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The Jam › In the city

cd • 12 titres • 00:00 min

  • 1Art School
  • 2I've Changed My Address
  • 3Slow Down
  • 4I Got By In Time
  • 5Away From The Numbers
  • 6Batman Theme
  • 7In The City
  • 8Sounds From The Street
  • 9Non-Stop Dancing
  • 10Time For Truth
  • 11Takin' My Love
  • 12Bricks And Mortar

enregistrement

Ingé-son : Vic Smith - Produit par Chris Parry et Vic Smith

line up

Paul Weller (guitare, chant), Rick Bruckler (batterie), Bruce Foxton (basse, choeurs)

remarques

chronique

Styles
punk
rock
Styles personnels
mod > couillu

Ceci n'est pas un groupe punk. Non, je ne suis pas en train de vous parler d'un groupe de la première vague punk, contemporain des Clash, Damned et Pistols mais moins important à priori car moins tapageur... Remettons les choses en place. On parle ici d'un groupe que les auditeurs d'une radio de grande écoute ont nommé 5ème meilleur artiste britannique de tous les temps, d'une véritable institution, du groupe le plus connu pouvoir porter fièrement l'étiquette "mod" après les Who, qui n'y seront restés fidèles que le temps d'un album. Les Jam, eux, entameront avec le prodigieux In the City qui donne son titre à l'album, une série de 18 singles numéro 1 aux charts britons. Tous fidèles à l'esprit et au dogme Mod. Pas un poil qui dépasse, énergie maximum, décuplée à son paroxysme sur scène (matez les extraits... On rivalise de gnaque avec les plus grands du hardcore, avec les plus grands tout court en fait). In The City, la chanson, est un résumé du programme qui s'annonce (bien que reléguée en ouverture de la face B) : "In the city there's a thousand things I want to say to you / But whenever I approach you, you make me look a fool". Paul Weller, le meneur droit dans ses bottes, s'adresse aux adultes d'en face, les attrape par le collier et leur parle avec une sincérité teintée d'urgence irrésistible. Il sent qu'il est ridicule pour beaucoup, qu'il a toutes les chances d'échouer, mais il aura au moins essayé de se sortir de la léthargie et du défaitisme qui guette plus que jamais la jeunesse en cette fin de trente glorieuses... Mais la réalité sociale n'est pas le seul centre d'intérêt du jeune Weller. Il en va aussi de la revendication d'une identité britannique face à l'envahisseur américain, qui revient en force depuis la fin de l'ère Beatles... Art School n'est pas un clin d'œil aux écoles des beaux-arts des sixties, matrices du rock psyché de l'époque, mais bien une affirmation : le Punk naissant, la rue, la fosse ou l'on pogote, ce sont là les nouvelles Art Schools. Les éternels détracteurs du punk feraient bien d'écouter Sounds from the Street pour espérer comprendre ce qu'à pu représenter le punk anglais pour un jeune nerveux comme ce grand dadais de Paul Weller. "The USA's got the sea / Yeah, but the British kid's got the streets" lance-t-il fièrement avant d'évoquer Woking, la banlieue prolétaire dont est originaire le groupe... Le détracteur n'aura pas le temps de s'habituer qu'il entendra à nouveau parler des même gamins dès le morceau suivant, mais cette fois-ci sa compréhension est mise à rude épreuve : "The kids are screaming for that James Brown style". Il ne manquait plus que ça. Les mods, même à l'ère du punk, restent des fanas de Rythmn & Blues noir, de danse et de fringues bien cintrées. Il était clair, au vu de cet univers ultra-londonien, que les Jam étaient, de leur propre aveu, "trop british pour percer aux USA" ; pays où le mot "MOD" ne veut tout simplement rien dire. En effet, comment expliquer que des punks, censés faire une rupture nette et virulente envers le passé, foutent deux reprises en face A de leur premier album, l'une d'un standard rock'n'roll popularisé par les Beatles, et l'autre du thème de Batman, rien que ça ? Eh bien, les deux sont des classiques des pistes de danse mod, Batman ayant d'ailleurs déjà été repris à l'identique par les Who en 66. Et le disque de se cloturer sur Bricks & Mortar, qui montre jusqu'où Paulo-grande-gueule peut aller, jusqu'à se mêler d'urbanisme, et pester contre la démolition de vieux logements pour construire des parkings, alors que des gens dorment dans la rue... On commence à comprendre : les mods considèrent que la ville leur appartient, et ont droit de cité sur tout. Mais ce qui surprend le plus, c'est l'engagement citoyen que de tels mots expriment... Loin de vouloir se couper totalement de la société comme les punks américains, les punks anglais veulent la changer et se l'approprier. Bien sûr, il y a des exceptions, et si les Jam sont pertinents dans leur discours, les clichés de gauche sont légion dans le discours punk... Ici, Paul Weller les évite tous, et se pose clairement en porte a faux contre le "no future" et son idéologie irresponsable. "What ever happend to the great empire?" finit-il par lâcher dans Time for Truth, dont le texte est assez violent envers les flics... Le patriotisme est ici une arme de poing contre l'aliénation et l'uniformisation. Mod, Who, Jam... Toujours 3 lettres, car plus facile à tagger sur les murs de Londres. Ces murs qui forment le corps même de cette musique.

note       Publiée le lundi 19 juillet 2010

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Note moyenne        8 votes

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Coltranophile › vendredi 22 janvier 2021 - 23:15  message privé !

A force, devenu un refuge, celui-ci.

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zugal21 › mardi 25 septembre 2018 - 19:51  message privé !

Petit bolide compact et racé

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Horn Abboth › jeudi 4 septembre 2014 - 23:38  message privé !

Tiens, j'avais pas encore noté cette tuerie.

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Harry Dickson › lundi 1 juillet 2013 - 01:07  message privé !

We are Mods ! We are Mods ! We are We are We are Mods !

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Harry Dickson › mardi 18 juin 2013 - 23:40  message privé !

"...les clichés de gauche sont légion dans le discours punk... içi, Paul Weller les évite tous..."

"Whatever happened to the great Empire ?"

"Le patriotisme est ici une arme de poing contre l'aliénation et l'uniformisation".

Demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations ? Jam, rock de révoltés, rock de durs.

Note donnée au disque :