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This Immortal Coil › The dark age of love

cd • 11 titres • 59:09 min

  • 1The Dark Age Of Love [chant par Yael Naïm]
  • 2Red Queen
  • 3Ostia
  • 4Chaostrophy
  • 5Love Secret Domain
  • 6Tattoed Man [chant par Yael Naïm]
  • 7Teenage Lightning
  • 8Amber Rain
  • 9Cardinal Points
  • 10Blood From The Air
  • 11Outro LSD

enregistrement

Conçu et produit lentement mais sûrement par Stéphane Grégoire entre 2005 et 2009 – Enregistré à Antwerp, Paris, Metz, Berlin, Louisville, Union City – Mixé par Oktopus aux Deadverse Studios, New Jersey, Mars 2009.

line up

Bonnie 'prince' Billy (chant [3]), Sylvain Chauveau (chant [8]), Matt Elliott (chant, cymbales, guitares, effets, marimba, batterie, programmation), Yann Tiersen (guitares, piano, cymbales, marimba), Yael Naim (chant, piano, chaise), DAAU (violoncelle, accordéon, double basse, clarinette), Christine Ott (ondes martenot), Oktopus (effets électroniques sur Blood from the air), Nicolas Jorio (guitare), Han Stubbe (clarinette), Roël Van Camp (accordéon), Slow Learner (voix), Kiki Bohemia (voix, production additionnelle), Chapelier Fou (violon, électronique), David Donatien (batterie), Hannes d’Hoine (basse double)

remarques

Artwork par Iconographik.com

chronique

Styles
electro
musique classique
folk
chanson
ambient
noise
pop
Styles personnels
tribute à coil

Un groupe monté spécialement pour un album hommage à Coil ? Par des français qui plus est ? Je dois avouer qu’au début, je n’y ai cru qu’à moitié. This Immortal Coil… Ca sonnait comme une blague… Et pourtant, à la réflexion, c’était tout trouvé : le projet ayant été commencé dès la nouvelle de la mort de Jhonn Balance apprise par Stéphane Grégoire, fondateur du label Ici d’Ailleurs, puis concrétisé au fil des ans, avec des interprètes – et c’est là qu’on sort d’emblée de l’exercice du tribute habituel – qui ne connaissaient pas la musique de Coil ! On retrouve même Oktopus de Dalëk à la production (qui mérite un 6/6) c’est dire l’ouverture du projet. Le résultat dépasse les espérances, et tient plus du projet collectif façon « Desert Sessions » que de la compilation tribute contractuelle de rigueur. Alors, pourquoi avoir choisi d’appeler cet hommage vibrant de passion d’après l’un des morceaux les plus pop (le plus pop ?) de Coil, assez méconnu dans leur discographie mais clippé par Derek Jarman ? Eh bien, tout simplement parce que la reprise qu’en fait Yaël Naim (non, ne criez pas, car sa voix attendrirait un moloch), accompagnée par un groupe à l’effectif assez large pour un projet aussi intimiste, est à tomber par terre. Au risque de passer du côté blasphématoire de la force, j’irai jusqu’à avancer que cette relecture baroque et romantique à en crever surpasse même l’original, chanté avec un étrange désespoir par Marc Almond. L’intensité de Yaël Naim est différente, plus posée, plus raffinée, drapée dans un ballet de cordes et d’effets luxueux et subtil. C’est de la grande pop, habitée par une voix d’Alice aux pays des fantômes qu’on imagine sortie de l’imagination d’un Yeats où d’un Blake. Bien sûr, la pop/chanson poétique et sombre n’est que l’un des aspects de Coil, pas l’un des plus connus qui plus est, et c’est en toute logique qu’on retrouve ensuite Red Queen, extrait du fameux Musick to play in the dark (un peu dommage d’en séparer un morceau, d’ailleurs). Encore une fois, certains noms au générique peuvent faire frémir (Yann Tiersen), mais le résultat laisse pantois. L’ambiance est là, indubitablement… La voix de Matt Elliott (Third Eye Foundation), très présent sur tout l’album, se prête à merveille aux textes du groupe. A noter également DAAU au violoncelle, accordéon et clarinette, ainsi que Christine Ott aux ondes martenot, ce qui apporte une identité bien particulière à ce tribute. Ostia et Chaostrophy, sans arriver au niveau des originaux, maintiennent cette ambiance spectrale à merveille jusqu’à Tattoed Man où l’on retrouve Yael Naïm pour clore la première partie du disque). Aux premières écoutes, elle semble en faire un peu trop. Et puis non, on rend décidément les armes : c’est encore une merveille jusqu’à la dernière seconde. La production y est pour beaucoup, tant tout semble sublimé par ce halo de sons hasardeux et ancestral, qu’on retrouve sur Teenage Lightning, noyant fort à propos la voix un peu trop mélo de Matt Elliott, comme s’il ne s’agissait que d’un souvenir fané du début du siècle dernier. Difficile de réaliser à l’écoute de ces chants oubliés que Coil n’était pas un groupe d’Europe continentale. Amber Rain sera le titre le plus accessible du lot, tout à fait passable en radio, mais un chouïa en décalage avec le reste ; avant de replonger dans la brume avec Cardinal Points. Blood from the Air, perturbé par l’intervention électronique d’Oktopus, est la zone de turbulences de l’album, apothéose du trouble et de l’identité bien distincte de ce tribute, avant une reprise pas forcément utile de Love’s Secret Domain (ça passait mieux dans la cohérence de l’album original) par Matt Elliott. Bref, un projet plein d’âme et de passion, qui – allez osons – avec le remarquable travail de chronique du castor lapon Wotzenknecht, constitue un véritable appel au peuple pour une réédition SANS TIRAGE LIMITE de l’œuvre de Coil.

note       Publiée le lundi 30 novembre 2009

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Note moyenne        5 votes

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nicola › jeudi 20 août 2020 - 07:24 Envoyez un message privé ànicola

Ça arrive, par exemple pour Music for a slaughtering tribe.

SEN › mercredi 19 août 2020 - 21:23 Envoyez un message privé àSEN

Ce genre de disques composés de remixes est rarement d'un grand intérêt !

nicola › mercredi 19 août 2020 - 08:46 Envoyez un message privé ànicola

Oui mais le disque « bonus » de remixes de son deuxième disque (Older) est d’un pénible…

SEN › mardi 18 août 2020 - 21:57 Envoyez un message privé àSEN

Voilà qui fait plaisir à lire, Yael Naïm est une artiste sublime, sa voix, son univers, sa sensibilité... y'a du spleen et de la beauté dans chacun de ses albums !

dariev stands › mardi 18 août 2020 - 21:42 Envoyez un message privé àdariev stands  dariev stands est en ligne !
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bon, après des années, je peux dire que ces deux reprises chantées par Yael Naïm sont absolument transperçantes de beauté, d'humanité (au sens le meilleur du terme, celui qu'on ne comprendra plus en 2030) et de douleur sublimée. Désolé pour les superlatifs, après 10 ans, je sais que je serai toujours pris au dépourvu par cette voix, alors plutôt que de me taire je l'ouvre. A marqué au fer rouge l'année 2009 au point que ça m'en évoque des souvenirs. De l'errance, du spleen, et comme disait Debussy , "quand on a pas les moyens de se payer des voyages, il faut suppléer par l'imagination". Ce qui reste à mon sens l'une des meilleurs maximes pour illustrer la musique de Coil. Mais purée, ces deux repriiiiiiises.... Qui chante comme ça, bordel de foutre (je peux le dire, vu la teneur des paroles de feu J.B.) ? Note du coeur, 6/6.

Note donnée au disque :