [2:02]

enregistrement

Enregistré à l'Institut Médico-Pédagogique de Fontenoy-Le-Château.

line up

Colette Magny (voix, guitare, composition), Les IMP's (instruments divers)

chronique

Styles
field recordings
chanson
ovni inclassable
Styles personnels
bulle (ré)créative

Peu d’artistes peuvent se vanter d’avoir touché à tout, avec plus ou moins de succès : la crainte de ventes en berne refroidit plus d’un label. En France, bien que n’ayant jamais eu sa place parmi les vedettes, Colette Magny ferait figure de cas d’école. Chanson, blues, jazz, improvisation libre, musique concrète voire rap : rien ne semblait limiter son expression musicale. Logique pour celle qui considérait les maisons de disques comme des "porcs" - mais la plus singulière de ses créations ressemble davantage à un journal de bord qu’à un album dans son acception classique. Enregistré avec la participation des enfants d’un centre d’accueil spécialisé, atteints d’autisme ou de troubles psychomoteurs, ce singulier ovni est un mélange rugueux de collage de sons et field recordings, traversé d’instants chavirant de pur art brut avec des instruments fabriqués pour l’occasion. La pochette schizophrène n’est pas anodine. Relativement difficile d’écoute pour les non-avertis, quel public pour Colette Mâgny, Je veux chaanter ? Trop instinctif pour les jazzeux, trop parsemé de chansonnettes pour les férus d’atonalité : il s’adresserait plutôt à un fan-club infantile d’André Robillard. De fait, Colette Magny semble davantage vouloir apporter un témoignage organique à travers l’objet musical, exploiter l’usage sonore d’un monde différent pour laisser la parole à des enfants avec qui "on peut pas dire ce qu’ils ont dans le coco". Derrière ce canular expérimental, comme elle aimait le préciser, se dessine donc la lutte contre l’ignorance qui amène à l’exclusion. La forme possède surtout un fond. Car l’art de la "Magnyfique" n’est pas tant de faire vibrer le blues : avec son œuvre à portée politique, elle est une figure de résistance au même titre que Straub et Huillet au cinéma. Chaque disque porte en lui la marque de la colère, de l’indignation. Magny tire l’oreille pour faire réagir, quitte à laisser le micro aux premiers intéressés. Violent réquisitoire contre ceux qui s’en prennent aux "débiles mentaux" et au personnel en charge de leur éducation ! Le message doit passer coûte que coûte : "On est comme eux… Qu’ils nous fassent pas des bêtises". Alors, un album peut-il être une expérience plus sociale que musicale ? Cet acte musical intrigant est en tout cas digne du plus grand intérêt, avec ses sifflets à coulisses et ses guimbardes-épinettes, son final sauce Dubuffet. C’est un peu la mélodie du bonheur avec ses dissonances et ses limites propres ; les gosses s’amusent, ont l’occasion de s’exprimer, de chanter. L’album se paie même le luxe d’être poignant avec la chanson "Si je dis", une mise en musique de paroles d’un enfant prénommé Christian : la grande dame en fait un blues envoûtant, renouant avec des sentiments universels… Un chant du vécu, assez primaire, presque de tradition. Et si Colette Magny avait vraiment réussi son coup ?

note       Publiée le jeudi 29 décembre 2016

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DukeOfPrunes › vendredi 30 décembre 2016 - 13:36  message privé !
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@kouna: Merci beaucoup :) Clairement, il ne faut pas commencer par ça, à moins d'aimer la difficulté. Melocoton, Transit ou Visage-Village sont bien plus appropriés pour une découverte en douceur !

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Raven › vendredi 30 décembre 2016 - 09:50  message privé !
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Intriguant en effet !

kouna › vendredi 30 décembre 2016 - 07:40  message privé !

Superbe chronique !... Très juste, elle correspond bien à ce qu'on y entend. Par contre, pour ceux qui voudraient découvrir Magny, ce n'est certainement pas le point d'entrée idéal.

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DukeOfPrunes › vendredi 30 décembre 2016 - 03:14  message privé !
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Pas étonnant, cet album passe largement en-dessous des radars... et pourtant ! Ce n'est pas un grand disque, mais quand on s'intéresse à son parcours, au personnage, c'est plus qu'intéressant. Je compte aborder deux ou trois autres disques de Magny... si tu n'y vois pas d'inconvénient, bien sûr ;)

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Dioneo › vendredi 30 décembre 2016 - 03:08  message privé !
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Eh dis-donc... Une Magny que je ne connais pas, tiens tiens... Et une chronique qui donne fichtrement envie d'y remédier ("il s’adresserait plutôt à un fan-club infantile d’André Robillard", eh eh... Ça va pas toucher tout le monde mais pour ceux-là ça devrait toucher juste !).