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Yann Tiersen › Rue des cascades

  • 1996 • Labels 7243 8454032 6 • 1 CD

cd • 20 titres • 50:42 min

  • 1J'y suis jamais allé1:31
  • 2Rue des Cascades4:01
  • 3Pas si simple1:51
  • 4Comptine d'été n°22:12
  • 5Comptine d'été n°31:49
  • 6Déjà loin2:53
  • 7La chambre1:47
  • 8Mouvement introductif2:22
  • 9La muette3:37
  • 10Naomi4:06
  • 11Soir de fête2:52
  • 12Le vieux en veut encore1:42
  • 13Toujours là1:10
  • 14C'était ici1:33
  • 15Prière n°21:22
  • 16Comptine n°12:15
  • 17La fenêtre2:48
  • 18Prière n°31:00
  • 19La pièce vide1:36
  • 20La vie quotidienne7:38

enregistrement

Nancy (studio ccam) et Paris, France.

line up

Yann Tiersen (violons, accordéon, mandolines, carillons, clavecins, pianos, vieille machine à écrire, cordes, banjo, marmites, melodica piano, clappements des mains, toys pianos, petit tuyau, boîte à musique), Claire Pichet (voix sur "Rue des Cascades" et "Naomi"), François-Xavier Schweyer (violoncelle sur "C'était ici" et "La fenêtre").

remarques

chronique

Ho ! La belle pochette sombre et expérimentale que voilà ! Un nouveau Darkthrone, peut-être ? Bon, trève de plaisanterie, j'en entends déjà hurler au loup, et pourtant Yann Tiersen a son entière place sur ce site, du moins si l'on s'en tient à ses trois premiers albums (rassurez-vous, je me contenterai de celui-ci, qui est le deuxième). Pourquoi ? D'abord parce que sa démarche de multi-instrumentiste bricoleur qui se fabrique des mondes sonores aux carillons, pianos-jouets, violon, accordéons, banjos ou machine à écrire, n'est que suite d'expérimentations diverses et variées ; ensuite, parce qu'il est arrivé à se forger une signature musicale qui n'appartient qu'à lui, ce qui n'est pas donné à tout le monde ; enfin, parce qu'à partir de moyens minimaux, il parvient dans ses meilleurs moments (et sur ce disque en particulier), à creuser devant nous des abîmes de nostalgie poignante (nostalgie d'un lieu connu de lui seul, d'ailleurs) et de mélancolie. Digne héritier de Pascal Comelade pour sa recherche d'instruments incongrus rappelant un imaginaire enfantin mythifié, il s'inspire, plus fortement encore que ce dernier, pour ses structures entêtées et ses ritournelles ensorcelantes, des répétitifs américains, Philip Glass en premier lieu, dont l'influence est évidente. Mais pas seulement. Il y aura à mon avis peu de malades comme moi pour s'apercevoir que l'idée d'utiliser une machine à écrire comme instrument à percussion, par exemple, est prise à Steve Reich et à la fantastique ouverture de son opéra multimedia "The cave". Toutefois, si l'instrumentarium haut en couleur contribue à ces atmosphères un rien surannées et naïves, n'oublions pas que les instruments premiers de Yann Tiersen restent le piano et le violon - et la vraie beauté, la vraie mélancolie, s'installent là, dans ces pièces pour piano seul qui rappellent Erik Satie. Quant au mouvement introductif pour violon seul, il débute comme du Bach, sans rire ! Et si l'album s'essoufle un peu vers la fin, on ne parvient pas à oublier les célestes arpèges de "Rue des cascades" (le morceau). Il faut enfin parler d'une qualité primordiale du Breton, dont ses détracteurs feraient bien de se souvenir avant de tirer sur lui à boulets rouges : la modestie - il ne prétend rien révolutionner du tout, et sa musique a le charme de l'artisanat bien fait. S'il a connu une grosse notoriété grâce au succès de cet affligeant navet qu'est Amélie Poulain, après tout, ce n'est pas de son fait. Lui n'en était pas à ses premières armes. Pour en revenir à cet album de ses débuts, il se paye le luxe de le conclure par un long solo de violon qui se termine en trip ambient par le biais de tortueuses réverbérations - un disque somme toute étonnant.

note       Publiée le jeudi 14 janvier 2010

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notes

Note moyenne        3 votes

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(N°6) › dimanche 14 janvier 2018 - 01:25  message privé !
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Je dois bien avouer que le fameux live avec Claire, Neil, Dominique & Lisa m'avait serré le coeur comme il faut.

allobroge › dimanche 14 janvier 2018 - 00:50  message privé !

Découverte tétanisante , comme beaucoup , de "Rue des cascades" lors du film , la suprême baffasse puis Liz sur l'album "Nos retrouvailles" le coup de grâce ! On veux Claire , Liz et Lisa dans le prochain !

Note donnée au disque :       
Jacques Capelovici › samedi 16 janvier 2010 - 21:31  message privé !

"Le phare" et sa mélancolie diffuse m’avait bien marqué également. J’avais découvert le bonhomme par le clip puissamment sobre dans lequel il prépare une pâte à crêpe (http://www.dailymotion.com/video/x4ufb_yann-tiersen-le-quartier). Sinon sur " Finistériens" Tiersen ne fait pas que les arrangements, il a écrit aussi une grande partie de la musique (me parle pas trop d’ailleurs celui-ci…)

M-Atom › vendredi 15 janvier 2010 - 15:15  message privé !

comme wotz, j'ai bien aimé "le phare". avant il se cherche encore un peu, apres il tente de se renouveller mais ce n'est pas toujours convainquant. ses arrangements sur le derniers miossec sont sympas également.

Note donnée au disque :       
Raven › vendredi 15 janvier 2010 - 00:29  message privé !
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je sais plus si c'est celui-ci où la valse des monstres qui tournait pas mal ; j'ai heureusement eu la chance de découvrir Tiersen jeune avant la déferlante Amélie Nesquik (il avait recyclé des anciens morceaux issus de ses 3 premiers et de l'Absente, je crois), bien qu'il n'aie pas beaucoup changé de style à la sortie du film de jeunet il faut avouer qu'il est devenu difficile dans sa tête de dissocier sa musique de l'attirail Parigo verdâtre & poésie en petit beurre périmé du film, alors qu'en fait la musique parlait bien plus que les images (superficielles) et que c'est pas elle qui se calquait dessus, mais l'inverse.