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Erik Satie (1866-1925) › Les premières oeuvres pour piano

33 titres - 142:39 min

  • CD 1 - Gnossiennes : 1/ n° 1 2/ n°2 3/ n°3 4/ n°4 5/ n°5 6/ n°6 - 7/ Petite ouverture à danser - 8/ Prélude de la porte héroïque du ciel - 9/ Danses gothiques - Ogives : 10/ I 11/ II 12/ III 13/ IV - Gymnopédies : 14/ n°1 15/ n°2 16/ n°3 - CD 2 - Sarabandes : 1/ n°1 2/ n°2 3/ n°3 - Sonneries de la Rose-Croix : 4/ Air de l’ordre 5/ Air du grand maître 6/ Air du grand prieur - Pièces froides : 7/ Airs à faire fuir I 8/ Airs à faire fuir II 9/ Airs à faire fuir III 10/ Danses de travers I 11/ Danses de travers II 12/ Danses de travers III - 13/ Prière - 4 préludes : 14/ Fêtes donnée par des chevaliers normands en l’honneur d’une jeune demoiselle 15/ Prélude d’Eginhard 16/ 1er Prélude du nazaréen 17/ deuxième prélude du nazaréen

enregistrement

Enregistrement : Walz Kerk, Amsterdam durant mai et juin 1977.

line up

Reinbert de Leeuw (piano)

remarques

Le choix pour cette chronique de Reinbert de Leeuw est subjectif. L'interprète y montre une approche très personnelle et qui, à mon sens, convient de manière étonnante à ces premières oeuvres. La mélancolie lente y est privilégiée, et après tout, on est sur guts... Plus généralement, pour l'oeuvre de Erik Satie, les interprétations de Jean-Joel Barbier (accord musidisc) mettent tout le monde d'accord... moi y compris.
Il s'agit d'une édition de la série Phillips duo, qui propose des enregistrements références du catalogue, sur deux CD au prix d'un simple.

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
piano seul-romantique/xxième siècle

Pour résumer ce que l’étrange Erik Satie apporta à la musique, disons simplement qu’il prit comme parti de travailler avec des fragments mélodiques disparates à la réunion à priori improbable, non pas tellement parce qu’ils dissonent, mais plus finement, parce que le rapport d’ampleur harmonique qu’ils entretiennent ne le justifie pas. En bref, Erik Satie s’affranchit des volontés de progression, de culminance, de mouvements logiques et continus en architecture globale d’une pièce. C’est une recherche si affirmée que la plupart de ses travaux se présente comme un ensemble de déclinaison, un recueil de combinaisons possibles à partir d’éléments distincts. A l’arrivée pourtant, il s’agit de la musique la plus simple et la plus naturelle qui soit. Les si touchantes gnossiennes, les inquiétantes gymnopédies et autres Pièces froides ne sont pour l’oreille rien d’autre que des joyaux de mélancolie pianistique, sobre et douce. Cette libération de la nécessité de convergence dans la structure des compositions crée un sentiment de saugrenu, de bizarre et finalement, d’incroyablement intime. Car ce ne sont plus les nécessités du rajout, du théâtre, du canon établi qui préside au déroulement harmonique de ces petites larmes composées, mais simplement le sentiment que cela est possible, l'envie, peut-être, de ne jamais, justement, culminer. En plus d’augurer voire d’installer par ses trouvailles les nouvelles résolutions harmoniques, sublimées par Debussy et qui fonderont le vingtième siècle, Erik Satie cherche et trouve la cohérence globale malgré tout dans le maintien rythmique de la main gauche… un balancement pendulaire, un peu mathématique sans doute mais qui sonne comme la ligne volontaire sur laquelle vont venir s’exprimer l’abandon, la résignation parfois, ces mélodies à l’architecture étrange. Satie aimera dans cette logique jouer sur des bases de symétrie stricte, détruisant par surprise mélodique, jouant sur les règles structurelles classiques, sonates, fugue, etc… Ainsi certaines pièces sonnent déjà comme des préludes un peu jazz, joué la nuit par un vieux professeur. L’interprétation très particulière de Reinbert de Leeuw, lent comme aucun autre ne le fût sur ces partitions (ses minutages sont tout simplement deux fois supérieurs à ceux d’un Ciccolini !) est une lumière salvatrice sur l’œuvre de Satie. On m’opposera peut-être certaines approximations de toucher, mais le choix des tempii et l’investissement mélancolique qui lui adjoint rendent aussi à Satie ce qui appartient à Satie. Personnage haut en couleur, mystique créateur d’une église dont il fût l’unique membre, affectionnant les titres absurde (Prélude flasque pour un chien, Embryons desséchés, Airs à faire fuir ou danses de travers…), il était aussi derrière cette folie absurde profondément loin, et triste. Moins respectueux que d’autre de la pluralité du personnage, de Leeuw assume la mélancolie et la solitude, de celui qui fût sans doute perdu toute sa vie, et dès ces jeunes années où il cherchait, déjà, à priver sa musique du mouvement linéaire et libérateur.

note       Publiée le dimanche 26 mai 2002

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notes

Note moyenne        18 votes

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SEN › vendredi 29 janvier 2021 - 21:53 Envoyez un message privé àSEN

Quel bonheur ce disque, Reinbert de Leeuw sublime totalement l'œuvre de Satie !

Note donnée au disque :       
taliesin › mardi 25 août 2020 - 16:52 Envoyez un message privé àtaliesin

Aaah les Gnossiennes, voilà quoi... Quand j'écoute Soft Black Stars, je pense souvent à Satie, c'est normal ? ;-) Mais je ne donne pas 6 boules, car pour être honnête certains titres se révèlent avoir un effet quelque peu soporifique sur ma personne...

Note donnée au disque :       
vigilante › samedi 16 mai 2020 - 22:40 Envoyez un message privé àvigilante

Une bonne Gymnopédie...comme un regard serein dans le retroviseur

novy_9 › samedi 26 octobre 2013 - 11:50 Envoyez un message privé ànovy_9

C'est ma copine qui m'a initié à Satie, je dois dire que j'adore, j'ai acheté une box 3cd il y a peu et c'est un plaisir d'écouter ce piano cotonneux, ce spleen, ces mélodies chatoyantes ... c'est si beau .. c'est pas du tout mon truc à la base, mais c'est une réelle découverte pour moi.

dxaxpanda › vendredi 23 août 2013 - 20:50 Envoyez un message privé àdxaxpanda

monstrueux

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