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Ka › Grief Pedigree

cd • 11 titres • 36:46 min

  • 1Chamber
  • 2Cold Facts
  • 3No Downtime
  • 4Summer
  • 5Decisions
  • 6Collage
  • 7Every...
  • 8Iron Age
  • 9Up Against Goliath
  • 10Vessel
  • 11Born King N.Y.

line up

Ka (MC, production)

Musiciens additionnels : Roc Marciano (MC)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
gangsta minimalism

"That one in the chamber, that one that one that one..." Ka crochète la serrure à trois heures du mat' avec sa tournerie obsessive, esprit Wu-minimal, le gimmick se loge comme une balle, il fera des petits. Ka "growe", sans affect, comme le lierre sur la pierre. Et dès l'intro, la différence de sonorités entre Grief Pedigree et Iron Works est manifeste. Un passage du synthétique à l'organique, marqué par l'association avec le maquereau Marciano, avec lequel il partage entre autres minimalisme et fétichisme froid des armes à feu. Grief Pedigree se présente bien comme le petit frère de Marcberg. Et s'il n'en a pas les bangers, comme on dit dans la presse spécialisée hip-hop, il assure son lot de frissons réglementaire. Le featuring "Iron Age" fait d'ailleurs une passerelle parfaite entre les deux discographies. Même s'il n'est pas son plus captivant, Grief semble bien être l'album le plus varié de Ka, un peu couteau-suisse de beats pour tester ses capacités, même si la pochette-collage joue assurément sur ce ressenti... Un nuancier de sons pour une même tonalité globale, terne mais prenante, sur laquelle Kaseem aligne ses verses maniaquement sculptés, avec ces airs de descendant de Rakim parmi mille autres mais qui aurait subi une trépanation annihilant les dernières portions de son cerveau qui géraient les secteurs de l'emphase et de la passion. Monotone shit, cousin. Ça et ces instrus aux relents rituels, ramenant parfois à une forme très primitive de musique, axées sur des samples d'origine indéterminable, tribaux, archaïques. À l'image de "Cold Facts", morceau emblématique du style Ka, de "Vessel" et son sample de souk obscur, de la superbe "Collage" à la lueur occulte, de l'ambivalence exquise de "Every..." Des sons plus soul aussi, plus chauds, venant amener le minimum de nuance, comme sur "No downtime" ou le vintage cosy de "Decisions", ou encore le final avec son feeling plus codéiné, montrent que Ka sait aussi apprécier les ambiances plus pacha, comme Marci. Grief Pedigree nous ouvre l'esprit d'un MC a priori commun mais qui va révéler, au fil des albums, une personnalité au magnétisme sournois. Comme si par son flow au classicisme new-yorkais archi-purifié et ses tristes instrus quasi vides, Ka parvenait à geler l'écoulement du sablier. L'aspect statique, voire frustrant de sa musique est déjà prégnant, et mènera à l'incompréhension. Ka et Marci seront critiqués pour les raisons qui font leur subtile différence dans le game : ce cold-rap post-boom bap, considéré par beaucoup comme pur ennui et qui pourtant n'a cessé de me captiver depuis ma découverte de Night's Gambit... Cette fausse léthargie vraie maniaquerie, cet état de suspension mentale, de crispation sur la crosse, d'attente de convoi avec des hommes de main à deux de tens', dans un polar aux minces probabilités de survie. Le nombre de victimes est inconnu, mais sous ce crâne cagoulé tout est déjà anticipé, les douilles sont déjà ramassées, les housses déjà zippées, le café instantané du médecin légiste déjà remué. Tout est en place. Ka ronge son frein, jusqu'à l'os.

note       Publiée le lundi 19 avril 2021

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