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Ka › The Night's Gambit

cd • 11 titres • 38:58 min

  • 1You Know It's About
  • 2Our Father
  • 3Jungle
  • 4Barring The Likeness
  • 5Nothing Is
  • 6Soap Box
  • 7Peace Akhi
  • 8Knighthood
  • 930 Pieces Of Silver
  • 10I'm Ready
  • 11Off The Record
  • "I'm an open book - titles are the index."

extraits vidéo

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line up

Ka (MC, production)

Musiciens additionnels : Roc Marciano (MC en featuring sur "Soap Box")

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
racaille froide

Être un solitaire, parce que seul, dans les années 2010. Être un rappeur léthargique et fan de Liquid Swords des 2010's. Vouloir rivaliser avec Mobb Deep, quand on est seul dans son studio de 25m², armé d'un ordinateur et en manque de shit. En manque de libido. En manque d'argent. Avoir compris que les années 2010 sont la décennie où ceux qui sont considérés vainqueurs sont ceux qu'on peut voir vitrifiés dans un décor fashion-glacial de canal+, dans un bâtiment politique hautement sécurisé, dans une salle de marchés, ou dans une page de réseau social suivie par la population d'une grande ville. Ce présent pue l'hosto, il est froid, et il ment. Et cette céramique est plus coriace que toute la colère. Beaucoup d'adolescents et autant d'adultes haïssent ce présent, parce qu'ils sont nostalgiques. Ils devraient le haïr parce qu'être nostalgique y est tendance, et presque obligation. Nuit est jour : l'insomnie est devenue tendance elle aussi. On vit de nuit même de jour, on se sent comme avortés. On est au milieu du béton, avec un smartphone dans la main. Avec un salaire. Avec de l'aide qu'on nous a fabriqué, car c'est plus simple comme ça. Les femmes prennent du lexomil, les hommes encore plus. C'est accepté. Avoir compris que les années 2010 n'avaient rien d'un groove. Qu'elles et leur proche futur ne sont qu'une glace impalpable, ne charriant dans son sillage que tristes moraines comme ce genre de disque, exsangue, où le beat est démantelé voire anéanti, où toute puissance est rentrée, intériorisée, muselée, camouflée, où tout n'est que potentiel de mort recroquevillé en boule dans son coin comme un enfant puni. Où la mélancolie d'un temps révolu tente de renaître, fragile, semblable à ces faons nouveaux-nés tremblant sur leurs pattes fébriles. L'organique et le synthétique se confondent. La figure du traître (et son prix) inspire une des plus troublantes ballades rap qui soient. Ne plus rapper : monologuer. Saisir la matière de cette nuit-jour. Contenir son flow dans un container mental, en rituel vaudou. Pour mieux infiltrer ce présent qu'on nous reflète comme un harem et qui n'est qu'une chambre froide en fin de compte. Murmurer avec soi-même, vivre en mauvaise graine apathique, tendance autistique. Qui accepte, jusqu'à l'achromatopsie mentale. Pleine lune. Impuissance. Internet. Ka.

note       Publiée le mercredi 15 avril 2015

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Note moyenne        2 votes

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Rendez-Moi2 › dimanche 1 mars 2020 - 14:42  message privé !

Oukay, le petit 1200 B.C. est très cool aussi.

Raven › dimanche 1 mars 2020 - 14:41  message privé !
avatar

Oui. Et ne te prives pas de continuer avec Honor Killed The Samurai ; manuscrit froissé, dépouillé comme un vieux disque de folk, déprimant.

Rendez-Moi2 › dimanche 1 mars 2020 - 11:00  message privé !

Finalement je m'y mets et c'est fort. De la vraie musique morte, en lévitation, et Ka a vraiment une voix magnétique, charismatique, fantômatique...

zenithzahir › mardi 20 décembre 2016 - 16:51  message privé !

Sacré grower, celui-là.

Note donnée au disque :       
Seijitsu › jeudi 16 avril 2015 - 22:38  message privé !

En même temps, c'est plus qu'une chronique de musique là. Mais carrément de notre époque.