Vous êtes ici › Les groupes / artistesJThe Jam › All mod cons

The Jam › All mod cons

cd • 12 titres

  • 1All mods cons
  • 2To be someone (didn't we have a nice time)
  • 3Mr. Clean
  • 4David Watts
  • 5English rose
  • 6In the crowd
  • 7Billy Hunt
  • 8It's too bad
  • 9Fly
  • 10The pace I love
  • 11'A' bomb in Wardour Street
  • 12Down in the tube station at midnight

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Connectez-vous pour les écouter.

enregistrement

Eden Studios, RAK Studios, Londres, Angleterre, juillet-août 1978.

line up

Rick Buckler (batterie, percussions), Bruce Foxton (basse, chœurs), Paul Weller (chant, guitare)

remarques

chronique

La tornade punk a soufflé sur la canicule de 1977; tout va vite, très très vite, une année compte double alors. Sprinter un marathon frise le suicide et Paul Weller est un génie, pas un surhomme. Miné par l’échec de ‘This is the modern world’, au retour d’une tournée américaine peu folichonne (ironie pour des Mods passionnés de soul mais trop britons pour percer chez l’Oncle Sam), le trio frise la panne sèche d’inspiration. Le chanteur frondeur, provocateur, doute, se désintéresse de sa créature… Inutile de tergiverser dans les effets mélo, on sait très bien que The Jam est à l’orée de sa quadrilogie magique. Alors ? Quid ? D’après des infos glanées sur le net, il semblerait que l’ami Weller se soit ressourcé chez ses parents à l’écoute intensive des Kinks. Toujours est-il que gonflé à bloc, Weller fonce en studio avec ses deux acolytes et accouche en quelques semaines d’un brûlot intitulé ‘Tout le confort moderne’ (emballé dans une pochette au symbolisme fort) avec en single amuse-gueule une reprise des… Kinks ! Gagné ! Et bien sûr, le trio ne se contente pas de plagier, il s’approprie, boostant l’original en sauce pop/punk. Si les influences punk nerveuses demeurent, l’écriture glisse légèrement vers un versant pop latent depuis le départ mais qui commence vraiment à s’assumer sans renier sa face coupante. L’autre single, le sordide ‘Down in the tube station at midnight’, dévoile aussi une sophistication accrue dans le canvas ‘punk/pop' influencé par les mods dont je reste persuadé que les Cure se sont inspirés pour leur ’10:15 Saturday night’; c’est simple, ce morceau dévoile ce feeling que ressent tout amoureux de culture british, la mélodie tueuse héritée des Beatles mais avec une urgence épique née d’une décennie meurtrie par le Thatchérisme où le mot futur se résume à la fin du mois. Un chef-d’oeuvre, dites-vous ? Oui. Le combo n’a pas limé ses crocs et s’il n’a pas le goût de l’expérimentation des Clash, il les égale nettement sur pas mal de titres (‘’A’ bomb in Wardour Street’, ‘Billy Hunt’); il est regrettable que la Francophonie l’ait ainsi négligé, aveuglé (à juste titre) par les qualités de la bande à Strummer. Seule petite ombre, la ballade niaise ‘English rose’, trop doucereuse pour emporter l’adhésion. Qu’importe, le reste replace les standards du groupe et de la pop en général au sommet d’un seul coup. Dans les tentations pop sophistiquées mais claquantes (une qualité dont manqueront les 3/4 des formations britanniques par la suite) telles que ‘It’s too bad’ , ‘In the crowd’ ou ‘The place I love’ mais aussi dans les éclats de morgue juvénile (‘Mr Clean’). On reste stupéfait du sens mélodique imparable et affuté des jeunes gens, de cette maturité des arrangements à la fois directs, tranchants mais imparables (‘To be someone (didn’t we have a nice time’)’, l’un des nombreux singles potentiels). Plus question d’hésitation, la comète The Jam est lancée; fulgurante, son sillage marquera pourtant à jamais le paysage musical britannique et même au delà.

note       Publiée le mercredi 30 mars 2022

Dans le même esprit, Shelleyan vous recommande...

réseaux sociaux

dernières écoutes

  • Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "All mod cons" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "All mod cons".

notes

Note moyenne        4 votes

Connectez-vous ajouter une note sur "All mod cons".

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "All mod cons".

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
avatar

Bah... David Watts, comme mentionné dans la chro, c'est une reprise avouée des Kinks, donc bon, l'accusation de plagiat tient pas trop ! (Et soit dit en passant, les Stones et d'autres groupes sixties/seventies du blues boom et consequences, Led Zep etc., c'était pas les derniers, notoirement, à "oublier" régulièrement de créditer tel ou telle comme ayant plus qu'inspiré tout ou partie de l'une ou l'autre de leurs chandons hein... Mais oui, c'est peut-être un autre débat). J'aime bien English Rose sinon, perso, contrairement au collègue, je la trouve très joliment "bresiliennisante", étonnamment délicate par contraste aussi avec les morceaux bien nerveux ailleurs sur le disque mais pas mièvre ou niaise ou quoi...

Message édité le 03-04-2022 à 15:02 par dioneo

Note donnée au disque :       
Seedzel Envoyez un message privé àSeedzel

Excellent groupe malheureusement inclassable pour la presse (et ça elle aime généralement pas…). Associé au punk alors que les seuls points communs étaient l'énergie et le format chansons courtes inspiré des groupes sixties (voir même Stax/Motown pour Weller), traités de plagiaires sur presque chaque album (utilisations de la ligne de basse de "Taxman" des Beatles, "Let's spend the night together" des Stones pour David Watts, Etc.) et une classe "mod" (costume, Vespa) très éloignée des épingles à nourrice. Bref, toujours le cul entre multiples chaises. Pourtant, il est clair qu'ils étaient un ton en avance sur les autres (revival soul du début des 80' ou encore le Britpop au début des 90') et qu'ils ont, en leur temps, inspiré bcp de (joli) monde (le jeu de guitare minimaliste et nerveux de Robert Smith, l'approche musicale en trio de Police…. la liste est longue). Grosse injustice qu'aujourd'hui ils soient moins connus que les libertines qui leur ont (presque) tout piqué.