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Chrome › Red exposure

10 titres - 34 :24 min

  • Side A
  • 1/. New Age 3:10
  • 2/. RM.101 2:11
  • 3/. Eyes On Mars 3:16
  • 4/. Jonestown 2:30
  • 5/. Animal 2:55
  • 6/. Static Gravity 3:10
  • Side B
  • 1/. Eyes in the Center 4:06
  • 2/. Electric Chair 4:21
  • 3/. Night of the Earth 4:16
  • 4/. Isolation 4:37

enregistrement

Produit et mixé par Damon Edge - Co-produit par Helios Creed - Ingé-son : Oliver Dicicco - Masterisé par John Dent

line up

Helios Creed, Damon Edge

chronique

Styles
indus
krautrock
punk
garage
no wave
post punk
Styles personnels
deathkraut > motorik beat industriel

A l’heure où l’on reparle de formations tribales de l’underground américain des 80’, comme Savage Republic, il est bon de déterrer une entité aussi protéiforme que Chrome. A la fois complètement culte pour une minorité et royalement ignoré partout ailleurs, ce duo avait tout simplement préfiguré le grand mélange des genres auquel on assiste depuis le début de cette décennie sur la scène « indé »… On reste ici dans le Space rock (Eyes on mars, pour voir), mais le voilà ici dilué dans un chaudron en plastique incrusté de barbelés rouillés. Sous le couvercle, Krautrock, Indus, Gothique, Post-punk, Funk démembré, et Lo-Fi avant la lettre bouillissent joyeusement, préfigurant bientôt 30 ans de musiques dites alternatives, à la production volontairement cradingue, aux éructations vocales punk rendues ineptes et résolument « impures » (les tenanciers de l’éthique punk sauront de quoi je parle) par les effets, mais aux rythmiques désespérément syncopées et dansantes. Plus que jamais sur Red Exposure, Chrome sabote soigneusement toute sa musique sauf les parties de batterie, compressées juste ce qu’il faut pour inspirer des mouvements robotiques à l’auditeur. La posture et la dégaine de Damon Edge sur la pochette ne laisse aucun doute : Travolta s’est perdu dans un film de SF de série Z. C’est comme s’ils l’avaient équarri, pour ne garder que son squelette, à jamais svelte et sec, lui, et c’est ce squelette qu’on entend battre tel un pacemaker tout au long de cet album. Certains morceaux font sans problème le lien avec la scène Indus-ambient naissante, tel ce Jonestown sacrément osé vu que les cadavres y étaient encore chauds… Alors que New Age en impose d’emblée de par son métronome préfigurant la techno. Et puis, en plein milieu de l’album, LE tube de Chrome, le lancinant Static Gravity. On pense à certaines références obliques et invraisemblables, comme le « Velvetblues » d’Avril, artiste electro français, qui prodigue le même genre de sons distordus en dents de crocodile. Et puisque les comparaisons élogieuses semblent en exciter certains, on dira simplement que Chrome, c’est la rencontre entre Faust et le Sly Stone de « There’s a riot goin’ on » (j’y viens, à celui là…) sous la houlette de Frank Zappa période Mothers of Invention (comme Trout Mask Replica, voilà). Je ne dirai pas « produit par Frank Zappa », car de production il n’a jamais vraiment été cas avec ce groupe. On a plus l’impression d’assister à des collages improvisés par une entité extra-terrestre qu’à un disque réalisé en bonne et due forme. Peut-être est-ce pour cela que Red Exposure, malgré son charme d’outre espace, laisse un goût de trop peu dans les oreilles ? Plus aéré et accessible que leurs travaux précédents – notamment les sommets du bizarre que sont Half Machine Lip Moves et Alien Soundtracks – Red Exposure est aussi beaucoup moins riche et grisant. On en a vite fait le tour. Forcément, là où Chrome faisait rentrer 2 ou 3 chansons différentes dans un même morceau l’année d’avant, on les surprend ici à s’humaniser, jusqu’à apparaître sur la pochette ! Sans aller jusqu’à faire le lien hâtif avec leur signature sur Beggars cette année-là, et leur médiatisation pour le moins étonnante en Angleterre et au Japon, on dira simplement que Red Exposure ne tient pas vraiment ses promesses. En dépit de la note, saluons quand même l’avant-gardisme mirifique de ces deux zygomars, qui est tel que ce Red Exposure aurait pu paraître il y a deux mois sans que ça choque… Si seulement ils avaient été à Manchester… On ne peut que rêver d’une rencontre entre Chrome et Martin Hannett, qui aurait donné à leur basse Peter Hookienne le relief qu’il faut pour dépoussiérer certains morceaux un peu faibles. Pas grave, le groupe ne s’étant encore jamais arrêté, il en reste des tonnes à découvrir.

note       Publiée le dimanche 8 juin 2008

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22goingon23 › mardi 1 juillet 2014 - 22:05  message privé !

pas écouté le dernier mais j'enchaîne avec délice les 2 premiers albums soli du père Creed, X-Rated Fairy Tales et Superior Catholic Finger. Le premier possède un groove mutant incroyable avec la gratte galactique de tonton Helios et la rythmique rock bien musclée : Roswell copulant avec Elvis ! c'est bon... Pour le doigt chez les bonnes soeurs (entendez le 2nd album !) le décor se fait plus terrifiant et opaque rempli de créatures étranges : effets de bandes à gogo, voix trafiquées, guitares tapies dans les effluves d'acide...

Klarinetthor › lundi 30 juin 2014 - 16:10  message privé !

ouais, indispensable cette compil. Le nouveau album est bien cool aussi.

22goingon23 › lundi 30 juin 2014 - 11:41  message privé !

Info pour les fans Chromatiques : sortie en 2013 d'une compile de titres rejetés, Half Machine from the Sun : the lost tracks from 79-80.

Rendez-Moi › vendredi 15 novembre 2013 - 17:03  message privé !

Découverte de Damon Edge en solo avec Alliance et Wind Is Talking. C'est vraiment bon, new wave mais d'un glacial... Helios Creed était le gardien de la déglingue rock psyché, Damon Edge du sommeil et de la déprime.

ericbaisons › vendredi 30 mars 2012 - 13:11  message privé !

j'invoquerais la relativité générale: estce que tu planais à la meme vitesse quand tu as ecouté les deux versions?