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Ozone Player › Long-Range Influence

cd | 13 titres | 61:02 min

  • 1 Sapphire 12 [ 5:32]
  • 2 The Jolly Rolly [ 2:42]
  • 3 Sentient Slimemolds [ 5:28]
  • 4 Scaling the Sky Root [ 4:30]
  • 5 Getting Past the Jelly Globules [ 5:15]
  • 6 The Enemy Nest [ 4:54]
  • 7 Robot Probe [ 3:01]
  • 8 Attack of the Sentry Mites [ 4:43]
  • 9 Diabolical Ohkar [ 5:02]
  • 10 Plans to Catalyze the Atmosphere [ 5:13]
  • 11 Attacked by Grooming Slugs [ 5:21]
  • 12 Accidental Terrestrial Intervention [ 5:00]
  • 13 The Great Anthem [ 4:35]

line up

Otso Pakarinen (Clavier, synthé Yamaha S70xs, basse, guitares, percussions, échantillonnages et FX)

Musiciens additionnels : Jussi-Matti Haavisto (violon & violoncelle) Davide Guidoni (Batterie) Fabiano Spiga et Jan-Olof Strandberg (Basse) Kimmo Pörsti (Batterie et Percussions) Laura Soininen (Vocales) Tim Walters (hammered dulcimer & sifflets)

remarques

Pour en savoir plus sur Ozone Player et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.ozoneplayer.com/index.html Le CD vient avec la bande dessinée qui est en format PDF.

chronique

De délicats arpèges se dandinent innocemment sous des souffles de flûtes variées et tournoient comme un carrousel en ouverture de "Sapphire 12". Le rythme est sec et tambouriné de fines percussions qui appuient des accords aux sonorités de xylophone d’un clavier de fête foraine, alors que "Sapphire 12" continue sa spirale pour sonner comme une étrange comptine minimaliste se situant entre les frontières de l’au-delà du réel et un conte pour enfants. Des violons chimériques entourent cette ritournelle espiègle pour l’emporter dans les airs avec de sulfureuses et fluides envolées violonées. Des cors s’ajoutent et "Sapphire 12" perd son innocence alors que des percussions tombent avec des notes de guitare pour mouler une curieuse chevauchée western. Entre les structures minimalistes et mélodieuses de Mike Oldfield et le rock orchestral et progressif de King Crimson, Alan Parsons et Mike Batt, Long-Range Influence étale ses 13 titres déconcertants qui étonnent autant qu’ils n’envoûtent. Long-Range Influence est cette nouvelle aventure musicale d’Ozone Player, le projet musical du talentueux et audacieux Otso Pakarinen, un musicien de Finlande qui aime élaborer une musique qui échappe à tous styles et étiquettes musicales. C’est aussi le fruit d’une collaboration entre l’écrivain de science-fiction et bédéiste Américain Matt Howarth et le multi-instrumentaliste Finlandais. Matt a créé une histoire graphique représentant une future mission spatiale enquêtant sur une planète lointaine qui se révèle être habité par des formes de vie sensibles. Suivant cette thématique, Otso a tissé la trame musicale aux arrangements incroyablement syncrétiques où fusionnent de la musique spatiale, du rock progressif, éclectique et expérimental, de la musique du monde et de la musique classique, de la synth-pop ainsi qu’une musique de film. D’ailleurs, il y a une forte influence des thèmes de téléséries américaines des années 60 et 70 tout au long de Long-Range Influence et il y a un guide en format PDF (sur les partitions du CD) afin de mieux vous guider et d’en repérer les sources et avenues. La musique? Elle est aussi géniale que délirante avec tous ses styles qui s’enchevêtrent sur des percussions, des accords de clavier secs et saccadés sonnant comme des coups de xylophones cristallins et "Sapphire 12" part bien le bal. Entre le synth-pop et le rock éclectique classique, "The Jolly Rolly" offre une belle structure fluide où les rythmes varient sur de superbes arrangements et de riches sonorités, telles un grassouillet crapaud qui croassent au-dessus des couches d’accordéon sur un tempo vivant et fluide où les percussions tablas semblent s’y être égarées. "Sentient Slimemolds" est une douce ballade sans étiquette musicale où des ondes spectrales errent et flottent au-dessus de fines percussions et pulsations autant hypnotiques qu’arythmiques. C’est un très beau titre auquel on s’attache de plus en plus à chaque écoute et qui fractionne les rythmes tribaux de Steve Roach. Fou et explosif, "Scaling the Sky Root" offre une structure plus vivante et débridée avec une superbe ligne de basse frétillante de ses accords nerveux et des percussions endiablées qui moulent un rythme frénétique et angoissant, se terminant dans une cacophonie linguistique inconnue. Un peu à la manière de Philip Glass, "Getting Past the Jelly Globules" tournoie de son ensemble d’instruments à vents avant d’être harponné par une grosse basse intimidante. Tiraillé entre les arrangements orchestraux et un rythme incertain, "Getting Past the Jelly Globules" avance à pas de loup avec une belle ligne de synthé qui fait onduler un rythme entouré d’éléments musicaux hétéroclites. On croirait entendre une nouvelle version de Twilight Zone. "The Enemy Nest" nous plonge en plein mystère intersidéral avec une structure ambiante d’où filtrent quelques accords sombres et isolés, entourés de couches de synthé un peu fantomatiques. Et le rythme tombe. Comme des frappes pianotées, le tempo de "The Enemy Nest" se met à sautiller d’une approche un peu candide avec des accords aux sonorités à la fois limpides et de verres qui pianotent sur un mouvement minimaliste. "Robot Probe" présente une intéressante approche du genre vieux film noir et blanc avec ses notes de piano qui sursautent sur des couches de violon aux élans zigzagués. Le mouvement débouche superbement sur une structure plus animée avec cet amalgame d’accords qui dansent sur des percussions à claquettes. Et ainsi évolue Long-Range Influence. Sur des rythmes et mélodies qui se chevauchent dans de structures musicales hétéroclites et abondantes d’une faune sonore aussi riche que fascinante, "Attack of the Sentry Mites" suit avec une structure tout autant saccadée où les accords tressaillent et bondissent dans une ambiance tribale. C’est un titre très puissant où Kimmo Pörsti livre un furieux combat de percussions aux accords nerveux et impulsifs des synthés/claviers d’Otso Pakarinen qui saupoudre le tout de suaves souffles aux sonorités de flûtes arabes et indigènes. Très ambiant, "Diabolical Ohkar" dévie vers un sombre monde tribal où les chants claniques se perdent dans une ambiance tétanisée. "Plans to Catalyze the Atmosphere" offre un rythme fluide qui est très près des bandes sonores des films Français avec une savoureuse voix qui se balade sur une structure soutenue par de fines percussions et des accords de clavier. Des sifflets sifflent ici et là, amenant une curieuse touche spectrale qui est ordinairement abordé par un synthé. "Attacked by Grooming Slugs" est extrêmement bipolaire avec son rythme subdivisé, soutenu par de bonnes percussions alors que le mellotron dessine de superbes arches musicales. Ça passe du heavy métal, avec de lourds riffs d’une guitare corrosive, aux harmonies mélancoliques, avec ses violons chimériques et ses arpèges scintillants qui, égarés, coulent sur le dos d’une basse ronde. "Accidental Terrestrial Intervention" poursuit cette folle évasion musicale avec une basse qui court après son rythme, sur des vieux airs de séries d’espionnage. "The Great Anthem" clôture Long-Range Influence avec un bon synth-pop qui transcende vers un monde un peu plus chérubin avec des accords ondulants qui se fondent dans une structure à la mélodie subdivisée mais tout de même assez minimaliste. Il n’y a pas de cachettes à faire! Même si Long-Range Influence n’est pas un album de MÉ conventionnelle, soit du Berlin ou Netherlands School, c’est un album incroyablement diversifié qui allie une étonnante palette de genres et styles en conformité avec les œuvres d’Ozone Player. Un album qui étonne et fait sursauter l’oreille à chaque nouvelle écoute tant la diversité sonore foisonne d’une incroyable hybridité où tout s’entremêle dans une parfaire synchronicité. Otso Pakarinen se donne des airs de Mike Batt, Mike Oldfield, Philip Glass, David Bowie, Brian Eno, Frank Zappa et j’en passe. Rarement j’ai entendu un album aussi percutant qu’étonnant, en dehors des sphères d’une MÉ plus traditionnelle, mis à part Brian Eno et Nerve Net ainsi que Stewart Copeland et son renversant Equalizer & Other Cliffhangers. C’est est un excellent et solide opus qui est hautement recommandable et qui trouve toute sa dimension à haut volume ou avec ses écouteurs.

note       Publiée le mercredi 24 août 2011

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